‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 24 sur 33 · MALADIES LOCALES · texte numérisé non relu

MALADIES LOCALES

Caractère. Affection^ d^une partie seiaîement , et non de toute l’ économie,

ORDRE PREMIER

LES DYSESTHÉSILS ( Dl'SÆSTlIESIÆ ) * .

On nomme ainsi les alterations ou Fabolition des sensations , par suite de Taffection d’un de leurs organes extérieurs.

De la Njctalopie. (Nyctalopia.)'*'’'^

Dans cette maladie , l’exercice de la vision est parfait quand il fait jour; mais il survient une cécité complète pendant la nuit. Elle est particulière aux habitans des pays chauds, et assez rare dans les climats froids , où peut-être même on ne l’observe jamais. On suppose qu’elle provient d’une affection de la rétine et des nerfs optiques, tellement excités pendant le jour par la forte réflexion des rayons solaires , qu’ils ne peuvent point être impressionnés par la faible lumière de la nuit.

* Etymologie. Ayf , difficilis , ^ sensus'

*** Etymologie. Nu|, nox y et <^4^7 oculus.

MÀLABÏES LOCALES. 4%

Elle coïMîïeiiGe vers te soir , par mi obseia^cissem^iat de la vue, qm s’aecroi^ graduelleuaefil; à mesure que la nui B approehe , et qui ente se etiange en cécité avec Fobscurité.. Elle n’est en général accompagnée d’aucun symptôme étran^ ger ; quel'quefois cependant un senfiment de plénitude occupe la partie antérieure de la tête audessus des yeux.

La Nyctaiopie n’est, jamais dangeTeuse ni de longue durée : on ia guérit génératement avec assez de facilité.

» La saignée et les purgatifs ont été recommandés par les auteurs qui se sont occupés de cette maladie ; mais comme on croit qu’elle dépend d’un état de relâchement des nerfs optiques onde la rétine , ces moyens ne paraissent pas convenii?, et ceux à employer doivent tendre à augmenter te ton des parties. Dans cette intention , il faut laver tes yeux plusieurs fois par jour, au moyen d’une baignoire à œil, avec de F eau froide ou quelque cotlyre astringent ; en même temps te malade portera un garde-vue de soie verte , et évitera de s’exposer au soleil ou à toute lumière vive.

Si l’usage de quelque médicament interne est indiq^ué, c’est celui dn quinrjuiiia combiné à la valériane et aux ferrugineux. ^

Delà Goutte sereine. (Amaurosis.

La goutte sereine consiste en un affaiblisse-

* Etymologie. Af^av^acrtç^ ohscuritas.

ment de la vue toujours égal , soit que les objets soient près, soit qu’ils soient éloignés, avec la sensation de mouches, dépoussiéré, etc., qui voltigent devant les yeux. La pupille est en général privée de la faculté de se contracter.

On pense* que cette maladie dépend d’une affection des nerfs optiques ; mais les causes qui la produisent sont variées , et quelques-unes d’entre elles, en raison de leur nature, ne sont point susceptibles d’être détruites. Ainsi, dans un cas , on a observé que la cécité était produite par une tumeur enkystée , qui avait son siège dans la stibstance du cerveau, et qui comprimait les nerfs optiques près de leur origine : une autre fois, elle dépendait d’un kyste rempli d’eau, et placé sur les nerfs optiques à l’endroit où ils s’entrecroisent ; dans, un troisième cas , la maladie reconnaissait pour principe une carie de l’os frontal , avec altération des trous optiques ; enfin , dans un quatrième cas, un vice de conformation des nerfs optiques eux-mêmes en était la cause essentielle.

On a cherché à expliquer le défaut de vision , en supposant une altération dans les nerfs optiques, qui les empêche de transmettre à l’encéphale l’image produite dans les yeux par les corps environnans. En effet , les recherches anatomiques les plus minutieuses n’ont pu rien faire découvrir , soit dans la structure des yeux , soit dans quelqu’une des parties qui contribuent au sens de la vision, qui pût aucunement gênm' son exercice.

