‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 13 sur 195 · L. BABONNEIx el H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx el H. DARRÉ

leur de la bouche; abolition ou affaiblissement du goût; légère fétidité de l'haleine, surtout au réveil ; douleurs occasionnées par les mouvements de la langue, des lèvres, des mâchoires, gênant la phonation et surtout la mastication et la déglutition des aliments solides, irritants ou des liquides trop chauds ou trop froids (dysphagie buccale) ; troubles de la séerétion salivaire d’abord rare et visqueuse, puis abondante et irritante, pouvant amener à la longue, surtout chez l'enfant, de la rougeur de la peau des lèvres et du menton.

Les signes généraux, au contraire, sont nuls ou à peine marqués : inappétence, légers troubles digestifs, malaise, fatigue et parfois mouvement fébrile insignifiant.

On ne note habituellement pas de complications. L'évolution est variable suivant la durée de la maladie. Dans les formes aiguës, de beaucoup les plus communes, tout disparaît en 5 à 10 jours sans laisser de traces. Si la cause irritante persiste ou si l'affection n’est pas soignée, l’évolution subaiguë, procédant par poussées successives, dure plusieurs semaines. Très exceptionnellement, on observe des formes chroniques, qui pourraient aboutir à la leucoplasie buccale (plaques nacrées des fumeurs, plaques opalines des verriers); cette évolution ne saurait être admise sans réserves.

Formes cliniques. — Les stomatites catarrhales les plus fréquemment observées sont les slomaltites secondaires, qui seront étudiées plus loin, et les stomalites liées à l’évolution dentaire, qui sont décrites à part (voir page 53).

Quelques autres formes méritent une mention, La stomatite produite par l'ingestion d'un liquide brûlant se traduit par unerougeur diffuse, siégeant au borddeslèvres, sur la langue et à la voûte palatine, accompagnée d’une douleur cuisante au moindre contact des aliments et des boissons ; la sialorrhée est peu marquée ou absente. Mais ce qui la caractérise surtout, si l’action du corps chaud a été assez prolongée, c’est une tuméfaction œdémateuse souvent intense, pouvant causer l'impossibilité de la phonation et de la déglutition et surtout une gène respiratoire, accompagnée d'anxiété, accidents qui paraissent menaçants, mais s’atténuent généralement en quelques heures. Plus accentuée, la

brûlure buccale produit une nécrose limitée à l'épithélium ou atteignant toute

l'épaisseur de la muqueuse.

La stomatite des fumeurs se traduit par des plaques érythémateuses, fon-

cées, prédominant aux lèvres, à la langue, au voile du palais ; elle a une évo-= lution chronique ; les plaques deviennent à la longue opalines, puis opaques.

et d'aspect nacre, véritable leucoplasie buccale, traduisant l'hyperplasie qe l'épithélium et la sclérose du chorion, qui peut aboutir au cancer.

La stomatite des verriers (souffleurs de bouteilles), décrite par Guinaud, est une stomatite en plaques, bilatérale et symétrique, occupant la partie centrale des joues autour de l'orifice du canal de Sténon. Elle a une évolution chronique, absolument comparable à celle des fumeurs, et aboutit commeelle à la leucoplasie. Ces plaques se distinguent des plaques syphilitiques par leur symétrie et leur siège EEE (plaques opalines professionnelles de Guinaud).

LES STOMATITES. Fasc. XIII. — 13

Pronostic. — Le pronostic est presque toujours bénin. Toutefois, la sto matite catarrhale peut être le premier stade d'une stomatite plus grave; elle peut être, très exceptionnellement, le point de départ de complications locales, à distance, ou même septicémiques (Brissaud et Galippe).

Anatomie pathologique. — Les lésions sont minimes : congestion, œdème, diapédèse au niveau du chorion muqueux ; hypersécrétion muqueuse, dégénérescence granulo- -graisseuse des cellules superficielles au niveau de l’épithélium.

Traitement. — On pratiquera des lavages avec des solutions antiseptiques faibles (voir Généralités) et on touchera les plaques pultacées avec la glyctrine iodée, l’eau oxygénée pure. Dans les formes prolongées ou chroniques, on recommandera l'usage de l’eau de Saint-Christau. Enfin on fera procéder par le stomatologisie au détartrage des dents, à l’ablation des racines, au traitement des dents malades.

Il. — Stomatites pseudo-membraneuses.

On groupe, sous cetle dénomination, des infections buccales, de diverse nature, ayant toutes un symptôme fondamental commun: la présence sur certains points del: muqueuse buccale d’une fausse membrane fibrineuse.

La fausse membrane est une pellicule plus ou moins épaisse, blanchätre ou jaunâtre, de consistance ferme, extensive ou non, que caractérisent : Le son adhérence à la muqueuse, qui, après arrachement de l’exsudat, apparait soit saignante, soit ulcérée ; 2° sa cohérence, qui explique qu'elle ne se dissocie pas dans l’eau : 3° sa production rapide sur place, après qu'elle a été enlevée; 4° sa structure. essentiellement fibrineuse (fibrine fibrillaire et amorphe), avec des cellules épithéliales dégénérées, des leucocytes, des débris cellulaires etdes micro- es. C’est une réaction anatomique banale, en rapport avec une inflammalion assez intense pour amener la nécrose totale de l'épithélium, ce qui permet à la fibrine exsudée des vaisseaux du derme mis à nu de s’étaler en une n ppe continue et homogène, après coagulation.

Les stomatites pseudo-membraneuses comprennent :

4° La stomultilc diphtérique, infection spécifique due au bacille de Klebs Loeffler, presque toujours secondaire à une angine, rarement primitive, que nous n'avons pas à éludier ici (voir Diphtérie);

2 Les stomatites vésiculo-membraneuses, qui ne sont que secondairement pseudo-membraneuses, stomatite herpétique et stomalite aphteuse, que nous - étudierons plus loin (voir stomatites vésiculeuses).

3° Les stomatites diphtéroïdes, plus fréquentes que la stomatite diphtérique, caractérisées par la pr'sence sur une muqueuse rouge et tuméfiée d’exsudats pseudo-membraneux en placards disséminés, recouvrant des ulcérations ; ce sont, au sens littéral du mot, des stomatites ulcéro-membraneuses. Elles comprennen! plusieurs variélés : a) les stomaliles lraumaliques, consécutives à des brûlures ou à des cautérisations thérapeutiques trop violentes b) la stomatite pseudo-membraneuse, qui accompagne parfois les formes ma-

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