L. BABONNEIx et H. DARRÉ
Traitement. — La stomatite impétigineuse est le plus souvent évitable, si l’on traite avec soin les lésions cutanées de la face.
Une fois déclarée, elle sera combattue par des lavages antisepliques faibles (voir Généralités) et par des attouchements des plaques avec la glycérine iodée, l'eau oxygénée pure, le nitrate d'argent au 1/100 ou à 1/50, l'acide lactique au 17/3. |
f) Les stomaliles ulcéro-membraneuses sepliques, décrites par les anciens auteurs sous le terme impropre d’aphtes confluents, bien étudiées par Hutinel et ses élèves du Pasquier et Roger Voisin, sont dues le plus souvent au streptocoque. Fréquentes dans les hôpitaux d'enfants, elles frappent surtout les enfants de 15 mois à 3 ans, parfois primitives, mais le plus souvent secondaires à la coqueluche, à la rougeole, à la scarlatine, à la grippe, aux infections digestives. Elles débutent insidieusement, se caractérisent par des ulcéralions superficielles recouvertes d'un exsudat diphtéroïde blanc-grisâtre, très adhérent, de forme irrégulière, généralement très nombreuses et confluentes, envahissant simultanément ou successivement les différentes régions de la bouche et même les amygdales, s’accompagnant de tuméfaction des ganglions sous-maxillaires. Les signes fonclionnels sont peu marqués, sauf la salivation qui estabondante. Mais ce qui les imdividualise, c’est, avec le grand nombre et la confluence des ulcérations, l'extrême gravilé des phénomènes généraux : la fièvre n’est pas toujours très élevée, généralement cependant elle oscille entre 38 et 39 ou 40°, très irrégulière; mais l’enfant maigrit, se cachectise, présente de la diarrhée, des érythèmes infectieux polymorphes, des phénomènes méningés, de l’'albuminurie ; enfin apparaît une broncho-pneumonie terminale, parfois précédée de laryngite ulcéreuse et de spasme glottique. La mort survient en 8 à 15 jours, parfois même en 2 à 3 jours dans les formes suraiguës hyperthermiques (40-410). Exceptionnellement, elle peut guérir, l’enfant restant cachectisé pendant des semaines. Il s’agit, en somme, d’une infeclion buccale septique, véritable infection hospitalière hypervirulente, se traduisant anatomiquement par des lésions seplicémiques avec dégénérescence du foie (Nobécourt et Merklen) et des diverses glandes vasculaires sanguines (Hutinel, Ribadeau-Dumas et Harvier).