‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 6 sur 33 · OIT MALADIES NERVEUSES · texte numérisé non relu

OIT MALADIES NERVEUSES

Du Fer chaud (Py rosis.

Les principaux signes de cette maladie sont une eVaciiation d’un fluide clair, aqueux ou glaireux , ayant sa source dans l’estomac , et accompagne'e d’ëructations, et d’une sensation de chaleur brûlante dans la région épigastrique.

, Elle attaque principalement les individus d’un âge moyen, et affecte plus souvent les femmes que les hommes , particulièrement celles qui ne sont pas mariées , et celles qui sont atteintes de fleurs blanches.

Comme le pyrosis n’est pas très-connu , et qu’on ne l’observe que rarement, ses causes n’ont point été déterminées d’une manière satisfaisante ; cependant on a regardé le mauvais régime comme étant surtout propre à le produire : l’application du froid aux extrémités inférieures, et les violentes émotions de l’âme , sont également mises au nombre de ses causes occasionnelles.

Les accès de pyrosis viennent ordinairement le matin et avant midi, quand l’estomac est vide ; le premier symptôme que le malade éprouve est une douleur au creux de l’estomac, avec un sentiment de constriction , comme si cette partie était tirée vers le dos , symptômes qui augmentent ordinairement beaucoup par l’effet de la station. La douleur, après avoin été intense , et avoir continué pendant quelque temps, est suivie d’éructations, et de l’évacuation d’une quantité

* Etymologik. Hvpsûaig , ustio.

54 névrosés;

considerable d’un fluide aqueux , tantôt clair 7 tantôt gluant, et re semblant assez à du blanc d’œuf, ainsi que j’ai eu lieu de l’observer il y a quelque temps.

Après des eructations et des évacuations de ce fluide, plus ou moins re'pétèes, l’accès disparaît. Ftarement il est accompagne de symptômes de dyspepsie.

Cette maladie n’est jamais dangereuse , mais elle est souvent fatigante et difficile à guérir , parce qu’elle est sujette à reparaître de temps en temps , meme après qu’elle semble avoir cédé.

On n’a proposé jusqu’à ce jour aucune méthode certaine pour son traitement; mais on en allège les accès par les antispasmodiques, tels que l’éther, le musc, le castoréum , l’alcali volatil , l’huile de cajeput et l’opium. Dans les intervalles, le quinquina, l’acide sulfurique, les ferrugineux sont très-utiles.

Dans le pyrosis , aussi bien que dans la gastrodynie et autres affections analogues de l’estomac, on a remarqué que l’oxyde de bismuth procurait beaucoup de soulagement , surtout si on y joignait de temps en temps de df)ux laxatifs. Cette suf)staoce paraît être un remède aussi sûr qu’utile. Un ad Lille peut en prendre cinq grains avec environ un scrupule de gomme adragant, trois

fois par jour.

].e docteur Bardsley donne l’histoire d’un pyrosis, accompagné de gastrodynie et qui durait depuis un an, lequel céda entièrement et en trèspeu de temps à Fusage du bismuth oxydé. Les

ou MALADIES NEE.VEUSES; symptômes étaient assez permanens et violeiis pour empêcher le malade de se livrer à ses occupations de tisserand: la douleur éiailfîxe et sourde, et la quantité d’un fluide acide , évacué de l’estomac, était fort considérable. Après qu’on eut nettoyé ce viscère à l’aide d’un émétique actif, et les intestins avec de l’huile de ricin, le malade lut mis à l’usage du bismuth. Il prit vingt grains d’une poudre faite avec une seule partie d’oxyde et cinq de gomme adragant , trois fois par jour, pendant l’espace d’une semaine , et alors la dose en fut portée graduellement jusqu’à quarante grains. Après la guérison, on discontinua l’usage du métal, et on y substitua le c|uinc|uina uni à . l’acide sulfurique', qui ne tarda pas à compléter la cure. Quelques autres cas de pyrosis, accompagnés de douleurs spasmodiques, furent traités avec un semblable succès , de la même manière.

Linnœus , qui parait être le premier qui^ ait parlé de cette affection , recommande l’usage de la noix vomique, à la dose de dix grains ou fl’iin scrupule , trois fois par' jour. On a vu la mastication du tabac effectuer aussi la guérison du pyrosis ; il est probable qu’on obtiendrait encore un meilleur effet par l’habitude de fomer.

