‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 26 sur 33 · VEZ · texte numérisé non relu

VEZ

"if Oiei Ricini . 5 vj.

]\tocilaQ. (jfiiîîiiïi. aiab. «•••*• ^ 15.

Terantur simul , et adde

Les personnes habituellement constipées, et particulièrement les femmes enceintes , sont dans l’usage d’employer les pilules d’Anderson , qui sont entièrement composées d’aioès, avec un peu d’huile d’anis, pour corriger l’effet drastique de cette substance, et qui ont acquis une très-grande réputation. Dans les ternpéramens phlegmatiques , elles peuvent réellement être employées de temps en temps avec avantage ; mais , chez les femmes grosses ou chez les individus bilieux , dont les intestins, sont naturellement irritables , elles ne peuvent que faire du mal. Leur effet se borne , en grande partie , à la région inférieure du rectum , , par cette raison , elles sont su¬

jettes à produire des hémorrhoïdes. En outre, l’usage de tout médicament purgatif met dans la nécessité de le répéter; et, par cette répétition, les intestins perdent leur énergie , et leurs nerfs délicats deviennent insensibles à Faction des alimens et des boissons. L’évacuation naturelle des matières contenues dans les intestins doit par conséquent être facilitée par le régime de préférence à l’emploi des purgatifs, quels qu’ils soient.

Quand la constipation est invétérée , et a résisté aux remèdes simples ordinaires, le charbon a été administré avec un succès remarquable. On rapporte qu’il a produit du soulagement dans tous les cas où on Fa employé. Trois gros de

Â(j. CiïHiamom. ... .... 3 (5.

Tinct. Seonæ . . y j

. Hauslus.

cette substance , finement pulvérisés , peuvent être mêlés à trois onces d’électuaire de séné , avec deux gros de carbonate de soude. On donnera au malade une demi-once ou une once du mélange , selon l’exigence des circonstances.

De rischurie et de la Djsurie. ( Ischuria et

Dysuria^*. )

• Les fréquentes envies d’uriner , accompagnées d’une grande difficulté dans l’excrétion, constituent la dysurie ou la strangurie , tandis que la suppression totale des urines est désignée sous le nom d’Ischurie.' L’ischurie , ainsi que la dysurie , sont appelées aiguës quand elles sont la suite de la phlogose , et chroniques ^ quand elles proviennent de toute autre cause, telle qu’un calcul, etc.

Les causes qui produisent ces affections sont une inflammation de l’urètre , occasionnée par des ulcérations syphilitiques ou par l’usage d’injections âcres, la tuméfaction ou Fulcération de la prostate , l’inflammation de la vessie ou des reins , l’état variqueux des veines hémorrhoïdales , le séjour dans le rectum de matières fécales endurcies , le spasme du col de la vessie , l’absorption des cantharides appliquées à l’extérieur ou prises à l’intérieur , l’abus des boissons alcooliques et spiritueuses : cependant les petits graviers qui s’arrêtent au col de la vessie , ou qui se

logent dans l’urètre et y produisent de l’irrita^

* Etymologie. , retineo , , urina.

-k-k Extmologie. Ay? ^ dijfîcilis ^ apov , mina.

locales; 523

tlon , sont la cause la plus ordinaire de ces ma-» ladies. Le virus arthritique, en se portant sur le col de la vessie , les determine aussi quelquefois.

Dans la dysurie , il y a une envie fréquente d’uriner, une douleur cuisante, de la chaleur, de la difficulté dans l’excrétion, et un sentiment de plénitude dans la vessie. Les symptômes varient souvent, néanmoins, selon la cause qui a donné lieu à la maladie. Si cette dernière provient du séjour d’un calcul dans le rein ou dans l’urètre , outre les symptômes ci-dessus indicpiés, elle sera accompagnée de nausées, de vomissement et de douleurs aigues dans les lombes et dans la région de l’uretère et du rein du côté affecté. Quand la maladie a pour cause une pierre dans la vessie ou un gravier dans Furètre , le sujet ressent une douleur aigue à l’extrémité de la verge , particulièrement lorsqu’il rend les dernières gouttes d’urine , et le jet de celle -ci est divisé en deux, ou bien contourne en tire-bouchon. Si un squirrbe de la prostate occasionne la rétention d’urine , une tumeur dure, indolente , se fait sentir au périnée, ou devant le rectum , si l’on introduit le doigt dans l’anus.