LOCALES. 49 î

M. "W^are , dans son Traité sur cette maladie, dit qu’une dilatation du ceixle artériel, qui entoure la selle turcique , peut être encore une cause de goutte sereine. La portion antérieure de ce cercle passe sur les nerfs optiques , qui , à n’en pas douter, peuvent être comprimés lorsque les vaisseaux qui le composent se dilatent. On présume que la dilatation de l’artère centrale du nerf optique peut également devenir une cause d’affaiblissement ou de perte de la vue. On regarde généralement encore l’insensibilité de la rétine , comme la cause prochaine de l’amaurose. ''

Les fortes contusions de la tête , les attaques d’apoplexie , l’impression subite et violente des éclairs, la fréquente exposition aux rayons du soleil, l’exercice fatigant, les passions vives, particulièrement la terreur et la colère , l’ivrognerie , lès excès dans les plaisirs de Yénus, et toutes les causes qui prédisposent aux affections nerveuses et paralytiques , peuvent donner lieu à Famaurose.

Quoique, dans quelques cas de goutte sereine, il soit survenu une amélioration très-grande de la vue , cependant on observe qu’en général c’est une maladie incurable.

Son traitement est ordinairement basé sur l’indication de stimuler , soit les parties elles-mêmes , soit toute l’économie. La première intention sera remplie en appliquant des vésicatoires derrière les oreilles ou dés sétons à la nuque, et en les faisant garder au malade pendant très -long-

temps y en proA^oquant une eTacuation du muGos nasal (i), et en employantdes collyres stimulans.

L’électricité a été employée dans quelques cas av c le plus grand avantage , lorsque les autres remèdes avaient échoué, en faisant passer de très-légères étincelles à travers le front deux fois par jour. On a également eu recours au galvanisme avec succès Le docteurBarwin* donne rol> servation d’une dame affectée de goutte sereine , dont la vue fut rétablie par ce moyen. Il adopta le procédé de Yolta , en employant une verge de zinc, du volume d’un crayon ordinaire environ, et un porte-crayon d’argent du même diamètre ; puis, mettant une extrémité de la verge de zinc en contact avec la cornée d’un œil, et une extrémité du porte-crayon d’argent en rapport avec la même partie de l’autre œil , il faisait toucher par intervalles les deux autres extrémités : la ma'fade aperçut des étincelles, et au moment da contact des deux verges, et à celui de la séparation. Ce médecin rapporte que la malade prit de la valériane et du columho en même temps, et qu’elle recouvra parfaitement Ih vue en trois semaines environ.

M, YYare nous apprend que , dhns plusieurs cas de goutte sereine ordinaire , il a retiré un soulagement marqué de Fusage d’une poudre

* Zooiiornîa , vol. iii.

Hydrarg. vitriol .

Pulv. Glycynlilz .

- îieli'ebor. alb. ......

• gî-* ]•

. gr. vj

errhine composée de dix grains de turbith minéral, avec environ un gros de poudre sternutatoire, ou de réglisse , ou de sucre.

Les stimulans ont été appliqués immédiatement sur les yeux , dans quelques cas do goutte sereine , avec un bon effet, mais plus particulièrement dans ceux qui paraissent dépendre du défaut d’irritabilité du nerf optique. Ainsi on peut verser soir etmatindans l’œil quelques gouttes d’une infusion de capsicum sec dans l’eau, dans la proportion d’un grain par once. L’intensité de la douleur peut être grande à la première application de ce remède , mais par la suite elle diminue.

Pour stimuler l’économie, on a d’ordinaire recours au mercure , dont l’emploi doit être continué jusqu’à ce qu’il produise quelque effet sensible. Dans cette varié té de la maladie, où l’on remarque un état de contraction de la pupille , qui a été produit probablement par une ophthalmie interne, M. W^are pense que le muriate de mercure, à la dose d'un quart de grain , à l’intérieur, est le meilleur remède qu’on puisse donner.

Quand la maladie paraît venir d’une dilatation de la portion antérieure du cercle artériel, il pense que cette cause peut souvent être détruite parles saignées locales, les purgatifs, les vésicatoires , etc. ; mais malheureiisement nous n’avons aucun signe pathognomonique capable de nous la faire apprécier , et nous ne pouvons que la supposer en raison de la constitution pléthorique du malade.

