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B. — PARALYSIE DE L'ŒSOPHAGE

La paralysie et l’atonie œsophagiennes sont encore assez mal connues.

Les causes de paralysie œsophagienne sont très variées : lésions des centres nerveux et spécialement du bulbe ; lésions des pneumogastriques (compression par une tumeur) (Mondière) ; intoxications par le plomb, l'alcool, etc. ; maladie infectieuse (diphtérie, fièvre typhoïde, fièvre jaune); on a décrit des atonies et paralysies œsophagiennes au cours de l’hystérie (J. Frank, Hanz), * de l’aliénation mentale. On a parlé également d'un état myopathique primitif de la paroi œsophagienne, qui pourrait être un premier degré des dilatations dites idiopathiques, étudiées d'autre part.

Cliniquement, la paralysie œsophagienne ne se traduirait, pour ainsi dire, par aucun trouble, si elle n'était souvent associée à une paralysie de même nature du pharynx, ainsi que, d’ailleurs, le fait a été établi expérimentalement par Chauveau. Elle donne naissance à une dysphagie habituellement indolente, et s’accompagnant souvent d’anesthésie œsophagienne. Les aliments ingérés s’accumulant dans l’œsophage occasionnent des phénomènes de gêne et peuvent provoquer de la suffocation, troubles que le malade peut faire cesser en avalant de grandes quantités d’eau, ou qui cessent après que les aliments ont été régurgités (Mermod). Peu à peu, l’œsophage se laisse distendre, à mesure que la tonicité de la paroi diminue, et souvent, par suite de lésions d'œsophagite, il se produit un cardiospasme permanent, qui vient augmenter la dysphagie et la stagnation. On aboutit, en pareil cas, à la production de ces grandes dilatations de l’œsophage que l’on croyait naguère exceptionnelles, et que la séméiologie œsophagienne moderne décèle, au contraire, assez fréquemment.

Le pronostic est subordonné à la nature de la paralysie. Il est très grave

R. BENSAUDE et L. RIVET.

939 PATHOLOGIE DE L'OŒSOPHAGE.

dans les paralysies de cause toxi-infectieuse ou de cause centrale, alors qu'il. l'est infiniment moins dans les atonies primitives, que nous retrouverons sous le nom de mégaæsophage. Toutefois, à la longue, les troubles dysphagiques peuvent entrainer un amaigrissement plus ou moins marqué.

Le diagnostic ne peut être porté que par l'exploration de l'œsophage à l'aide du cathétérisme, et surtout de la radioscopie et de l’œsophagoscopie.

Le cathétérisme décèle l'absence de rétrécissement, el souvent une anesthésie plus ou moins complète du conduit Mackenzie).

La radioscopie (Holzknecht) montre l’inertie de l'organe, qui se traduit par l’absence de péristallisme, et un degré plus ou moins prononcé de dilatation. La crème opaque déglutie, au lieu de parcourir plus ou moins rapIdement le conduit œsophagien, forme une bande qui finit par occuper presque toute la longueur de l’œsophageet y demeure plusieurs minutes; peu à peu,

Fig. 10. — Atonie de l’æœsophage sous l'influence de déglutitions

(image radiographique) (BENSAUDE et RivET). successives, elle s’amincit, et

une seule gorgée d'eau finit par

lui faire évacuer l'æœsophage, en n'y laissant que des traces opaques à con-

tours flous. L'épreuve radioscopique est capitale pour reconnaître l’atonie (fig. 10).

L'œsophagoscopie montre une paroi œsophagienne flasque, flottante, revêtue d'une muqueuse d'aspect normal, tant que la stagnation alimentaire n'a pas provoqué de lésions secondaires d’œsophagite, en cas surtout de cardiospasme.

Le traitement, dans les cas secondaires à une lésion nerveuse centrale ou périphérique, à une intoxication ou à une infection, est le traitement de la cause. Dans les cas habituels, où on a affaire à une dilatation atonique avec ou sans cardiospasme, et dont la cause échappe, on relonibe dans le traitement du méga-æsophage, qui sera exposé plus loin. Les moyens thérapeutiques essentiels sont l’alimentation à la sonde et l'électrisation faradique.

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