La dysurie est rarement dangereuse , à moins que, par négligence, elle ne se termine par mie iscburie complète. Cette dernière doit toujours être regardée comme une maladie grave , quand elle dure pendant un certain temps, en raison de la grande distension de la vessie et souvent de l’inflammation qui surviennent. Dans le cas ou ifne bougie ou un cathéter ne peuvent être iotro-

duits^ la terminaison , d’après toute probabilité^ sera fâcheuse , parce que peu de malades se soumettront aux seuls moyens propres à évacuer Furine avant qu’il ne soit survenu une vive inflammation, et peut-être même la gangrène.

Quand la dysurie se déclare à la suite de l’application d’un vésicatoire , comme cela arrive quelquefois , il n’y a rien de mieux à faire que de faire prendre abondamment des boissons chaudes délayantes, telles qu’une légère solution de gomme arabique , de l’infusion de graines de lin , de l’eau d’orge. Quand la maladie provient de toute autre cause, et que les symptômes sont violens , outre les moyens dont nous venons de parler , on appliquera sur la région du pubis des morceaux de flanelle trempés dans une décoction de plantes émollientes , ou une vessie remplie d’eau chaude, et l’on administrera fréquemment des lavemens émolliens , et comme fomentations internes , et comme évacuans ; car des matières stercorales durcies pourraient être amassées dans le rectum , et , par leur pression , occasionner la strangurie ou difficulté d’uriner..

Dans les cas d’ischurie , si la maladie est peu avancée , il faut toujours tâcher de prévenir Finflammation, en tirant du bras une quantité de sang proportionnée à l’âge et à la constitution du malade , et avoir recours à l’emploi des fomentations émollientes et aux lavemens laxatifs.

Quand on soupçonne qu’il existe déjà de l’inflammation au col de la vessie ou à la prostate , il convient également d’employer la saignée io-

cale en appliquant plusieurs sangsues au périnée.

SiTaffection ne donne pas lieu d’employer ces moyens , on doit faire mettre le malade dans un bain chaud, et, après Fy avoir laissé pendant environ dix minutes ou un quart d’heure , Fen faire sortir, puis tenter l’introduction d’un cathéter ou d’une bougie creuse. Quand on peut se procurer une baignoire ovale, on doit la préférer, parce qu’ alors on peut essayer Fintroduction du cathéter dans le bain même.

Dans quelques cas , il arrive assez souvent qu’aucun des cathéters qu’on emploie ordinairement ne peut être introduit , bien que Fon puisse faire pénétrer une bougie dans la vessie, et cependant, lorsqu’on retire la bougie, Fürine ne coule pas toujours; alors on n’a obtenu aucun avantage réel. Pour réunir les qualités utiles de la bougie et du cathéter , on a quelquefois employé avec succès un procédé particulier, décrit dans les journaux américains Il consiste à couper l’extrémité d’une sonde de gomme élastique , et à y lier un bout de bougie emplastique de deux pouces de longueur environ , lequel , par sa flexibilité , s’accommodera à toutes les courbures possibles.

Dans toutes les circonstances où il y a des rétrécissemens , des graviers , de Finflammation ou dû spasme , les opiacés se montreront très-avantageux , et doivent par conséquent être administrés , non-seulement à l’intérieur en même temps

* N ew- York Medical Repositoîy y i8o5.

que les diurétiques adoucissans (i), toutes les trois pu quatre heures, mais encore en lavemens répétés très-fréquemment (2).