Dans les cas qui paraissent dépendre d’un relâchement du nerf optique , les moyens conseillés au chapitre de la Nyctalopie sont ceux qui conyiennent.

Le docteur Richter , professeur de médecine deTuniversité de Gottingue , dans ses Observations de médecine et de chirurgie , dit avoir dernièrement, au moyen des fondans et des évacuans, rendu la vue à plusieurs malades atteints de goutte sereine , dont la cause paraissait résider dans les viscères abdominaux. Il assure que , de cette manière , il a effectué assez souvent une guérison parfaite dans des cas où il ne s’y attendait point , et dans quelques-uns, la maladie datait de plusieurs années. Pour cela , après avoir donné un vomitif, il recommande les pilules cidessous désignées (i), dont il est souvent nécessaire de continuer l’usage et d’augmenter la dose pendant six ou huit semaines avant d’apercevoir quelque amélioration.

La cessation des hleuettes, et de la tension dans le globe de l’œil , sont les premiers symptômes d’amélioration observés, et qui peuvent permettre d’espérer la disparition^ du mal.

(i):^ Giimm. Ammoniac .

- Assa fœlid .

Puîver. Radie. Valerian . v aa 5 ij,

- - Summit. Arnic .

Saponis Venet . . . . . .

Antimon. tartaris . gr. xviij.

’ Syrup . q. s.

M. F. PiluL pond. gr. ij. quarum sumat ter quotidih iF xv.

Dau^’ tous les cas d’amaurose, on doit combattre avec soin la constipation.

De la Surdité. ( Paracusis. )

La surdité est produite par tout ce qui peut léser l’oreille, comme le bruit du canon, l’action d’un froid violent sur la tête, l’inflammation ou F ulcération de la membrane muqueuse de l’o- ' reille , le cérumen endurci, ou la présence des corps étrangers dans le conduit auditif ; une trop grande sécheresse ou une trop grande humidité dans les parties , ou enfin l’atonie , la faiblesse ou la paralysie des nerfs auditifs. Dans quelques cas, elle est la suite de maladies antécédentes , telles que la fièvre , la syphilis , etc. ; et d’autres fois elle dépend d’un vice originel dans la structure ou dans la conformation de l’oreille. Dans ce dernier cas, l’individu est ordinairement nonseulement sourd, mais encore muet.

Il est souvent difficile de guérir la surdité, mais plus particulièrement quand elle est le résultat d’une blessure, d’un ulcère ou de l’inflammation du tympan. Quand elle provient d’un vice de conformation , elle est incurable.

Quand la surdité est produite par un amas de cérumen ou par une altération des glandes cérumineuses , on peut verser goutte à goutte dans l’oreille, ou appliquer matin et soir, au moyen d’un petit tampon de coton , et après avoir fait auparavant une injection avec un peu d’eau et

* Etymologie. ^ maté, «««5, audio.

MAÏ.ÂDIES

(le lait chauds ou d’eau de uii melange

d’une partie de baume du Pérou et de trois parties de fiel de bœuf, ou une solution concentrée

de muriate de soude. Si une évacuation de matière claire , âcre et fétide , accompagne la difficulté de l’ouïe , on devra conseiller l’application d’un petit vésicatoire derrière l’oreille.

Quand la maladie est le résultat du froid , le malade doit avoir soin de se tenir cbaudeiiient pendant la nuit, de mettre les pieds dans l’eau "avant de se coucher , et de prendre quelque diaplîorétique. Au reste, quelle que soit la cause de raffection, il est toujours bon de se tenir la tête chaudement.

Si la surdité parait due à la faiblesse de quelque partie de l’organe , ou à quelque affection nerveuse , on doit alors la faire disparaître par les stimulans (r) versés goutte à goutte dans l’oreille , par les étincelles électriques , par le galvanisme et par les bains froids. L’éther , versé goutte à goutte dans les oreilles de quelques individus qui sont sourds , paraît déterminer un effet double bien prononcé , en dissolvant le cérumen endurci, et en Stimulant l’organe en-

h) ^ Olei Amygd. dulc. ........ | C.

“ - - Terebinthinæ . guU. xl.

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Aq. Ammon, pur . gutt. xxx.

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