Dans le cas que je n’ai fait qu’indi€|ucr tout à l’heure, on employa d’abord les antispasmodiques , mais leur effet étant nul , le médecin qui fut consulté prescrivit le sulfate de zinc combiné à l’opium et à l’extrait de quinquina , ce qui parut premièrement avoir une efficacité surprenante ;

mais la maladie reparut ensuite , ce qui découragea le patient, qui cessa de prendre le médicament.

De V Angine de poitrine ( Angina pectoris ).

Une douleur aiguë , un sentiment de constriction à Fextrémité inférieure du sernum , et plutôt à gauche qu’à droite, se prolongeant dans le bras correspondant, une grande anxiété, de violentes pulsations de cœur, de la gène dans la respiration , et un sentiment de suffocation , tels sont les symptômes caractéristiques de cette maladie.

On a observé qu’elle attaquait plus fréquemment les hommes que les femmes , particulièrement ceux qui ont le cou court, qui sont disposés à l’obésité , et qui mènent une vie inactive ou sédentaire. Quoiqu’on l’observe quelquefois chez des individus de vingt ans , on la rencontre pourtant plus fréquemment chez ceux de quarante à cinquante ans.

Tant qu’elle est peu intense , et encore dans sa première période, les accès se déclarent quand on monte soit sur une montagne , soit dans un escalier, ou quand on marche d’un pas accéléré après un repas copieux ; mais lorsque le mal a fait des progrès, les paroxysmes peuvent être excités par certaines passions, par une marche même lente, par l’équitation ou le mouvement de la voiture, ou par l’éternuement, la toux, l’exercice delà parole et les efforts pour aller à la selle. Dans

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quelques cas, ils attaquent le malade de deux à quatre fois dans la matinee, lorsqu’il est assis ou debout; sans aucun effort aniërieiir , sans aucune cause apparente , il est pris subitement d’une douleur aiguë dans la poitrine, ou plutôt à l’extrëmite du sternum, avec les autres symptômes indiques, et il est tourmente de l’idëe que la durëe d’un pareil ëtat lui serait immédiatement funeste.

Dans la première përiode de la maladie , la sensation de malaise à Fextrëmitë du sternum, et les autres symptômes fâcheux qui paraissent menacer de suspendre le cours de la vie /disparaissent souvent lorsque Findividu se tient tranquille, ou se tourne du côtë opposë au vent; mais, plus tard, les accidens ne cèdent pas aussi promptement, et les paroxysmes sont beaucoup plus violens. Pendant l’accès, le pouls s’ëleint et devient irrëgulier, la face et les extrëmitës sont pâles et baignëes d’une sueur froide, et, pour un moment, le malade est privë de la faculté de sentir et de se mouvoir volontairement. La maladie reparaît aussi plus ou moins fiëquemment pendant l’espace de quelques années, jusqu’à ce qu’une attaque violente vienne enfin terminer subitement la vie du malade.

L’angine de poitrine a ëtë inconnue des médecins jusqu’au moment où le docteur Heberden en publia une description, il y a environ qua-' rante-cioq ans, dans les Transactions du collège des médecins de Londres ; depuis cette époque , plusieurs praticiens distingués ont cherché à en

découvrir la nature , et nous ont enrichis de leurs observations. La plupart d’entre eux l’ont regardée comme une affection spasmodique. Le docteur Pariy, médecin à l’hôpital général de Bath , le dernier qui ait publié son opinion à ce sujet, pense cependant qu’elle n’est réellement qu’une syncope , d’après la définition de Cullen, qui appelle de ce nom , « une diminution des inouvemens du cœur , ou leur suspension pendant quelque temps ; il croit qii elle ne diffère de la syncope la plus ordinaire , qu’en ce qu’elle est précédée d’anxiétés ou de douleurs dans la région du cœur, et promptement provoquée, pendant un état de santé apparente , par tout exercice des muscles en général, mais plus spéciaiemeot par la marche. Il nomme en conséquence celte maladie , syncope anginosa , et il en attribue la cause à un état morbide ( généralement l’ossification) des artères coronaires du cœur.