On procure souvent du soulagement en injectant de rhuile ou du lait chaud et de l’eau fréquemment dans l’urètre , spécialement si la suppression a été occasionnée par un petit gravier arrêté dans le canal.

En faisant tenir le malade sur un plancher froid en pierre, et en appliquant de la neige ou de la glace sur la région du pubis , on a quelquefois fait disparaître la suppression d’urine, quand les autres remèdes avaient échoué.

(i) ^ Rali acetat . . Z 6.

Aquæ Raphan . . J

- Fænicul. . ^ ââ 5v].

Tinct. Opii . . gutt. xx.

Syrup. Althææ. . . 5 ij.

M. F. Haustus quartâ quâque horâ sumendus.

(•2) 2f Bals. Copaïb .

Vitell. Ovi .

solutionem et adde Decoct, pro Encmate . .

Olei Ricini .

Tinct. Opii ......

M..F. Enema.

VEL

X Terebinth, vulg .

Vilell. Ovi .

Decoct, pro Encmate • .

Olei Oliv .

Tinct. Opii ......

IM. F. Enema.

. • . 3 ij.

. . . q. s. ad

. . . I xij.

. . , gutt. L. - C.

. . et adde

. . I xij.

. , gutt. XXX - L.

Quand tous ces moyens sont inefficaces, les layemens de tabac sont souvent suivis d’un trèsheureux effet ; mais en raison de la langueur, du malaise, des sueurs froides, des nausées, et du grand abattement des propriétés vitales qu’ils occasionnent , quelquefois même à un degré alarmant , il est difficile de persuader aux malades d’en faire usage plus d’une fois. La teinture de tabac , administrée à la dose de trente gouttes , deux ou trois fois par jour, dans une pleine tasse à thé d’infusion de graines de lin , est un excellent remède dans la dysurie.

La teinture de muriate de fer est aussi souvent très-efficace dans les suppressions d’urine spasmodiques ; on l’administre à la dose de dix gouttes , de dix minutes en dix minutes , jusqu’à ce qu’on obtienne quelque effet sensible.' Après la sixième dose, l’urine coule ordinairement librement. J’ai moi-même fait essai, avec succès, de ce médicament dans deux circonstances;

Dans l’ischurie , particulièrement quand elle est chronique , le camphre paraît un remède très-avantageux (i) , et il peut être employé en administrant de temps en temps une dose d’huile de palma-christi.

Dans les affections morbides de la vessie où la

(i) Camphoræ . gr. v.

Calomel . . . gr. 5. — j,

Conserv. Aurant. . . . q. S.

M. F. Bolus bis in die sumenduso

rétention d’urine se manifeste par intervalles , l’extrait de jusquiame, donné d’abord à la dose de quatre à cinq grains , et porté graduellement à des quantités considérables , selon l’état de la maladie etd’effet qu’il produit, est un très-bon médicament. Quand 011 soupçonne qu’une affection organique de la vessie coïncide avec l’ischurie , ou qu’elle dépend des scrophules , la ciguë peut être avantageuse ; mais pour en obtenir du succès , dans de telles circonsfances , on doit l’employer à aussi fortes doses que possible , et donner en même temps un peu de mercure . N éanmoins,' dans le cas d’altération de la vessie, où l’irritation et l’inflammation sont grandes, et tendent au squirrbe ou à l’ulcération ,4e mercure serait préjudiciable.

Dans les cas désespérés , quand tous les moyens indiqués restent inefficaces , et qu’il y a à redouter uri danger imminent, en raison de la grande distension de la vessie , on doit avoir recours , avant qu’il soit trop tard , a la ponction avec le trocart.

