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B. — TUMEURS PÉDICULÉES. POLYPES

A côté de polypes pharyngés pendant dans la lumière œsophagienne, on peut rencontrer, bien rarement, des polypes appartenant en propre à l'œsophage (Schneider, Gerdy, Follin, Glinski, Abrand). :

Leur point de départ habituel est la paroï antérieure de l'œsophage, dans sa partie supérieure, immédiatement au-dessous du cartilage cricoïde (Zenker), mais ils peuvent se développer plus bas, parfois immédiatement au-dessus du cardia (Gayet, Abrand).

Habituellement de petit volume (cerise, amande, noix), le polype peut acquérir le volume d'une orange (Lotheissen). Le pédicule, parfois court, est souvent très allongé, pouvant atteindre 15 centimètres (Minski). Ces polypes sont généralement uniques. Leur surface extérieure est lisse, régulière, parfois lobulée, constituée par la muqueuse œsophagienne intacte ou ulcérée par places. Leur consistance est très variable et varie souvent suivant les points d'une même tumeur. Ceci s'explique par la diversité des types anatomiques. ;

Ilistologiquement, en effet, il peut s'agir de fibromes, de lipomes, de myomes, souvent de types mixtes, comme dans un cas de Curtis, où il s’'agissait d'un fibro-lipome vasculaire avec follicules Iÿmphoïdes abondants. On a décrit également des sarcomes fuso-cellulaires (Ogle, Bonmann), des néoplasies myxomateuses plus ou moins riches en fibres musculaires striées(Glinski, Wolfensberger), etc.

Cliniquement, les polypes de l’æœsophage se rencontrent surtout chez des hommes d'un âge avancé, de 68 à 75 ans.

Les symptômes auxquels ils donnent naissance sont très variables suivant leur volume, leur point d'implantation, la longueur du pédicule, l'existence d'ulcérations, la production de spasme surajouté. Comme dans toute affection œsophagienne, le symptôme essentiel consiste dans la dysphagie, avec parfois, sensation de corps étranger. |

Dans certains cas, au cours d'efforts de vomissement, le polype vient se placer à l'entrée du pharynx, déterminant des phénomènes asphyxiques. Parfois même, il est projeté dans le pharynx, dans la bouche, et même à l'extérieur, comme dans le cas classique de Minski, dans lequel un polype à très long pédicule, inséré sous le cricoïde, était projeté hors de la bouche au cours d'efforts de vomissements. |

Les symptômes sont souvent intermittents et l’état général est habituellement moins gravement atteint que dans le cancer.

Le diagnostic repose sur un examen approfondi du malade. Très exceptionnellement, on peut par le palper du cou percevoir une tumeur assez volumineuse et assez dure. Le cathétérisme, la radioscopie, donnent des résultats variables et inconstants. |

Seule l’œsophagoscopie, et, dans les tumeurs haut placées, la laryngoscopie, peuvent donner un diagnostic précis, el permettre une biopsie. Toutefois, il est parfois difficile de voir le pédicule.

Le pronostic de ces tumeurs est bénin en lui-même, et il est avant tout

LES TUMEURS DE L'OÉSOPHAGE. Fasc. XIII. — 219

subordonné à la plus ou moins grande facilité de leur extirpation.

L'extirpalion est aisée dans le cas de polype à long pédicule qu’on peut saisir dans la bouche ou le pharynx : on peut alors pratiquer Ja section aux ciseaux courhes ou à l’anse galvanique du pédicule après ligature, ou même avoir recours à la torsion.

En cas de polype à pédicule court, l'æœsophagoscopie peut permettre l’extirpation,après section du pédicule, à l’aide d’une pince spéciale ou de l’anse galvanique.

Contre les productions verruqueuses, on peut avoir recours à l'application de topiques. |

Mais, en cas de tumeurs volumineuses, échappant à ces diverses interventions, ou après échec de celles-ci, il peut être nécessaire de recourir à des opérations plus sérieuses : gastrostomie pour les polypes bas situés, æsophagotomie externe cervicale pour aborder les polypes haut situés.

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