La rigidité des artères coronaires , ainsi nécessairement produite , peut devenir un obstacle mécanique au libre mouvement du cœur; et quoiqu’il circule encore dans les conduits qu’elles présentent, une assez grande quafitité de sang pour entretenir la nutrition du cœur, dans quelques cas cependant celui-ci ne peut se maintenir dans l’état de vigueur indispensable à l’exercice de ses fonctions. Aussi quoicpie l’organe , ainsi affecté , poisse être apte enco-rc à remplir les fonctions de la circulation ordinaire pendant un état de tranquillité physique et morale , quand le malade veut faire quelque effort non ordinaire, il n’offre

OIT MALADIES KEB.VEITSES. 5g

plus réiiergie dësiree. .En suivant cette idée, le docteur Parry cherche à montrer que les principaux symptômes de la maladie sont Feffet du retard et de raccumiilation du sang dans les cavités du cœur et dans les gros vaisseaux, et que les causes qui excitent les paroxysmes sont celles qui produisent cette accumulation, soit par une pression mécanique ^ soit en stimulant à Fexcès le système circulatoire ; en sorte que le cœur , affaibli , perd bientôt son mouvement , tandis que le sang continue à avancer dans les veines. Au bout cFun certain temps cependant, le cœur peut reprendre son irritabilité , la circulation se rétablit d’une manière plus ou moins parfaite , mais la mort peut survenir aussi.

Telle est la théorie du docteur Parry. On peut lui objecter que F ouverture des cadavres , dans plus d’un cas , n’a fait découvrir aucune altération pathologique dans le cœur ou dans ses dépendances, en sorte que l’ossification des artères coronaires ne peut pas être la seule cause delà maladie. Dans quelques circonstances, à la vérité , on a rencontré cette ossification , mais rien n’est moins ordinaire. On a meme trouvé, en générai, les poumons fort sains. Eue ou deux fois, on a observé e]ue le sang n’était pas coagulé , mais qu’il restait fluide, sans se séparer aucunement en sérum et en coaguium.

On doit toujours regarder l’angine de poitrine comme une maladie excessivement dangereuse ; il arrive ordinairement, en effet, que l’individu meurt subitement , et quand elle dépend d’une

6o KÉVKOSES ,

ossification des artères coronaires , on ne pent jamais s’attendre à en obtenir la guérison.

Pendant les paroxysmes , on opère du soulagement à l’aide de la saignée et de l’usage de forts antispasmodiques, comme l’opium et l’éther combinés (t). L’application d’un vésicatoire à la poitrine est également suivie quelquefois d’un bon effet.

On rapporte , dans le sixième volume du Journal des Sciences médicales et naturelles , l’histoire de deux angines de poitrine qui furent guéries par l’application sur le sternum de morceaux de calicot trempés dans une solution d’un gros de tartrate d’antimoine dans une livre d’eau bouillante et une demi-once d’alcohol camphré , plusieurs fois par jour. Il en est résulté en peu de temps une éruption intense, d’une nature particulière , tenant un peu du caractère malin du charbon , et causant une démangeaison et des cuissons excessives ; plusieurs de ces pustules suppurèrent, mais il s’en formait continuellement des centaines , les unes du volume d’un pois , les autres de celui delà tête d’une épingle. Aussitôt que l’éruption se fut manifestée, les symptômes spasmodiques furent soulagés d’une manière marquée, et les malades se rétablirent peu

(i) "if Aq. Anethi . . 5 j

Ælheris sulfuric . gult. xxx.

Tinct. Opii . . giUt. xv - xx.

- Lavend. comp . gult. xx.

F. Haustus guartd guâque horâ repeLenclus.

ou MALADIES NERVEUSES. 6l

à peu , après que ce remède eut été continué deux ou trois fois par jour, pendant environ un mois.

Comme la sensation douloureuse à l’extrémité du sternum diminue quelquefois momentanément en suite d’une évacuation gazeuse par la bouche , il devient avantageux d’administrer des doses modérées de carminatifs , tels que l’eau de menthe poivrée , l’esprit de carvi , etc. Quand on n’en obtient pas l’effet désiré , on peut y substituer quelques gouttes d’huile d’anis sur un peu de sucre .

Pour empêcher le retour de la maladie , il faut se mettre en garde contre toute passion , contre toute émotion , et s’astreindre à un régime fortifiant, rejetant néanmoins tout ce qui est de nature échauffante, comme les épices, les liqueurs spiritueuses , les vins, et ayant le soin de ne jamais se surcharger l’estomac , ou de prendre quelque exercice immédiatement après le repas. En outre , il faut tâcher aussi de combattre la tendance à l’obésité ; on a regardé, avec raison, cette disposition comme une cause éloignée , et pour s’y opposer il faut suivre un régime végétal, se livrer à un exercice modéré, se lever de bon matin , et entretenn* le ventre parfaitement libre par l’usage de médicamens laxatifs.