Ceux qui sônt sujets aux affections dont nous venons de nous occuper , doivent se garantir avec soin de toute exposition au froid , et prendre garde particulièrement d’avoir les pieds mouillés ; ils doivent mener une vie sobre , éviter tout exercice fatigant, particulièrement celui du cheval, et redouter surtout la syphilis. Les individus atteints de rétrécissemens ou de fongosités de l’urètre , agiront prudemment en portant une bougie pendant une heure ou deux chaque jour.

De V Aménorrhée, ( Amenorrhæa. ) *

L’ aménorrhée est de deux espèces ; ou bien les règles ne se montrent point à Tépoque de la vie à laquelle elles paraissent ordinairement, ou bien , après qu’elles ont paru , elles cessent de revenir aux périodes ordinaires , par d’autres causes que la grossesse. Le nom de rétention a été donné à la première de ces espèces , et celui de suppression à la dernière.

La menstruation paraît évidemment donner aux organes de la génération une disposition qui les rend aptes à la conception, puisque jamais les femmes ne conçoivent avant d’avoir été réglées , et qu’il en est peu , et même point du tout , qui soient devenues grosses après la cessation complète de cette évacuation.

Dans les pays chauds , les femmes sont réglées bien avant celles des pays froids , puisque souvent elles le sont à l’âge de dix ou onze ans , tandis que dans les derniers , on observe rarement la menstruation avant quinze ou seize ans. Les règles cessent aussi beaucoup plus tôt chez les femmes qui habitent les pays chauds, que chez celles qui vivent dans les pays froids ; dans les unes , on observe rarement la menstruation après l’âge de quarante ans , tandis que dans les autres, les règles ne disparaissent presque jamais avant l’âge de quarante-cinq ans, et même, dans plusiexirs cas, se prolongent jusqu’à cinquante.

* Etymologie. A priuat, ^ M’uviaioç ^ menses j pzcif y Jluo.

La menstruation débuté chez quelques femmes sans aucune indisposition antérieure ; mais chez la plupart d’entre elles, la première apparition de cette évacuation est précédée du gonflement ou développement des mamelles , d’un sentiment de plénitude dans la région inférieure de l’abdomen , de douleurs dans le dos et les extrémités inférieures , et de quelques légers symptômes d’hystérie ; phénomènes qui cessent tous aussitôt que l’écoulement du sang s’établit.

Les deux. ou trois premières fois que les règles paraissent, elles sont assez sujettes à varier, tant pour la quantité du sang évacué , que sous le rapport de l’espace de temps qui s’écoule entre chacune de leurs apparitions; mais, par la suite, l’écoulement s’opère ordinairement à des époques fixes , et , à chaque fois , la femme perd une égale quantité de sang , à moins qu’il ne survienne quelque accident.

Il est impossible de déterminer avec précisionla somme de sang qui est généralement évacuée ; elle varie chez les différentes femmes, et dépend beaucoup de la constitution. Chez celles d’un tempérament nerveux , et qui ont la fibre molle, récoulement des règles est plus copieux et dure davantage que chez celles d’une constitution robuste. En général , cependant, les règles coulent pendant quatre ou six jours , et la quantité de sang évacué est d’environ cinq onces.

Les femmes grosses ne sont point réglées, ordinairement.

De la Rétention des Regies , ou Chlorose,

( Chlorosis. ) ^

La cause de cette maladie , connue en Angleterre sous le nom de green sickness ,, paraît être le defaut de force nécessaire pour pousser le sang dans les vaisseaux utérins , de manière à ouvrir leurs extrémités et à procurer un écoulement de ce liquide ; mais la cause de la faiblesse qui a lieu à cette époque particulière de la vie , nous est entièrement inconnue. Quelques-uns Font rapportée à une affection des ovaires , qui ont une liaison évidente avec les vaisseaux de la matrice.

Le rapport que Ton suppose exister entre la chlorose et le défaut de menstruation , et les

privations imposées par les lois de la société , a été nié par un auteur moderne qui pense que les principaux symptômes en doivent être attribués à Fétat des premières voies. La constipation i précède et accompagne toujours la maladie ; ce qui produit, dit-il, Fodeur fétide de Fhaleine le dérangement de Festomàc , la dépravation d’apj pétit et la mauvaise digestion ; en sorte qu’il ne , îi se fait pas une nutrition suffisante à une epoque j| de la jeunesse où elle est si nécessaire.

