‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 184 sur 195 · IL — ESTOMAC ET SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

IL — ESTOMAC ET SYSTÈME NERVEUX

L'existence de liens étroits entre les différents appareils a pour conséquence que toute affection, même localisée à un seul organe, retenti d’une façon plus ou moins profonde sur l'état général,

Il en est ainsi déjà des affections aiguës ; et plus encore des affections chroniques, dont la symptomatologie perd en général de son acuité pour gagner en étendue. £

Mais, de tous les appareils, celui qui présente les connexions les plus intimes avec les autres est de toute évidence le système nerveux. En ce qui concerne en particulier l'estomac, les centres nerveux avertis, grâce aux filets sensitifs, de son mode de fonctionnement, et plus ou moins vivement impressionnés par ses anomalies, réagissent par les voies motrices, sécrétoires et trophiques, pour essayer d'en modifier comme il convient la nutrition, la sécrétion et l'évacuation.

Il en résulte que les gastropathies primitives présentent toujours dans leur symptomatologie quelques manifestations nerveuses périphériques ou centrales. Mais ces manifestations sont suivant les circonstances ou tout à fait secondaires, où au contraire de premier plan, telles que les crises gastralgiques de l’ulcus, la tétanie de certains cas de sténose, le coma qui peut interrompre brusquement l'évolution chronique d'une dyspepsie ou d’un cancer.

De même, et en sens inverse, les maladies nerveuses retentissent le plus souvent sur l'appareil digestif, et parfois avec une force telle qu'une erreur de diagnostic est facilement commise : les vomissements et la constipation des tumeurs cérébrales et des méningites sont parfois attribués tout d’abord à une affection gastro-intestinale; et de même certains tabétiques en état de crise gastrique ont pu être opérés, si grande est l’analogie, par le fait d’un. diagnostic erroné qui a fait croire à wne sténose du pylore.

Dans les exemples que nous venons de citer, aucun doute, aucune discussion n'est possible sur la nature des relations entre les troubles gastriques et nerveux : dans le deuxième groupe de faits, c’est manifestement l'affection nerveuse qui est primitive, et dans le premier la gastropathie.

Mais entre les gastropathes avérés et les nerveux typiques, unissant les uns aux autres par une chaîne ininterrompue dans laquelle tous les intermédiaires sont rencontrés, il existe toute une catégorie de malades de classification difficile ou impossible. Ils ont des troubles gastriques accentués, des troubles nerveux importants, mais ils ne présentent aucune preuve indubitable

ESTOMAC ET SYSTÈME NERVEUX. Fasc. XIII. — 133

de la préexistence soit d’une affection gastrique classée, soit d’une lésion du système nerveux. Le spécialiste d’affections digestives peut les revendiquer comme siens. Mais le neuropathologiste trouve de bonnes raisons pour réclamer le même droit.

Nous aurons donc, dans cette étude d'ensemble sur les associations pathologiques nerveuses et gastriques, à envisager successivement :

A) Les troubles gastriques manifestement secondaires aux affections nerveuses ;

B) Les troubles nerveux manifestement secondaires aux affections gastriques ; |

C) Les syndromes d'associations complexes et d'interprétation difficile, généralement désignés sous le nom de gastro-névroses.

Page 1