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ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

Les lésions anatomiques et histologiques que l’on rencontre au cours des gastrites ou dyspepsies sont des plus variées, de même que les anomalies de sécrétion et de fonctionnement de l'estomac. Le

Il convient cependant que nous en donnions une étude d'ensemble, qui ne pourra être d'ailleurs qu'un court résumé des nombreuses notions acquises jusqu'ici. Puis nous verrons les principaux types qu'il est possible d'individualiser.

1° Étude d'ensemble.

LA

Aspect macroscopique de l’estomac. — L'estomac vu en place, à l’ouverture de la cavité abdominale, peut occuper sa situation normale. Il est fréquemment dilaté ou ptosé. Sa surface externe est unie et libre, ou adhérente par périgastrite.

Surface interne. — La muqueuse, au lieu d'être chagrinée et finement granuleuse comme à l’état normal, est tantôt lisse et amincie par atrophie, tantôt au contraire soit mamelonnée, soit aréolaire. Elle peut être sillonrnée de nombreux plis, par hypertrophie de la tunique interne, ou par rétraction de tout l'organe chez les sujets inanitiés. Elle est pâle ou congestionnée.

Parois. — L'épaisseur des différentes tuniques varie généralement dans le même sens, la couche musculeuse s’hypertrophiant ou s’atrophiant simultanément avec la muqueuse épaissie ou amincie.

Lésions histologiques. — L'examen histologique doit porter sur les différentes tuniques, et, particulièrement, en ce qui concerne la muqueuse, sur les différentes régions de l'estomac. Il peut être rendu difficile par l’auto-digestion qui suit rapidement la mort.

Muqueuse. — La muqueuse présente des altérations de ses glandes, de son épithélium de surface et de son tissu interstitiel.

Les lésions glandulaires ont été l’objet de nombreuses recherches. En France, Hayem les a particulièrement étudiées.

Les glandes sont tantôt hypertrophiées par prolifération de leurs cellules, cellules principales et cellules de bordure, qui peuvent, en même temps quelle se multiplient, augmenter de volume avec division de leurs noyaux. Tantôt au contraire il y a dégénérescence des cellules par vacuolisation, nécrobiose ou plus rarement transformation graisseuse : il s’y associe une infiltration leucocytaire.

Ces altérations des glandes peptiques peuvent se retrouver au niveau dés glandes pyloriques. Mais il arrive d’autre part que ces dernières se trans-

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forment en glandes peptiques, à tel point qu'il est difficile de distinguer sur les coupes les diverses régions de l'estomac. On peut se demander d’ailleurs s'il ne s'agit pas en réalité dans ce cas, au lieu de transformation, d’une multiplication d'éléments préexistants : en effet, comme Hayem le fait remarquer, il existe à l’état normal une région intermédiaire où l’on trouve des tubes peptiques dans lesquels quelques cellules pyloriques sont parfois décelées,

L'appareil muqueux, épithélium de surface et goulot des glandes, peut être également atrophié, ou, au contraire, proliféré avec bourgeonnement des tubes et formation de tubes nouveaux.

Quant au tissu interstiliel, tantôt il est difficile d’en retrouver la trace, par le fait de la prolifération des glandes qui viennent au contact les unes des autres, tantôt au contraire il s’est développé aux dépens des glandes. Il peut présenter l'aspect du tissu de. sclérose, avec fibres nombreuses et serrées et rareté des éléments cellulaires. Ou bien ces derniers y sont nombreux, qu il s'agisse de multiplication sur place des cellules conjonctives, de migration de lymphocytes et de polynucléaires, et dans certains cas de globules rouges extravasés, Ces derniers contribuent peut-être à former les corps hyalins, masses volumineuses d’une substance vitreuse que l'on trouye parfois vers la surface.

Tuniques musculeuse et celluleuse. — Les deux tuniques externes de l'estomac montrent des lésions du tissu conjonctif du même ordre que celles que nous venons de décrire. Tantôt il est aminci, tantôt sclérosé, tantôt notablement hypertrophié, par augmentation à la fois des trousseaux fibreux et des éléments cellulaires.

| Quant aux lésions des faisceaux musculaires, si importantes par les con-

séquences cliniques qui en découlent, elles comprennent, d’après Hayem et Lion, les différentes variétés que voici : atrophie simple, par diminution à la fois du nombre et du volume des fibres ; myosite diffuse, avec atrophie et sectionnement des faisceaux, par le fait de la sclérose; hypertrophie, par augmentation du nombre et de l'épaisseur des fibres; enfin tuméfaction transparente et tuméfaction trouble par dégénérescence des éléments.

Les vaisseaux peuvent être dilatés, et les extravasions par AATAENCS capillaires ne sont pas rares. Ils sont ete sclérosés, thrombosés, à parois dégénérées.

Les altérations des ganglions nerveux et des. nerfs sont reconnaissables surtout dans la couche musculaire : elles sont interstitielles (infiltration embryonnaire) ou parenchymateuses (chromatolyse; vacuolisation, déformation et disparition du noyau).

Ces différentes lésions histologiques, d’aspects très différents, se groupent en un certain nombre de types que nous étudions plus loin.

Anomalies de la sécrétion. — Nous n'avons pas à revenir ici sur les modifications de la sécrétion constatées au cours des gastrites et des dyspepsies. Qu'il s'agisse de la qualité de la sécrétion ou de sa quantité, nous y trouvons toutes les anomalies que nous avons signalées dans l'étude d’ensemble que nous avons faite sur la méthode d'Hayem et Winter, et dans les chapitres qui la suivent.