Afin d’assurer le succès de la cure , et pour détruire Firritabilité qui pourrait persister, les toniques , et particulièrement les toniques métalliques , unis aux antispasmodiques , peuvent être

administres de la meme manière que dans les cas

d’épilepsie.

On a observé que l’angine de poitrine est une maladie constamment dangereuse , et que , dans bien des cas , elle cause la mort malgré le traitement le mieux combiné. Cependant , le docteur Wlacbride * nous apprend que depuis quelque temps cette aliection a été traitée plusieurs fois avec un grand succès, et qu’elle a été complètement guérie par l’application d’un large cautère à chaque cuisse : remède qu’on ne doit par conséquent jamais négliger.

Dans un cas, pourtant, et avec l’intention de corriger ou de chasser au-dehors le principe d’irritation, il prescrivit , au lieu de cautères, un mélange d’eau de chaux et d’esprit de genièvre composé, avec une dose convenable du vin antimonial d’Huxham, soumettant en même temps le malade a un régime léger , et tâchant de favoriser chez lui la transpiration cutanée. Les symptômes s’améliorèrent bientôt , à ce qu’il sembla ; mais ce ne fut qu’ après l’application d’un large cautère à chaque cuisse , que la santé fut parfaitement rétablie.

Le docteur Darwin^^ rapporte aussi que quatre malades qui étaient affectés d’angine de poitrine à un haut degré, se rétablirenl tous, et continuèrent à être bien portans pendant trois ou quatre ans , par l’usage du même moyen. Au reste , ces cautères étaient dans les premiers

* Medical Obseri’tttiojis and Inquiries , vol. yi.

** Zoonomiof vol. ly, pag. 43-

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temps assez grands pour contenir chacun deux pois , mais ensuite on n’y en plaçait rien qu’un seul. Pendant quelque temps, en outre, les malades dont il s’agit prirent une préparation antimoniale.

Des Palpitations, (Palpitatio. )

Cette maladie, qui consiste en un mouyement violent et irrégulier du cœur, est. produite par les affections organiques de ce viscère lui-même, ou des gros vaisseaux, la pléthore, la 'faiblesse , une grande susceptibilité nerveuse , une conformation vicieuse du thorax, et par plusieurs des causes qui déterminent la syncope.

Pendant les accès , le mouvement du cœur se fait avec plus de rapidité , et généralement avec plus de force que de coutume, ce dont on peut non-seulement s’assurer avec la main , mais encore par l’intuition, et même, dans quelques cas, par l’audition ; il y a fréquemment de la dyspnée ; une teinte pourpre est étendue sur les joues , et une foule de sensations douloureuses tourmentent les malades.

Parfois la maladie se termine par la mort , mais souvent elle est purement symptomatique de l’hystérie ou d’une autre maladie nerveuse.

Dans le traitement des palpitations , on doit chercher à découvrir , s’il est possible , la cause excitante , et à la détruire. Si elles sont produites par la pléthore , la saignée , les purgatifs et les autres moyens antiphlogistiques doivent être mis en usage ; si elles sont le résultat de la faiblesse ,

les amers , les ferrugineux, les bains froids, etc. ^ seront avantageux. Quand elles sont symptomatiques de quelque maladie nerveuse, l’éther, le castoréum , le musc et les autres antispasmodiques , unis aux toniques , seront utiles.

Cependant , comme la maladie , dans plusieurs cas, provient d’une affection organique du cœur lui-méme , de l’aorte , ou des autres gros vaisseaux qui sont en rapport avec lui , tout ce que l’on peut en pareille circonstance est de forcer l’individu affecté à ne pas se livrer à ce qui augmente l’action du système vasculaire , particulièrement à des accès de passions , à un exercice violent , ou à de grands mouvemens du corps.

De V Asthme. ( Asthma. )

Cette maladie est une affection spasmodique des- poumons , qui vient par accès , et est caractérisée par une respiration fréquente , difficile et courte ; avec une sorte de sifflement, un resserrement de poitrine , et de la toux ; symptômes qui augmentent tous beaucoup quand le malade est dans une position horizontale.

On est rarement atteint de l’asthme avant l’âge de la puberté , et cette maladie paraît attaquer les hommes plus souvent que les femmes , particulièrement ceux d’une constitution repie tte,. auxquels elle cause , lorsque les accès en sont multipliés, une maigreur assez marquée. La dyspepsie complique toujours l’asthme , et paraît

* Etymologie. , difficiU respiro.

ou MALADIES NERVEUSES. 65

If

en être une cause prédisposante. Ses attaques sont plus fréquentes pendant les chaleurs de les jours où le ciel est couvert, et commencent en général à minuit.

