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IL — TUMEURS MALIGNES DE L'ŒSOPHAGE

Elles comprennent les tumeurs d’origine conjonctive, exceptionnelles, les sarcomes, dont nous ne dirons que quelques mots, et les tumeurs d’origine épithéliale, les carcinomes, type habituel. |

A. — SARCOME DE L ŒSOPHAGE.

Le sarcome de l'œsophage est une rareté, puisque von Hacker, en 1908, n'en pouvait réunir que 21 cas, dont 2 personnels ; Mohr, en 1918, parle de 30 cas. Il a été surtout signalé chez des hommes d’un certain âge.

Macroscopiquement, on peut distinguer, avec Sencert (1), une forme circonscrite, la plus fréquente, donnant des tumeurs polypiformes, sans tendance à la propagation et à la généralisation, et une forme diffuse, formant de vastes tumeurs ulcérées, envahissant les organes voisins et donnant naissance à des métastases nombreuses et rapides dans les ganglions, les os, les viscères.

Le sarcome se développe surtout à la partie inférieure de l'œsophage, parfois aussi à la bouche supérieure et au segment adjacent du pharynx (Chapman) ; il débute habituellement à la partie antérieure du conduit et ne forme que rarement un anneau complet, comme dans un cas de Rolleston, ce qui explique l'absence ou l’apparition tardive des phénomènes de sténose.

Parfois de faible volume (noisette, noix), la tumeur peut envahir parfois plus de 10 centimètres du conduit.

Née dans la sous-muqueuse, la tumeur se développe habituellement vers la lumière de l’æœsophage, refoulant la muqueuse et pouvant se pédiculiser ; la muqueuse peut rester intacte ou s’ulcérer ; la musculeuse peut être envahie par le sarcome. Dans un cas de Targett, la tumeur, étendue de la bifur-

(1) L. Sencerr, in Trailé médico-chirurgical des maladies de l’œsophage et de l'estomac, de MATHIEU, SENCERT, TUF#IER, Paris, 1913, p. 305.

R. BENSAUDE et L. RIVET.

cation de la trachée au cardia, avait, en un point, envahi la musculaire et perforé le canal.

Histologiquement, il s’agit habituellement de sarcomes globo ou tien cellulaires, parfois de type mixte (Chapman, Targett). A côté des, éléments en fuseau, il peut y avoir des cellules polymorphes (Gastpar).

Stéphan a trouvé, chez un enfant de 4 ans. un lympho-sarcome, qui s'expliquerait par la possibilité de formations adénoïdes au niveau de la muqueuse œsophagienne (Kundrat). On a signalé des mélano-sarcomes. Par contre, Decloux et Ribadeau-Dumas (1) font remarquer la grande rareté de la propagation à l’œsophage des sarcomes de voisinage (os hyoïde, ganglions médiastinaux).

La symptomatologie du sarcome de l’æœsophage est mal connue, et ne diffère pas sensiblement de celle d’un cancer bourgeonnant, bien que Starck ait insisté sur l'importance de douleurs spontanées, nocturnes, paroxystiques.

Peut-être pourrait-on songer au sarcome en constatant au cours du cathétérisme la mollesse de la tumeur, ou en présence d’une dysphagie moins fatalement progressive que dans le cancer...

En réalité, seul, l'examen histologique d’un fragment biopsique prélevé grâce à l’æœsophagoscopie peut donner le diagnostic, comme dans un cas de von Hacker, qui est le premier dans lequel le diagnostic ait été posé durant la vie et l’extirpation pratiquée.

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