La pesanteur, Finaction, la fatigue au plus l: léger exercice , les palpitations de cœur, les douif leurs dans le dos, les lombes et les hanches ; les

Etymologie. palleo.

** Ohseivations on the Utility of purgatwe Medicines^ in several Diseases , hy doctor J ames Hamilton oj Edinburgh.

flatuosités et les aigreurs de Festomac et des in-testios, la constipation, la retention des règles, un appétit contre nature pour la craie , la chaux et différens autres absorbans ; des symptômes de dyspepsie , tels sont les phénomènes qui accompagnent ordinairement cette maladie. A mesure qu elle fait des progrès, la face devient pâle, ou prend une teinte jaunâtre ; tout le corps est émacié , flasque , et pâle aussi ; les pieds sont œdémateux; la respiration est très-précipitée à la suite de tout exercice ; le pouls est vif, mais petit , et la malade est sujette à éprouver plusieurs des symptômes de Fhystérie. Quelquefois une grande quantité d’urine pâle est évacuée dans la matinée.

Une chose difficile à faire , dans quelques cas , c’est de déterminer l’écoulement des règles; et, quand la maladie a été de longue durée , il arrive souvent que les viscères sont atteints de différentes altérations pathologiques qui deviennent enfin funestes. Le mariage, et un changement dans la manière de vivre , ont fait disparaître cette maladie dans plusieurs circonstances.

A l’ouverture des cadavres des femmes mortes de chlorose, on trouve ordinairement les ovaires squirrheux ou devenus le siège d’une hydropisie. Bans quelques cas, le foie , la rate et les glandes mésentériques sont également dans un état maladif.

Le traitement de cette maladie doit avoir pour but d’augmenter le ton de toute l’économie, et d’exciter Faction des A^aisseaux utérins.

La première de ces intentions doit être remplie en mettant la malade à un régime généreux et analeptique, à Fusage modéré du vin, d’un doux exercice chaque jour , mais plus particulièrement de celui du cheval ; on fixera son attention par les plaisirs de la société ; on lui fera respirer du gaz oxygène , et on lui administrera régulièrement desmédicamens toniques, tels queFinfusion composée de gentiane , celle de quassia, les martiaux, etc, comme dans la dyspepsie.

Avant d’employer ces médicameiis il peut, cependant , être convenable de donner un doux émétique , dans l’intention de nettoyer et de débarrasser l’estomac.

La chlorose , toujours très-améliorée par les martiaux , qui conviennent alors même qu’il existe de l’irritation fébrile , est souvent entièrement dissipée par Fusage des eaux de Bath. Les femmes d’un tempérament nerveux ne doivent pas , cependant , en boire plus d’une pinte par jour.

Les eaux ferrugineuses de Tunbridge sont tout aussi avantageuses. Chez les femmes dont Festoniac est faible et irritable , ces eaux nouvellement tirées sont trop froides, et occasionnent des nausées ou un malaise , ce qui détruit toujours l’effet ordinaire de ce remède. On doit prévenir cet inconvénient en donnant à cette eau une température tiède , et pour y parvenir, le meilleur de tous les moyens est d'en* mettre dans une bouteille que l’on bouche hermétiquement , et que l’on plonge dans de l’eau chaude ,

de manière à ne laisser dégager que peu d’acide carbonique. Pendant l’usage de ces eaux et des précédentes, il faut avoir recours de temps en temps aux bains chauds ; l’efficacité de cette pratique est prouvée journellement par l’expérience. Mais, pour être avantageux, le bain doit être à c|Liatre ‘vingts degrés du thermomètre de Fareniieit ; à une température inférieure , il pourrait être nuisible.