Quand il y a expectoration abondante, Fasthme est appelé humide , et quand ce symptôme manque, il est connu sous le nom asthme sec ^ ou spasmodique.

Le soir qui précède une attaque d’asthme , les forces vitales sont souvent très-abattues ; l’individu éprouve un sentiment de plénitude à Festomac , de la lassitude , de l’assoupissement, et de la douleur de tête. A l’approche du soir suivant , il est tourmenté par un sentiment de constriction en travers de la poitrine , et par une sorte de resserrement dans les poumons, qui empêchent la respiration. La dyspnée continue à augmenter pendant quelque temps ; les inspirations et les expirations se succèdent lentement, et avec un son rauque; la parole devient difficile et gênée; il y a une tendance à la toux , et le malade ne peut rester dans une position horizontale ; il semble être menacé de suffocation.

Ces symptômes continuent ordinairement jusque vers le matin, et alors il arrive communément une rémission ; la respiration devient moins laborieuse et plus pleine, et le malade parle et tousse avec yjlus de facilité. Si la toux est accompagnée d’une expectoration de mucus , il ressent beaucoup de soulagement; et ne tarde pas à s’endormir.

Quand il se réveille dans la matinée, il éprouve 2. 5

66 NEVROSES ,

encore une certaine constriction à la poitrine ^ quoique sa respiration soit plus libre et plus facile ; ^t cependant le moindre mouvement parait • tamener la dyspnée. Au reste si la tête et les épaules ne sont pas très-élevées, le malade ne peut rester davantage au lit.

Yers le soir il s’assoupit de nouveau, il éprouve des flatuosités dans l’estomac, et il sent revenir la difficulté de respirer , qui continue à augmenter graduellement , jusqu’à ce qu’elle soit aussi violente que la nuit d’auparavant.

Après quelques nuits passées de cette manière , les accès se modèrent , les rémissions sont plus ïîiarqiiées , particulièrement quand il se fait une expectoration copieuse les matins et , de temps en temps, pendant la*journée ; la maladie disparaît enfin tout-à-fait, et le sommeil se rétablit comme à l’ordinaire.

Pendant les accès , le pouls n’est pas commu- ' nément fort altéré ; mais,- dans quelques cas, il est fréquent, il y a de la soif et d’autres symptômes de fièvre. Chez certains individus, la face devient rouge et injectée pendant la durée de l’accès ; mais le plus souvent elle est pâle et défaite. L’urine, au commencement de l’accès, est généralement très-abondante , et a peu de couleur et d’odeur; mais quand il est passé , elle devient très-colorée, et dépose quelquefois un ^ sédiment.

“ Les congestions de sang, ou de mucosités dans les poumons, les vapeurs délétères émanées du -plomb ou de l’arsenic , un air impur et chargé

ou MALADIES NERAEüSKS, 67

de fumée , une atmosphère froide et brumeuse , une diathèse scrophule use , rhumatismale , arthritiqûe, psorique et scorbutique ; les mauvaises digestions , les affections flatuleotes, la faiblesse générale , un épanchement d’eau dans la poitrine, les anévrismes, les polypes, les con’crétions de sang dans les gros vaisseaux , et autres accidens semblables, sont les causes qui peuvent produire cette maladie formidable. Dans quelques cas, elle semblehéréditaire, et, dans d’autres, elle provient d’une mauvaise conformation du thorax. *

L’asthme étant une fois établi , ses accès reviennent périodiquement , et plus spécialement sous l’influence de certaines causes , telles que le passage subit du froid au chaud , ou d’une atmosphère plus pesante dans une atmosphère plus légère ; les exercices^violens, qui accélèrent la circulation du sang ; raugmentation de volume de l’estomac , par suite d’un repas trop copieux , ou par la présence de gaz ; i’acfioii du froid qui arrête la transpiration , et favorise ainsi l’accumulation du sang dans les poumons; les violentes passions, les odeurs désagréables, la fumée, la poussière , etc., etc.

Il semble que, par une conséquence -des lois de l’économie animale , l’habitude des mouve' mens convulsifs en amène la répétition plus fréquente; aussi attribue-t-on l’asthme fréquemment à cette cause.

