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III. — Stomatites vésiculeuses

Elles comprennent les stomatites dont l'élément éruptif est une vésicule ou une vésico-puslule, presque toujours éphémère, dont la paroi supérieure dis-. paraît vite par macération, tandis que la paroi inférieure se recouvre d'une mince /ausse membrane fibrineuse adhérente ; elles sont donc vésiculo-membraneuses, mais doivent être séparées des stomaliles pseudo-membraneuses en raison de leur lésion initiale très particulière, de leur évolution spéciale et surtout de leur nature spécifique ; elles paraissent, en effet, causées par des microbes appartenant au groupe des virus filtrants invisibles.

Si l’on met à part le zona buccal, qui n’est pas une stomatite, elles com prennent, indépendamment des stomatites de la varicelle et de la variole, stomatites secondaires étudiées plus loin, las{omalile herpétique et les stomalites aphteuses, dont nous allons donner la description.

LES STOMATITES. Fasc. XIII. — 17

Stomatite et angine herpétiques.

Nous réunissons dans un même chapitre la stomatite et l'angine herpétiques, qui coexistent souvent et qui sont les deux localisations les plus fréquentes d'une même infection spécifique, la fièvre herpétique.

ANGINE HERPÉTIQUE

Symptomatologie. — Nous prendrons comme type la forme la plus commune, l'angine herpétique ou couenneuse commune des anciens auteurs, entrevue par Bretonneau et Trousseau, bien individualisée par Gubler et merveilleusement décrite par Lasègue.

Le début est généralement brusque et solennel, rappelant celui de la pneumonie : frisson violent, courbature extrême, malaiseavec état nauséeux, langue sale avec anorexie et sécheresse de la bouche, facies vultueux avec injection oculaire. La température monte à 40 ou 41° ; le pouls est rapide, plein et résistant. Un signe très important et très cruel pour le maladé est [a céphalalgie, d’une intensité toute particulière, que Lasègue compare à celle des méningites aiguës, céphalée frontale ou diffuse, exagérée par la lumière, le bruit, le moindre mouvement ; elle s'accompagne parfois de sub-délire ou même de délire vrai, et de convulsions chez les jeunes enfants.

Ce début à grand fracas, tout à fait disproportionné avec la lésion à laquelle il doit aboutir, n’est pas constant. Souvent il est moins bruyant : frissonnements, courbature, céphalée modérée, quelques troubles digestifs, fièvre HO JD:

Les accidents généraux, qui existent seuls pendant cette première période, s’amendent au bout de 4 à 3 jours, en même temps qu'apparaissent les symptômes locaux et que sort l’éruption pharyngeée.

La gorge devient cuisante, et une dysphagie douloureuse extrêmement intense apparait. ;

L’éruption pharyngée passe par trois phases : érythémateuse, vésiculeuse, puis pseudo-membraneuse. ; :

Au début, la gorge est rouge et tuméfiée : sur les amygdales, les piliers, le voile du palais, apparaissent des taches rouges très foncées, arrondies ou ovalaires, légèrement saillantes, bosselant les amygdales. Puis se forment des vésicules, grosses comme un grain de chènevis, isolées ou agminées ; cette phase est très fugace et passe souvent inaperçue; la vésicule se rompt très rapidement et se recouvre d'un exsudat pseudo-membraneux, entouré d'un fin liséré rouge. L’aspect de la gorge est assez caractéristique : sur le fond rouge, on voit des fausses membranes blanches, opaques, multiples, les unes petites, régulièrement arrondies, les autres plus étendues, à contours irréguliers en apparence, en réalité limitées par des bords régulièrement polycycliques et microcycliques, les premières répondant à des vésicules isolées, les autres à la fusion de vésicules confluentes; fait capital, elles sont séparées les unes des autres par des intervalles plus ou moins étendus de muqueuse simplement

congestionnée, et surtout elles n’ont aucune tendance à s'étendre excentrique- LA \

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