Les eaux de Pyrmont et de Spa sont également utiles dans cette maladie. Comme les premières sont très-fortes , et qu’elles contiennent un excèsd’acide carbonique , on les étendra avec une suffisante quantité d'eau bouillante , de manière à donner au mélange une douce température. En faisant usage des eaux de Spa, il faut commencer par une quantité modérée , une demi pinte, par exemple, répétée trois ou quatre fois dans la journée, et monter graduellement jusqu’à ce que quelqu’effet soit produit sur les sécrétions. Plusieurs malades, mais plus particulièrement celles qui sont sur les lieux, ont l’habitude de couper avec cette eau le vin qui fait leur boisson ordinaire , ce qui constitue un breuvage agréable et salutaire.

La seconde intention du traitement , celle d’exciter Faction des vaisseaux de l’utérus , sera remplie en se livrant aux exercices , comme à la promenade et à la danse, en faisant de fréquentes frictions, en mettant souvent les pieds dans l’eau chaude , en dirigeant des vapeurs chaudes vers les organes de la génération et la région infé-

rieure de Fabdomen , en comprimani les artères iliaques , et en appliquant Fëlectricité à ces parties ; les deux derniers de ces moyens ^ employés à temps , sont très-souvent suivis d’un bon effet. Dans tous les cas , le coït est néanmoins le remède le plus certain et le plus naturel.

L’excitation du rectum par les purgatifs est aussi un moyen ordinairement employé dans la chlorose , pour augmenter Faction des vaisseaux de la matrice. Les plus usités sont les résines drastiques , telles que Faloès et la scarnmonée (i). Le mercure et surtout le calomélas sont quelquefois employés aussi comme stimulans. Généralement les mercuriaux ne sont pas sans danger ; en pareille circonstance, il faut les combiner aux drastiques (2).

Quelques praticiens ont l’habitude d’administrer ces purgatifs stimulans deux fois par semaine; mais il paraît préférable de les employer à petites doses tous les soirs , quand la malade se couche , de manière à entretenir des évacuations al vines régulières.

Outre les purgatifs , les stimulans emména-

(1) ^Pulv. è Scamm. cum Aloe . . , , 5 ij.

Sapon. Venet . • . . 3 j.

Syrup, (le Rhamno ..!.•••. q. s.

Al. F. PiluL xxviij. quarum sumat iij. vel iv. fro dos»

(2) 'if Pulv. è Scamm. cum Calomelane • . ^ j.

Syiup . q. s.

Y, Massa iu pilul. xij. distribitenda j -u], pro dos, suniendœ.

gogues ont été très-recommandés dans le traî--^

tetnent de la chlorose ; mais ils paraissent mieux

indiqués dans les cas de suppression ^ que dans

ceux de rétention des règles , parce que dans

cette affection les toniques et les chalybés sont

très-convenables.

Si r effet désiré n’est pas produit par ces remèdes, nous pouvons recommander quelque boisson tonique (t), à prendre le matin, à midi et dans la soirée ; et, de temps en temps le sulfate de cuivre, comme émétique, ainsi qu’il est prescrit au chapitre de la phthisie pulmonaire.

Pendant le cours de la maladie , s’il se développe des acidités dans l’estomac, nous devons avoir recours aux absorbans, comme dans la dyspepsie.

Le carbonate de potasse liquide , à doses lé-

(i) ‘2f Tinct. Cinclionæ . I j

- Ferri Muriat. ....... S j.

- Cantharid. . . 5 fJ.

VEL

Otf Tinct. Aloes . ? j ^5.

- Elelleb. nigri . )

^ , V. S âà 5 ij.

- Castor . r . ( ^

- Cantharid . . 5 j.

VEL

^ Pulv. Myribæ . 5 15. Sohe in

Aquæ Piment . . • % ï]. et adde

Ferri vitriol . . . gutt. xv.

Kali præpar . . • • . . gr. x.