Dans quelques cas encore , on a cru qu’il provenait d’une irritation de l’estomac , de Futérus, ou de quelque autre viscère abdominal ; il reste

pourtant à savoir si la cause de l’asthme convulsif peut être étrangère à la cavité thorachique, quoique plusieurs faits paraissent venir à l’appui de cette conclusion.

Cullen et la plupart des autres auteurs ont pensé que la cause prochaine ou immédiate de cette maladie est une constriction contre nature ou spasmodique des fibres musculaires des bronches , qui non-seulement s’oppose à ce qu’elles se dilatent assez pour permettre une inspiration facile et profonde, mais leur donne aussi une roideur qui est contraire à une libre et entière expiration.

Cependant cette doctrine a été contestée par le docteur Bree , qui , dans un traité très-ingénieux sur cette maladie , avance que l’irritation de l’intérieur des cavités aériennes , par une accumulation de mucus , ou par une acrimonie particulière de l’air ^ est la véritable cause prochaine de l’asthmç convulsif. Le mucus donc qui est excrété dans le cours de la maladie , et que Cullen et les autres ont considéré comme un effet seulement, est, aux yeux du docteur Bree, une cause manifeste du paroxysme ; ou , quand celleci n’existe pas, ibs’en trouve une autre également irritante pour les poumons, et propre à exciter les contractions spasmodiques des muscles respiratoires.

Le docteur Darwin dit que, quelle que puisse être la cause éloignée des paroxysmes de l’asthme, la cause immédiate des mouvemens convulsifs de la respiration, soit dans rasthme commun , soit

ou MALADIES NEB. YEUSES. 69

dans l’asthme convulsif, qui ne sont peut être que différens degrés de la même maladie , doit être rapportée aux violens efforts que le malade fait volontairement pour soulager sa douleur ^ comme dans les autres convulsions; et que l’augmentation de rirritabilité intérieure et de la sensibilité pendant le sommeil, doit faire commencer les ac,cès à cette époque.

L’arrivée soudaine des paroxysmes généralement après le premier sommeil , leur retour par intervalles, le sentiment de constriction qui existe vers le diaphragme , oblige le malade à se tenir dans une position verticale , et lui fait désirer vivement d’être exposé à l’air froid, distingueront promptement l’asthme de toute autre maladie.

Si les attaques d’asthme ne sont ni fréquentes ni intenses , et que le malade soit jeune , on peut espérer de le guérir entièrement ; mais quand l’individu est d’un âge avancé , que les paroxysmes sont fréquens, et que la maladie est héréditaire ou provient d’une disposition particulière aux fluxions séreuses , il est impossible de la détruire.

Elle peut devenir funeste en se changeant en une autre affection, comme la phthisie etl’hydrothorax , ou en causant un anévrisme du cœur ou des gros vaisseaux ; mais, sans ces circonstances, l’asthme n’est point dangereux, quoiqu’il paraisse dans plusieurs cas menacer d’une mort immédiate, par suffocation. L’infdtration séreusé des

extrémités

inférieures , et le diabètes , sont

70 ' KI^VFtOSES,

des accidens qui accompagnent fréquemment Tasthme , lorsqu’il a été de longue durée.

Le danger est grand lorsque la respiration devient subitement accélérée et courte, qu’il existe une paralysie des bras, un grand abattement des forces , une diminution dans la sécrétion he l’urine, et qu’il y a de l’écume à la bouche.

I/anatomie pathologique nous a fort peu éclairés sur la nature ou la cause deîcettê maladie. Une foule d’observations de Morgagni , et les ouvrages de plusieurs autres anatomistes , ont cependant prouvé que , dans le plus grand nombre des cas , il y de la sérosité épanchée dans les cellules aériennes des poumons/, quand la maladie a été de longue durée , on a trouvé différentes autres affections morbides.

Dans le* traitement de F asthme , qn est dans l’usage d’employer la saignée pendant les paroxysmes, dans la vue d’empêcher le danger qui résulte du passage difficile du sang à travers les pou-' nions, et pour obvier à l’état de pléthore, que l’on croit propre à produire une turgescence sanguine des poumons ;♦ mais la saignée est excessivement pre'judiciable dans presque tous les cas, en retardant Fexpectoralion ; et il est certain qu elle a des suites fâcheuses, quand l’asthme est survenu cliez des individus âgés, ou qu’il dure liepuis long - temps.. Chez les persq^ines d’une constitution .pléthorique , l’application de ventouses entre les épaules pourrait être avantageuse.

