TROISIÈME PARTIE
Si l’on considère, dans leur ensemble, les lésions de l'estomac entraînant une solution de continuité de l’une ou de plusieurs de ses tuniques, c'est-àdire les lésions caractérisées par des érosions, des ulcérations ou des plaies de cet organe, on constate qu'elles constituent un ensemble de faits très diftérents par leur étiologie, leur symptomatologie et le traitement qu'il convient de leur appliquer.
Mais ces faits peuvent être cependant groupés, et il est commode, pour en faire l'étude analytique, d'envisager tout d'abord la division que voici.
a) D'une part, les cas d’érosions ou d’ulcérations symptomatiques ou secondaires de l'estomac. Ce sont ceux dans lesquels la perte de substance relève d'une cause dont l’action est manifeste et directe, ou succède à une affection locale ou à une maladie générale indubitablement préexistante : quoi qu'il en soit, l'apparition de la lésion gastrique constitue soit une phase habituelle et pour ainsi dire normale au cours d’une maladie, soit une complication fréquente ou rare d'une autre aftection. Ce sont ces érosions et ulcérations secondaires ou symptomatiques que nous étudierons tout d'abord, et dont nous verrons les nombreuses variétés.
b) Mais, d'autre part, il est des cas dans lesquels l’ulcération gastrique est, ou tout au moins paraît être, idiopathique ou primitive, en ce sens que ni l'examen clinique le plus attentif, ni les essais thérapeutiques, ni les recherches anatomo-pathologiques les plus minutieuses ne permettent de la rattacher avec certitude à quelque autre maladie. Sans doute, dans ce cas, comme dans les précédents, l'ulcération n’est pas spontanée: elle a ses causes qui favorisent ou provoquent son apparition. Mais elle est une entité morbide, distincte et indépendante, semble-t-il, d’après les recherches faites jusqu'ici, - des autres affections gastriques ou des maladies générales : on peut donc parler d'ulcération primitive ou idiopathique de l'estomac. C’est cette forme, à l'exclusion des précédentes, qui constitue l'affection désignée sous les noms simplifiés d’ulcus, d'ulcère simple, d'ulcère gastrique ou d'ulcère de Cruveilhier.
Que l’un et l’autre groupe aient des points communs, que des formes in-
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