ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Le cancer de l'estomac est presque toujours primitif; le cancer secondaire est exceptionnel.
A. — Matomie pathologique macroscopique.
Les tumeurs néoplasiques de l'estomac revêtent des formes anatomiques très diverses, qui dépendent de conditions multiples : nature des lésions gastriques sur lesquelles s’est développé le cancer, importance de la réaction conjonctive entourant la prolifération épithéliale, et, plus encore, siège de la tumeur.
Aussi préférons-nous donner successivement la description anatomique de chacune des localisations du cancer de l'estomac, plutôt que d’en faire une étude d'ensemble, qui ne s'adapterait qu'imparfaitement aux faits que l’on a l'occasion d'observer le plus habituellement.
Sièges. — Tous les avis concordent pour établir l'extrème prépondérance de la localisation pylorique sur les autres sièges du cancer gastrique : dans 51 p. 100 des cas pour Lebert, dans 56 p. 100 des cas pour Mathieu et Moutier, dans les deux tiers des cas pour Welch le pylore est intéressé par le cancer. Ainsi se trouve vérifiée pour l'estomac la loi générale de localisation des cancers, qui, dans chaque viscère, se développent pour ainsi dire électivement aux points les plus irrités.
Description macroscopique des différentes localisations. — Le cancer du pylore étant le plus fréquent, c'est lui que nous étudierons tout d'abord; puis nous décrirons le cancer des faces et des courbures, celui du \ cardia, le cancer total, enfin les cancers multi-
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Cancer du pylore. — 7 | ” / Son aspect varie beau- M) : coup selon les cas. Il peut apparaître sur un Fig. 18. — Cancer en plaque du pylore, entraïnant ulcus en évolution, sur une sténose presque totale. un ulcus cicatrisé, ou en dehors de tout ulcus.
Mais surtout il peut, ou bien bourgeonner. en surface, ou bien s'étendre en profondeur par infiltration progressive de la paroi stomacale. D'où les divisions classiques en tumeurs et infiltrations cancéreuses (Hayem); ou en. cancer végélant, cancer infiltré et ulcéro-cancer (Mathieu). En outre, la tumeur peut être de consistance molle ou dure, elle peut subir des dégénéres-
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ÉPITHÉLIOMES ET CARCINOMES. Fasc. XIII. — 423
cences diverses, ce qui a permis de distinguer des cancers squirrheux, encéphaloïdes, colloïdes, hématodes.
En réalité, le type le plus fréquemment rencontré aux autopsies montre, associés dans des proportions différentes selon les cas, le bourgeonnement et l’infiltration cancéreuse, qui, beaucoup plus rarement, existent à l’état pur et isolé. D’ordinaire, à un stade précoce, comme le mettent en évidence les interventions chirurgicales, c’est l'épaississement et l’induration de la région pylorique qui constituent les premières modifications dues au cancer, déjà appréciables sur la face externe. Du côté dela muqueuse, on voit des bosselures irrégulières, rougeâtres ou blanchâtres, mais qui peuvent être extrêmement minimes.
Plus tardles lésions s'étendent à la fois vers l’intérieur de l'estomac et dans la paroi même de l'organe. |
L'orifice pylorique est alors rétréci, déformé le plus sou-
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