« Plusieurs circonstances embarrassantes se

ou MALADIES NEBA^EUSES. 71

présentent an sujet de l’emploi de la saignée dans cette affection, dit judicieusement "le docteur Bree. Avant que les vaisseaux pulmonaires soient dégagés par l’exercice de leurs orifices exhalans, il est possible que cette opération soit avantageuse ; mais quand l’expectoration est survenue , il y a faiblesse et perte de contractilité dans les parois des vaisseaux ; il faut donc y faire, attention pendant l’accès, et chercher à y remédier pendant 1’ intermission. Alors en effet la nature, suivant la marche la plus convenable à la sortie du fluide séreux, soulage graduellement les vaisseaux, et bn doit se reposer sur le passage de l’air dans les poumons par suite deda toux et des phéno-' mènes mécaniques de la respiration , ainsi que sur la force des vaisseaux absorbans, pour débarrasser les cellules aériennes de la lymphe qu’elles contiennent. Si on ordonne des saignées, la déplétion subite des vaisseaux laisse leurs parois sans énergie , et il ne se produit pas un resserrement équivalent à la dilatation que î'e sang avait opérée ; le cœur se ressent de cet accident , et manque également de force de contraction. Si donc on pratique la saignée , on doit la faire en plusieurs fois , et tirer le sang par petite quantité à la fois, de manière à permettre à la contractilité de s’exercer , à mesure que les vaisseaux se désemplissent.

Mais la saignée , ajoute-t-il , est une opération imprudente dans toute espèce d’asthme, à moins qu’il ne soit de la seconde. Dans la première espèce , je l’ai ordonnée à plusieurs repri-

NEVROSES,

ses, mais j^ai toujours remarqué que ie paroxysme n’en fut pas abrégé d’une heure , et que souvent l’expectoration en était retardée , en sorte qu’il restait plus de dyspnée dans l’intermission qu’à l’ordinaire. Chez les vieillards qui sont accoutumés à la maladie , la saignée est assurément nuisible. Dans la seconde espèce d’asthme, il y a parfois des inflammations locales contre lesquelles la saignée peut être utilement employée ; mais si l’on en abuse , il y a à craindre que le malade ne se trouve atteint de l’asthme de la première espèce. »

Pour que le lecteur puisse avoir une idée claire de la théorie du docteur Bree, il est nécessaire de dire qu’il divise l’asthme convulsif en quatre espèces :

La j)remière est produite par l’irritation des poumons due à un épanchement de sérosités. La seconde est occasionnée par une acrimonie de l’air , qui irrite les organes de la respiration.’ La troisième reconnaît pour cause une irritation de l’estomac , de l’utérus ou des autres viscères abdominaux. La quatrième est secondaire ou dépend de l’habitude, après que l’irritation des viscères thorachiques ou abdominaux à disparu.

Les purgatifs produisent les mêmes effets préjudiciables que la saignée ; mais comme les asthmatiques sont incommodés par une accumulation ou une stagnation des matières dans le canal alimentaire , on doit obvier à la constipation parles soins convenables de régime ; et quand ce moyen est insuffisant, il faut avoir recours à

ou MALADIES NER.VEUSES. 7^

l’emploi des doux laxatifs, tels que la magnésie, avec addition de quelques grains de rhubarbe. Pendant les paroxysmes, on peut combattre la constipation par des îavemens émoiliens.

Les émétiques , en détruisant l’afflux du sang vers les poumons , et en facilitant l’expectoration , sont très-avantageux dans toutes les espèces d’asthme , excepté dans celui qui dépend de l’habitude. Un vomitif, administré le soir, a paru , dans quelques cas, prévenir l’ûttaque de la nuit. Il semble donc convenable d’employer les médicamens vomitifs , et d’en répéter fréquemment l’administration : au reste , l’ipécacuanha , plus doux et plus facile à régler dans son action que les préparations d’antimoine , doit par conséquent leur être préféré.

Même , pendant les paroxysmes , l’administration d’un émétique ne peut pas être nuisible. On ne peut cependant avoir recours à ce moyen avec sûreté, que lorsqu’il n’existe aucun symptôme d’inflammation , que la respiration n’est pas très-laborieuse , et que les forces ne sont pas très-abattues.

Les vésicatoires et les cautères ont été trèssouvent employés dans les cas d’asthme , mais ils ne paraissent avantageux que lorsque la maladie a été produite par la suppression de quelque évacuation ancienne ou habituelle, ou qu’elle est très-compliquée , comme cela se voit chez les vieillards. Dans l’asthme purement spasmodique, ils ne préviennent ni ne diminuent l’accès.

