RECHERCHES COMPLÉMENTAIRES
Nous avons indiqué déjà que lorsque l’on envisage l'étude du contenu gastrique au point de vue du travail digestif, l'essentiel est de connaître la qualité de la sécrétion en ce qui concerne les éléments chlorés, la quantité de cette sécrétion, et enfin l’évolution du cycle chimique.
Mais il est des notions complémentaires que nous devons citer également, en essayant de préciser le degré d'intérêt qu'elles présentent.
Elles concernent :
1° La recherche, la différenciation et le dosage des acides organiques ;
2°-Le dosage des ferments digestifs ;
3° La recherche et le dosage des produits de digestion ou de transformation des albuminoïdes et des matières amylacées.
Nous n’en ferons qu'une très brève mention, étant donné que leur importance est en général secondaire (1).
Recherche des acides organiques.— Les acides organiques du contenu gastrique, acides que l’on ne rencontre en quantité notable qu'à l’état pathologique, sont : l'acide acétique; les acides gras, en particulier l'acide butyrique ; l'acide lactique.
A. acétique. — La présence d'acide acétique est facilement décelée par son odeur particulière.
A. butyrique. — 11 se reconnaît suffisamment, en général, à son odeur de beurre rance.
(1) Pour plus de détails, voir les Traités de chimie biologique.
A. lactique. — Pour rechercher cet acide,on emploie divers réactifs, parmi lesquels le réactif de Bourget, ainsi composé : |
Eau distillée®@# . ,:. . . . - , . 10 centimètres cubes Solution concentrée de perchlorure de TOTE NS EMP CN S PASCIE EE V gouttes.
Ce réactif est jaune clair. Il passe au jaune-serin sous l'influence de l'acide lactique, et n’est influencé ni par l'acide chlorhydrique, ni par l'acide butyrique; il ne peut donc donner lieu à aucune erreur d'interprétation (Voir planche:f; p. 392).
Qu'indique exactement cette réaction ?
Elle est positive non seulement en présence d'acide lactique, mais aussi de lactates. D'autre part elle sert à caractériser non seulement l’acide lactique, mais tous les acides-alcools en général. Mais comme, de ces derniers, l'acide lactique est le seul qui ait été rencontré dans le suc gastrique, son emploi est'suffisamment justifié.
D'autre part, malgré la présence d'acide lactique, la réaction peut être négative s’il y a un poids d'acide chlorhydrique six fois supérieur à celui de l'acide lactique. En cas de doute, on traite le liquide gastrique par l'éther qui s'empare de l'acide lactique,on décante,on évapore, et l’on fait agir le réactif à petite dose sur le résidu. On peut employer, pour cette recherche, une burette graduée qui porte deux traits marquant, l'inférieur 5 centimètres cubes, le supérieur 25 centimètres cubes. On verse le suc gastrique jusqu'au trait 5, de l'éther jusqu'au trait 25 ; on agite énergiquement, à plusieurs reprises, puis on laisse reposer ; en ouvrant le robinet, on laisse écouler le suc épuisé, on le remplace par de l’eau jusqu'au trait 25; on ajoute 2 gouttes de solution de perchlorure de fer au 1/10°, et l’on agite fortement. L'eau prend une coloration jaune vert.
Le dosage de l'acide lactique est rarement utile.
Renseignements fournis par la constatation des acides organiques. — Nous avons déjà indiqué que l'acide acétique est généralement associé à l’hyperpepsie et à l'hyperchlorhydrie.
Au contraire l'acide butyrique accompagne d'ordinaire l'hypopepsie et l'hypochlorhydrie. Il en est de même de l'acide lactique, qui coïncide en général avec l'hypochlorhydrie, et dont l'abondance est un argument important en faveur du diagnostic de cancer gastrique.
Recherche et dosage des diastases du suc gastrique. — Le suc gastrique renferme deux diastases, la pepsine et le labferment,
On a pu se demander s'il ne s’agirait pas d’une même diastase, qui aurait une action différente suivant la réaction du milieu. En réalité, il semble qu'il s’agit bien de deux diastases distinctes, et pratiquement il convient de les étudier isolément : un suc gastrique, en effet, peut être faiblement peptonisant et fortement caséifiant, et réciproquement.
On pourrait s'étonner, au premier abord, que nous parlions si tardivement de ces diastases, et penser que leur dosage est le moyen le plus direct et le
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plus sûr d'apprécier la valeur du suc gastrique, et de préciser le mode de fonctionnement d’un estomac.
En réalité, il n’en est rien. Le suc gastrique contient presque toujours une assez grande quantité de diastases, en particulier de pepsine, pour digérer les matières albuminoïdes..Les différences que l'on constate dans les variations du pouvoir peplonisant tiennent surtout aux variations de l'acidité. Telles sont les raisons pour lesquelles il est habituel de donner le pas aux recherches portant sur les éléments chlorés.
J. Winter fait remarquer qu'avec les sécrétions pures (gastérine de Frémont, sécrétion recueillie dans l'expérience du petitestomac de Pawlow, etc ), la recherche de l’activité peptique est intéressante. Par contre, quand on est placé dans les conditions cliniques, les seules qui doivent nous occuper ici, c'est-à-dire quand on étudie du suc gastrique obtenu à jeun ou après repas d'épreuve, et par suite dénaturé par la présence d'aliments en voie de transformation, les résultats sont de peu d'utilité.
« Dès 1890 j'avais, comme pour les éléments chlorés, tenté d'établir les variations générales de la pepsine pendant la digestion. Je n'y ai pas réussi. J'ai bien observé, quelquefois, de vagues corrélations entre l’activité de mes digestions artificielles et le taux de certains autres éléments (chlore organique notamment) ; mais ce furent là des exceptions. Mes résultats furent généralement d’une variabilité désespérante. Je n'ai pu les classer, et je crois qu'il ne sera pas aisé de le faire (1) ».
Différentes méthodes ont été préconisées pour le dosage de la pepsine, en particulier l'emploi de tubes de verre remplis d'albumine coagulée (fube de Mett).
Recherche et dosage des produits de digestion. — Les matières albuminoïdes étant digérées par le suc gastrique, il semble qu’en étudiant, dans un cas donné, le degré de digestion de ces matières, on devrait pouvoir apprécier par là même la valeur de la sécrétion, et le mode de fonctionnement de l'estomac. En réalité, ce renseignement est d’un intérêt limité. Il est utile cependant de rechercher les peptones: on les met en évidence par la réaction du biuret (voir Planche [, p. 399).