LE Noir et AGASSE-LAFONT.

On y trouve tout ce qui concerne : les variations des éléments chlorés,

acide chlorhydrique libre (H), chlore combiné organique (C), chlore fixe (F), ti a EE TP REC SSE

chlore total (T); et leur rapport F> due l'on peut encore écrire F (voir p. 393).

On y verra également les notions accessoires concernant l'acidité totale, les acides organiques, les ferments (pepsine et présure), et le degré de transformation variable des albuminoïdes et des matières amylacées.

Anomalies de l'évacuation.— Dans les gastropathies qui nous occupent ici, quand elles sont, bien entendu, indépendantes de toute autre affection, cancer, ulcère, etc., le rythme de l'évacuation peut être normal. Il est le plus souvent soit accéléré, soit ralenti.

Mais il est à remarquer que ces anomalies n’atteignent jamais les limites extrèmes que l’on peut observer en pathologie gastrique.

L'évacuation peut être en effet prématurée, de telle sorte que les aliments ne font dans l'estomac qu'un séjour de courte durée. Mais on ne constate pas l'incontinence totale du pylore que nous avons décrite ailleurs (voir p. 662), et qui ne se produit que sous l'influence de causes différentes, linite plastique, adhérences, etc.

De même l'évacuation peut subir un retard notable, et il arrive que le matin, à jeun, 10 à 12 heures après l’ingestion des aliments, on relire de l'estomac, exceptionnellement d’ailleurs, un liquide de sécrétion avec quelques débris alimentaires. Mais ce n’est jamais la rétention complète, qui est toujours (sauf dans l'embarras gastrique aigu ou indigestion), sous la dépendance de lésions organiques graves et généralement localisées au pylore.

20 Les principaux types.

Les lésions anatomiques et histologiques que nous venons de résumer, de même que les anomalies physiologiques, se groupent de différentes et nombreuses façons. Mais on peut dégager un certain nombre de types principaux, qu'il est le plus habituel de rencontrer, et qui sont caractéristiques. L'intérêt de leur étude tient en particulier à un double fait. D’une part, ils répondent assez exactement à des syndromes cliniques, de telle sorte que les symptômes permettent en général de soupçonner le trouble fonctionnel et la nature histologique des lésions. D'autre part les constatations que l’on peut faire sur le vivant, en particulier par l'analyse de la sécrétion et l'étude de l’évacuation, autorisent à attribuer au fonctionnement défectueux de. l'estomac des phénomènes douloureux et des troubles divers, dont l'interprétation peut. au premier abord, paraître difficile.

Troubles fonctionnels, lésions et symptômes apparaissent brusquement et ontune marche aiguë, ou au contraire se développent d’une façon lente et progressive. D'ailleurs les accidents aigus peuvent être précédés d'une paiss chronique, insidieuse et latente, de même que des manifestations aiguës passent souvent à la chronicité.

Il est cependant utile de considîrer ces deux formes séparément.

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Gastrites et dyspepsies aiguës. — Sous la dénomination de gastrites aiguës on range parfois des lésions et des affections d’étiologie, de nature et de gravité très différentes. Il nous paraît préférable de donner à ce terme un sens plus restreint.

C'est ainsi que l’on décrit des. gastrites infectieuses aiguës, dont le type le plus net est représenté par le phlegmon circonscrit et par le phlegmon diffus de l'estomac, désignés alors sous les noms de gastrile phlegmoneuse circonscrite ou de gastrite phlegmoneuse diffuse.

Ce sont là des entités morbides très spéciales. Nous en avons fait ailleurs l'étude anatomique, bactériologique et clinique, aussi n’y reviendrons nous pas ICI.

Au même groupe des gastrites Infectieuses appartiennent les lésions dues aux microbes ou à leurs toxines, qui se montrent au cours soit d'infections générales, soit d'infections à point de départ primitivement extragastrique.

Elles sont accompagnées souvent de lésions érosives, ulcéreuses et hémorragiques, et présentent avec les précédentes des liens étroits : on les trouvera étudiées dans les deux chapitres sur les infections et les ulcérations de l’estomac.

De même Les gastriles aiguës toxiques [RUE Use D NRA MUMENSS

(A) on remarque la raréfaction des ou traumatiques, par ingeslion de COrps glandes et la prolifération du tissu brülants, caustiques ou corrosifs, se interstitiel. | montrent dans des circonstances si par- Le caractère subaigu de l'affecticulières, elles présentent des lésions, ROSE ur De F LADA AO

; s ; É male des éléments cellulaires dans une symptomatologie, une évolution si Je tissu interstitie (prolifération des spéciales, qu'il convient de les décrire cellules fixes et afflux de cellules à part : nous les avons étudiées avec les migratrices). autres affections ulcéreuses de l'estomac Do ne (voir p. 497).

Ces formes éliminées, l’inflammation aiguë de l'estomac est représentée uniquement par la gastrite irritalive simple ou catarrhale.

Elle est caractérisée anatomiquement par la tuméfaction et la congestion de la muqueuse, qui peut être couverte d’un exsudat muqueux ou muco-purulent plus ou moins abondant.

L'examen histologique montre la dilatation des capillaires et des petits vaisseaux. En outre, on constate la présence, dans le tissu”"conjonctif, de traînées et d’amas d'éléments migrateurs, surtout de lymphocytes, avec association fréquente de mononucléaires et de polynucléaires. Ces éléments ne sont pas disséminés au hasard, mais contenus, comme Hayem l’a mis en évidence, dans un réseau lymphatique distendu. Il s’agit donc d’une véritable

en

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