Dans la supposition que Fastlime est dû fré-

74 NEVROSES,

quemment à une irritabilité contre nature des poumons, on a beaucoup vanté les antispasmodiques comme propres à modérer les paroxysmes L’éther et l’opium ont paru les plus avantageux, et particulièrement le dernier, dont l’efficacité est pourtant très-augmentée par sa combinaison avec l’éther (i). Les gommes fétides ont été mises aussi en usage ; mais en raison de leur qualité échauffante, elles ont été préjudiciables dans quelques cas.

Le docteur Bree rapporte , « qu’ayant été pris d’un accès d’asthme de la première espèce , il avala , pendant le paroxysme , quatre grains d’opium en substance , qui produisirent presque* une stupeur apoplectique pendant deux jours. Quelque temps après, il survint un malaise,’ une grande faiblesse et des nausées continuelles ; les muscles de la respiration exécutaient leurs mouvemens avec moins de douleur, mais la respiration elle-même devint stertoreuse ; il y avait une violente céphalalgie ; le pouls acquit plus de force et de vitesse pendant plusieurs heures , mais ensuite il devint très-faible. Le paroxysme reparut le lendemain quatre heures plus tôt que d’ordinaire ; le malade prit deux grains d’opium de plus au moment ou il s’aperçut qu’il commençait; la difficulté de la respiration sembla çéder

(i) Aq. Puiegii . . . . . ,

Æther. suif. . . gult. xxx.

Tfioct. C3pii ..•.••••••• gutt. •

— — Lavend. comp . ^ f5.

VI F. Haustus quartâ vel'sextâ horâ surnendus.

ou MALADIES :N*EB.TEUSES.

de nouveau, mais Fanxiete augmenta à un point alarmant, à mesure que lastupeur devenait moindre. Le pouls fut cette fois plus faible , et fré« quemment irrëgulier. Il survint des selles liquides et une sueur generale. Le paroxysme recouvra alors toute sa violence , et un médecin , ami du malade, et qui suivait avec beaucoup .d’attention la marche de ces essais, fut alarme, et tâcha de provoquer le vomissement, mais en vain. Il lui' fit appliquer des vésicatoires et administrer du vinaigre et du poivre, avec du café très-chargé, et de la moutarde. Les paroxysmes devinrent enfin moins graves, et, malgré tous les soins possibles, leur nombre nmnta àmeuf avant que Texpecloralion pût amener la crise de cette attaque. Nonobstant le mauvais succès de cette expérience, Topinm fut employé dans un autre paroxysme , après radministration d’im vomitif actif ; il survint encore des effets fâcheux , mais pas au même degré. »

Pour empêcher la fréquence et l’intensité des paroxysmes , on a' conseillé la fumée et la mastication du tabac, et quelquefois avec succès, particulièrement dans l’isthme spasmodique.

Gomme le libre passage de Fair à travers les poumons est gêné dans la première espèce d’asthme, par la présence de mucosités, on doit provoquer l’expulsion de celles-ci à F aide des pectoraux, tels que la gomme ammoniaque , la scilie, etc. ([) ; mais les émuisifs huileux doivent

% iv.

(i) ^ Lactis Ammoniac

76 NEVROSES,

être évites , comme nuisibles. La décoction des racines de garance a été aussi employée dans quelques cas avec avantage.

Le plus souvent la dyspepsie est un symptôme principal de Tasthme , et le malade est trèstourmenté de flatuosités d’estomac , d’acidités, et d’autres accidens analogues , qu’on combattra à l’aide des absorbans et des infusions stomachiques et amères. Le docteur Bree assure que l’on est étonné de l’excellence de la craie et de l’opium dans l’asthme, quand l’irritation provient des premières voies seulement. Il remarque également que le vinaigre , administré séparément , fait disparaître les flatuosités et distension de l’estomac.

Les diaphorétiques peuvent se montrer avan-

Oxymell. Scill. 5 iij.

Vini Antimoriii .......... gutt. l.

Acet. distill . . % 6.

M. Sumat cochlear, ij.

VEL

^ Gummi Ammon . . . 3 if.

Pulv. Scillæ . . . . 5j.

Saponis Hisp. . . 3 ij.

Rais, siilf. anisat. ..... . . • . q. s.

M. F. Piluliz LX. quarum sumat æger iv 'uel v. pro dos.

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