Tfîict. Cawiharid . gutt. x.

M. F. Hans Lus ter in die siirnendus.

locales; 537

gérés, et fréquemment répelëes , est un bon médicament pour adoucir les paroxysmes de cardialgie chez les chlorotiques.

De la Suppression des Regies,

Toute interruption survenant dans la marche du flux menstruel une fois établi, excepté lorsqu’elle est occasionnée par la grossesse , doit toujours être regardée comme un cas de suppression.

La constriction des extrémités des vaisseaux utérins, provenant de circonstances accidentelles, telles que le froid, rincpiiétude , la peur, l’inaction, le fréquent usage des acides et des sédatifs , etc. , est évidemment la cause de la suppression des menstrues. Dans quelques cas , cette affection est symptomatique , et accompagne particulièrement l’atonie générale du système.

Quand le flux menstruel est supprimé depuis long-temps , Il arrive assez souvent que le sang qui au rait dû être évacué par l’utérus , étant porté en plus grande abondance et avec violence vers d’auires parties , donne lieu à des hémorrhagies ; en conséquence il s’échappe fréquemment par le nez, l’estomac, les poumons, etc. Outre que la malade est sujette à ces accidens , elle est aussi très-toumientée par de la constipation, des douleurs de coliques , et des symptômes de dyspepsie et d’hystérie.

Notre pronostic dans cette maladie doit dépendre de la cause qui l’a produite, du temps

qu’elle a duré , et de l'état de la santé générale de l’individu. Quand les règles sont supprimées subitement en raison de l’impression du froid ^ elles peuvent être facilement rétablies par les moyens convenables ; mais quand la suppression existe depuis long-temps, et qu’elle est accompagnée de leucorrhée, nous devons toujours la considérer comme assez rebelle.

Dans les cas qui se terminent à la longue par la mort, Fautopsie des cadavu^es fait découvrir dans les ovaires et dans l’utérus les mêmes altérations pathologiques , que dans celles qu’on observe dans le corps des femmes mortes de la rétention des menstrues.

Ce que nous devons avoir principalement en vue dans le traitement de cette maladie , c’est d’éloigner, s’il est possible, la constriction qui affecte les extrémités des vaisseaux de l’utérus ; et l’on doit tâcher d’y parvenir par l’usage des relâchans, des antispasmodiques et des stimulans généraux, comme il est conseille au sujet de l’affection précédente , excepté pourtant les toniques et les bains froids, que plusieurs médecins regardent comme d’un effet douteux. Dans les cas, cependant, où la suppression est symptomatique d’une faiblesse générale , on peut en faire usage.

Parmi les remèdes relâchans , on doit compter l’application de vessies remplies d’eau chaude , sur la région du pubis et les parties voisines , et celle dés vapeurs aqueuses, dirigées vers les mêmes parties en faisant asseoir la malade sur un

pot de puit rempli d’eau chaude ; mais afm que ces applications produisent Feffet convetîable, elles doivent être employées spëcialemetit à Vé~ poque où la nature paraît faire quelqu’effort pour produire Fêvacuation , ce que Foîi peut connaître à ün sentiment de plénitude dans les organes de la génération , à une pesanteur dans le dos et les lombes , et à de légères douleurs nerveuses dans la matrice.

Pour augmenter les effets sédatifs de ces applications topiques, nous pouvons en même temps administrer un opiate.

Tels sont les m.oyens que nous devons mettre enhisage quand’ les efforts de la nature nous secondent ; mais , dans les intervalles , il nous faut avoir recours aces médicamens antispasmodiques et toniques , tout à la fois , qui ont reçu le nom d’emménagogues (i). Les plus usités sont le cas-

(i)^Tinct. Sabinæ compos. • . . | j.

- Heileb. nigri % li*

— - Castorei . 3 ij.

M. Gutt» XXX LX. ter die sumendœ in quovis vehicido.

"if Tinct. Fulîginis . ^

- Castorei . ^ ââ ^ fî.

