L. BABONNEIx et H, DARRÉ
gion d'homme à homme, due sans doute à un virus spécifique différent de celui des bovidés : l’une est la forme légère, l'autre la forme sévère d’une même maladie infectieuse, la fièvre aphteuse humaine, très comparable à la fièvre herpétique, mais due à un virus particulier. Il faut attendre de nouvelles recherches microbiologiques, avant d'admettre le bien-fondé de cette hyÿpothèse, qui seule nous semble pouvoir expliquer d’une façon satisfaisante les faits cliniques journellement observés.
Traitement. — Indépendamment des lavages antiseptiques faibles, des collutoires boratés ou cocaïnés pour calmer les douleurs, on aura recours au salicylate de soude, en potions, en SRE AReE et surtout en attouchements sur les ulcérations (solution concentrée à 20 p. 100, appliquée 5 à 6 fois par jour) ; comme l’a montré Ed. Hirtz, c'est le meilleur agent thérapeutique, il semble avoir dans cette stomatite une action particulière qui ne se retrouve pas dans.les autres infections buccales, et qui est en quelque sorte spécifique.
Pour éviter la transmission à l’homme de la fièvre aphteuse des bovidés, il suffit d’avoir recours à la pasteurisation du lait à 85°; à cette température le virus est détruit.
Diagnostic des stomatites pseudo-membraneuses. — En présence d’une stomatite blanche, il faut d’abord éliminer la stomatite du muguet, caractérisée par un enduit crémeux, sans consistance, assez facile à détacher. de la muqueuse qui n’est pas ulcérée, et constitué essentiellement au point. de vue microscopique par des amas de filaments mycéliens et de levures pathognomoniques. La s{omatite pultacée se reconnaît facilement, l'exsudat jaunâtre, peu cohérent, s’enlevant avec une extrême facilité et se dissociant dans l’eau. |
La stomatite pseudo-membraneuse reconnue, il faut avant tout rechercher st elle est diphiérique ou non. La stomatite diphtérique est presque toujours associée à l’angine diphtérique ou au croup ; la diphtérie buccale primitive rappelle beaucoup la stomatite impétigineuse ; mais les fausses membranes diphtériques sont caractérisées par leur tendance extensive qui manque dans l'impétigo. Quoi qu'il en soit, on doit toujours pratiquer l'examen bactériologique (frottis et surtout cultures sur sérum), qui permettra de distinguer la stomalite diphtérique des stomatiles diphtéroïdes étudiées plus haut, ainsi que des stomatites herpétiques et aphteuses confluentes. |
Quant au diagnostic des diverses stomatites diphtéroïdes entre elles, il sera basé sur l'étiologie, les symptômes généraux concomitants, les autres localisations de l'infection (impétigo de la face dans la stomatite impétigineuse). I faudra toujours éliminer les plaques muqueuses diphtéroïdes de la Syphilis buccale (voir Syphilis bucco-pharyngée). |
S'il est généralement facile de distinguer les stomatites herpéliques et aphleuses des autres stomatites blanches, il n’est pas aisé de les différencier ; certains auteurs, comme Comby et Leroux, les considèrent comme éniques Cependant les aphtes sont caractérisés par des vésicules plus larges, de coloration plus jaune, irrégulièrement distribuées et jamais réunies
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en bouquets,comine celles de l’herpès ; elles font défaut à la face cutanée des lèvres et aux commissures,-siège fréquent de l’herpès ; elles donnent lieu à des ulcérations plus profondes et plus rebelles que les ulcérations herpétiques ; enfin la stomatite herpétique est inoculable à la cornée du lapin. Ces deux stomatites, mais surtout l’aphteuse, ne seront pas confondues avec la stomatite varicelleuse, stomatite aphtoïde (Comby), accompagnée ou suivie de l’érup- : tion culanée caractéristique.
IV, — Stomatites ulcéreuses.
Presque toutes les stomatiles peuvent, à un moment de leur évolution, se compliquer d'ulcérations. Mais il est classique de réserver le nom de stomalites ulcéreuses à celles dont l’ulcération de la muqueuse est le symptôme fondamental. succédant immédiatement à la mortification du derme muqueux, Sans avoir été précédé d'aucune autre lésion buccale ; les germes qui les causent produisent d'emblée la nécrose dela plus grande partie ou de la totalité du derme muqueux, dont la chute rapide détermine l'apparition, d'une ultération ; ce sont des infections nécrosantes d'emblée, et le terme de stomatiles nécrotiques est celui qui leur convient le mieux au point de vue . pathogénique, celui de stomalules ulcéreuses étant d'ailleurs plus expressif au point de vue clinique.
Ainsi comprises, les stomatites ulcéreuses primitives sont décrites dansun même chapitre, sous le nom d’ailleurs impropre de stomatite ulcéro-membraneuse. Les uns en font une maladie spécifique, les autres, une affection, un syndrome anatomo-clinique, pouvant relever de causes multiples.
Stomatite ulcéro-membraneuse.
Symptomatologie. — Le début se fait par des troubles locaux: sensation de chaleur et de douleur au niveau de la bouche. Exceptionnellement, on observe pendant un ou deux jours quelques signes prodromiques, très atténués : malaise, courbature, léger mouvement fébrile.
Les symplômes locaux sont de beaucoup les plus importants, Les deux symptômes capitaux, vraiment caractéristiques, sont les ulcérations et la fétidité spéciale de l’haleine.
Si l’on examine la bouche dès le début de la maladie, on constate parfois une rougeur diffuse, limitée à un côté de la bouche, prédominante aux gencives ; mais dans la presque totalité des cas, les lésions inflammatoires sont strictement localisées en certains points de la cavité buccale, ceux où apparaîtront plus tard les ulcérations.
En ces points, on voit d’abord une plaque jaune, bien décrite par Bergeron, prise à tort par Caffard pour une vésico-pustule, qui représente la partie superficielle de la muqueuse nécrosée ; elle tombe vite et en vingtquatre heures, l’ulcération est constituée. Aussi est-elle presque toujours déjà formée, quand on examine le malade pour la première fois.
D'abord limitée et superficielle, l’ulcération s'étend en surface et en pro-