L. BABoNNEIxX et H. DARRÉ
elions cervicaux, puis dans les ganglions médiastinaux, et envahir après cette triple étape lés poumons ou, après pénétration dans les vaisseaux sanguins, les autres organes. Bien que possible, ce mode d'envahissement dé“l'organisme doit être considéré comme très rare ; les végétations adénoïdes inoculées au
cobaye ne le tuberculisent qu'exceptionnellement (Nobécourt et Tixier), et
même une inoculation positive prouve seulement qu'elles sont bacillifères êt
non pas forcément bacillaires.
Il existe cependant un petit nombre de faits probants de tuberculose pri-
milive bucco-pharyngée. Dans ces cas très rares, l’inoculation se fait par voie
externe, par l’air chargé de poussières ou de gouttelettes bacillifères, par les objets contaminés et surtout par les aliments. La constitution lymphatique serait une cause prédisposante, en créant une dystrophie du tissu lymphoïde du pharynx. Mais les bacilles, qui pénètrent si fréquemment dans la cavité bucco-pharyngée, n’y font que passer sans y séjourner, entraînés immédiatement par le courant d'air inspiratoire ou balayés par la salive incessamment déglutie : aussi l'infection tuberculeuse de ces organes est-elle exceptionnelle. Presque toujours la tuberculose bucco-pharyngée est secondaire, survenant chez des tuberculeux avérés et le plus souvent même chez des phtisiques, aux dernières phases de la maladie. Le mécanisme de sa production est très différent suivant les formes anatomiques qu'elle revêt. | Les ulcérations tuberculeuses de la bouche, lésions les plus. communément observées, ne frappent guère que des tuberculeux pulmonaires cavitaires, profondément cachectiques, qui expectorent en quantité considérable des crachats extrêmement riches en bacilles de Koch. Ici l’étiologie est très simple : la muqueuse s’infecte directement de dehors en dedans au contact des expectorations fortement bacillifères, à la faveur de la cachexie qui diminue sa vitalité et ses moyens de défense, et des excoriations banales qui servent de point d'implantation au bacille (morsure de la langue et des lèvres, érosions si fréquentes chez les cachectiques, et surtout ulcérations dentaires au contact d'un chicot, d'un appareil prothétique, etc.). Très rares chez l'enfant et le vieillard, elles se voient surtout chez les tuberculeux d'âge moyen. 3 Cependant dans quelques cas très rares (Trélat), de telles lésions précèdent de plusieurs mois l’évolution des lésions pulmonaires. On peut alors admettre une inoculation accidentelle primitive, ou une infection de la muqueuse de dedans en dehors par voie sanguine chez un tuberculeux latent. Les ulcérations tuberculeuses du pharynx ont une étiologie idéntique à celle des ulcérations buccales. Toutefois, en raison de la moindre fréquence des érosions banales servant de porte d’ entrée, les inoculations de dehors en
dedans sont beaucoup moins fréquentes; au contraire, les infections de dedans
en dehors par voie sanguine sont plus communes, et, le plus souvent, les lésions pharyngées sont en apparence primitives ou du moins évoluent parallèlement aux lésions pulmonaires, le développement des unes et des autres étant lié à une même poussée évolutive, à tendance caséeuse, toujours extrèmement grave.
Les tuberculoses profondes, gommes ou abcès froids, beaucous plus rares, sont évidemment d’origine circulatoire, mais ne s'observent guère que chez des tuberculeux pulmonaires avancés.
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TUBERCULOSE BUCCO-PHARYNGÉE. Fasc. XIII. — 161
De même la tuberculose miliaire aiguë pharyngo-laryngée, l'angine tuberculeuse aiguë, est une granulie du pharynx, d’origine sanguine, prélude d'une granulie généralisée. Elle atteint le plus souvent des tuberculeux avérés. De telles lésions granuliques ne s’observent guère au niveau de la bouche.
Quant au lupus bucco-pharyngé qui, contrairement aux lésions précédentes, | se voit surtout chez les jeunes sujets de 5 à 20 ans, tuberculeux latents ou torpides à lésions viscérales peu avancées, il est presque toujours secondaire à un lupus des fosses nasales ou de la face, et, dans ce cas, propagé par les voies lymphatiques. Parfois cependant, et peut-être moins rarement qu’on ne l’admet généralement, il peut être primitif, l'infection de la muqueuse se faisant par voie sanguine au cours d'une bacillémie transitoire chez un tuberculeux latent. ;