M. Capiat cochlear, minim, j. ter in die

Tinct. Helteb. nig . • %

- M}Triiæ . . *3 j.

- Can th arid . 3 ij.

M. S Limât œgra guttas xxx ter qiiaterve die.

54o MALADIES

toreum, la myrrhe,, Tellébore noir, la sabine ,

la suie de bois , la garance et le calomélas ,

joints aux émétiques et aux cathartiques sti-

mulans.

En employant les emménagogues , le praticien aura soin de distinguer les cas de suppression qui dépendent d’une constitution molle, et qui, quoiqu’assez peu fréquens, s’observent de temps en temps , de ceux qui proviennent d’une constriction des extrémités des vaisseaux de Futérus ; car , dans les premiers , on ne peut porter remède qu’à l’aide des ferrugineux et des autres toniques.

Les femmes sujettes à la suppression des règles , doivent éviter avec soin toute action de Fhumidité et du froid , particulièrement sur les pieds, qui seront tenus secs et chauds.

De' la Menstruation difficile. ( Dysmenorrhoea. )'*'

Outre les deux affections que nous venons de signaler, il s’en présente quelquefois une troisième , où la menstruation , non entièrement

* Etymologie. Auj-, di^cïlîs ^ f^v\viu.iùç ^ menstruœ , "^icù ^ fiuo.

VEL

2f Ferri Rubigiiiis * . . • Pulv. è Myrrhâ . . . .

Aloës socotorin . 9 ij,

Sapon. Venet. 9

Syrupi . q. s.

M. F. P Huiez XXX vj. Capiat iij. bis terve in die.

LOCALES. 54î

supprimée , est néanmoins assez difficile , et accompagnée de fortes douleurs dans le dos , dans les lombes, et dans l’intérieur du ventre.

On croit que cette maladie est due à une faiblesse d’action de la part des vaisseaux de la matrice, ou au spasme de ses capillaires, et l’on y remédiera par les ferrugineux , les bains chauds', locaux ou généraux , par l’usage des opiates, qui doivent être donnés aussitôt que l’on soupçonne l’arrivée de la maladie.

De la Cessation des Regies. ^ •

L’époque de la vie où la menstruation disparaît est toujours très-critique pour les femmes, en raison de ce que l’économie éprouve un grand changement ; aussi arrive-t-il assez souvent qu’il se déclare alors des maladies chroniques, qui occavsionnent des désordres variés, et qui , au bout d’un certain temps , se terminent par la mort.

Rarement les règles cessent tout-à-fait subitement, mais quelque temps avant de disparaître entièrement , elles prennent une marche irrégulière , reviennent à des époques indéterminées, et donnent lieu à l’écoulement de quantités de sang très- variables.

Quand les règles viennent à disparaître subitement , si la femme est d’un tempérament pléthorique, elle doit suivre un régime léger , prendre un exercice régulier, et se tenir le ventre libre par l’usage des doux laxatifs, tel que l’électuaire de séné , dont la vertu purgative peut

être augmentée à Faide d’une petite quantité de

jalap.

Quand la rnalade éprouve une espèce de plénitude dans les vaisseaux, avec des vertiges et des douleurs passagères dans la tête , de petites saignées peuvent également être conseillées.

S’il se forme des ulcères aux jambes , ou sur quelqu’ autre partie du corps , lorsque les règles se suppriment entièrement , on doit les regarder comme des évacuations critiques, et ne pas chercher à les fermer sans y substituer quelqu’autre émonctoire , comme un cautère , etc.

S’il se déclare un squirrhe ou un cancer de la matrice à cette époque , comme cela arrive quelquefois, tout ce que l’on peut faire en pareille circonstance est d’avoir recours aux palliatifs , tels que l’opium, la jusquiame et la ciguë, que l’on peut combiner les uns avec les autres.

ORDPÆ SIXIÈME.

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