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L. BABONNEIx et H. DARRé

ment; elles sont très adhérentes à la muqueuse, et si on les enlève, on voit

qu'elles reposent sur une muqueuse saignante et superficiellement ulcérée. :

L'éruption sort le plus souvent en une seule fois, parfois cependant il y a deux ou même trois poussées. Le siège de prédilection est l'amygdale, oùelle est toujours prédominante: c'est là qu'on voit surtout les larges fausses mem branes à bords polycycliques; généralement bilatérale, elle peut être plus fournie d’un côté. L’éruption peut rester cantonnée aux amygdales ou envahir, mais beaucoup plus discrètement, les piliers, le voile et même la face postérieure du pharynx. pa Assez souvent elle s'accompagne de stomatite herpétile, et d'herpès labial, nasal, facial, auriculaire et même génital :

L'engorgement ganglionnaire manque souvent; généralement il est peu marqué, quoique assez douloureux, quand il existe. | L'évolution est rapide : vers le cinquième ou sixième jour, la fièvre cesse assez brusquement, en même temps que disparaît la dysphagie; les fausses membranes tombent, sans laisser de traces. Malgré son allure bruyante, l'an gine herpétique est remarquablement bénigne. Les complications sont très exceptionnelles.

À côté de cette forme aiguë classique, on décrit :

4° Une forme prolongée (Ruault), où l’éruption et la fièvre évoluent en #4 où 5 poussées d'intensité décroissante, séparées par des défervescences incomplètes, et qui peut durer 20 à 95 jours;

20 Une forme récidivante, survenant surtout chez la femme à chaque époque menstruelle (forme cataméniale de Bertholle), plus rare chez l’homme, à la suite d'abus de tabac et d’alcool ou chez des syphilitiques (herpès pharyngé récidivant des Allemands). Dans ces cas, les phénomènes généraux et fonctionnels sont très atténués, parfois nuls ; l’éruption, très discrète, se localise presque toujours au même foyer, souvent au pilier antérieur; les récidives, souvent périodiques, sont d’une ténacité désespérante. Cette forme est en tous points comparable aux herpès récidivants génitaux, cutanés.

Diagnostic. — Il doit être fait avec l'amyydalile aiguë cryptique, quitest” . pultacée et non pseudo-membraneuse, et surtout avec l’angine diphtérique, principalement avec la forme anormale à type herpétique, bien décrite Lin Dieulafoy (voir Diphtérie).

STOMATITÉ HERPÉTIQUE

Symptomatologie. — Elle est en tous points comparable à celle de l'an-

gine. Même début violent, avec frisson, fièvre vivè, phénomènes généraux alarmants, céphalalgie. Puis la bouche devient douloureuse, la salivation abondante, et au bout d'unà trois jours apparaissentaux commissures labiales, aux

gencives, aux joues, à la langue, à la voûte palatine, sur une muqueuse rouge et turgescente des vésicules d'herpès arrondies, transparentes, isolées

ou plus souvent groupées en bouquets confluents ; en quelques heures, elles

s’ulcerent et se couvrent d'un exsudat Don be aneux, opaque, blanc, à

contour arrondi ou polycyclique, se faisant souvent en plusieurs poussées.

LES STOMATITES. Fasc. XIII. — 19

Les ganglions sous-maxillaires sont un peu tuméfiés. Les signes fonctionnels sont souvent très marqués; les ulcérations herpétiques sont douloureuses. En deux à trois jours, la fièvre tombe; en huit à dix jours, la guérison est complète, Le pronostic est bénin; cependant chez les sujets infectés, au cours de la rougeole ou de la scarlatine, l'herpès peut se compliquer d’ulcérations profondes, voire même de gangrène.

Il existe aussi un herpès buccal récidivant, survenant chez les arthritiques et surtout chez les syphilitiques abusant du tabac et de l'alcool, dont la dentition est en mauvais état. Après une période de chaleur, de malaise local, l'éruption typique apparaît sans phénomènes généraux, répartie parfois sur toute la muqueuse buccale, mais portant surtout sur les points traumatisés en rapport avec les arcades dentaires, particulièrement la pointe et les bords de la langue. Extrêmement douloureuses, les érosions gucrissent en général en huit à dix jours, mais récidivent à intervalles souvent périodiques pendant des mois et des années.

Etiologie et pathogénie. — L'herpès bucco-pharyngé, exceptionnel avant deux ans, et chez les vieillards, frappe les enfants à partir de 4 à 5 ans, et surtout les adultes. Il est surtout fréquent chez la femme, lié à toutes les phases de la vie génitale, grossesse, lactation et surtout menstruation.

La cause occasionnelle la plus incontestable est le froid, le refroidissement

brusque ; elle est plus fréquente dans les saisons et. les climats froids et

humides : Lasègue en faisait justement un type de maladie a frigore.

Elle est contagieuse et même épidémique comme l’a signalé Trousseau, soit sous forme d'épidémies étendues, soit plutôt sous forme de petites épidémies de villages, de maisons, de familles.

Elle est généralement primitive ; cependant il n’est pas rare qu'elle apparaisse comme infection secondaire au cours ou au déclin d'une foule de maladies infectieuses, surtout des infections preumococciquis, méningococciques et

. paratyphiques (toxi-infections alimentaires); c'est surtout la stomatite sans angine qu'on observe en pareil cas.

Jusqu'en ces derniers temps, la nature de l’angine et de la stomatite herpétiques restait extrêmement discutée. Leur évolution clinique si particulière éveillait l’idée d’une infection spécifique, analogue aux fièvres éruplives. Quelques auteurs, comme Fernet, rapprochaient l'herpès de la pneumonie, en raison de l’évolution clinique de l’angire herpétique et de la fréquence de l'herpès labial dans la pneumonie. qu'ils considéraient comme l’herpès du pou-

mon. Cependant les données bactériologiques ne confirmaient pas ces con-

ceptions; on trouvait dans les vésicules des microbes banaux divers : pneumocoques,streptocoques, staphylocoques,et même bacilles diphtériques (Dieulafoy), méningocoques, etc... L’herpès paraissait donc être une banale réaction, causée par les germes les plus variés, ce qui était en complète opposition avec son évolution clinique si spéciale et son allure parfois épidémique. D'ailleurs, si cette étiologie microbienne banale était généralement acceptée

pour les. formes fébriles de l’herpès buceal, elle n’était pas admise pour les formes apyrétiques et pour les formes récidivantes, dont on soutenait l'ori-

gine trophoneurotique, hypothèse émise déjà par Gübler. Les formes apyré-

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