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V. — Stomatites gangreneuses

Définition. — La slomatite gangreneuse ou noma est une infection buccale, caractérisée par la nécrose avec transformation putride des tissus, l’extension rapide des lésions, l'extrême gravité des phénomènes généraux, due à l’action des germes anaérobies pathogènes.

Étiologie. — Elle atteint presque exclusivement les enfants de 3 à 5 ans, exceptionnellement les adultes et les vieillards, | Très rarement, elle complique une stomatite grave : stomatite ulcéro-mem- - braneuse ou surtout stomatite mercurielle. Dans la très grande majorité des cas, elle survient au cours ou à la suite des maladies infectieuses, presque toujours de la rougeole, plus rarement de la diphtérie, la fièvre typhoïde, les affections intestinales ou broncho-pulmonaires graves. A la débilitation générale, Sajoule presque toujours une cause locale : érosions buccales, stomatites érosives ou ulcéreuses, toujours redoutables dans les grandes infections, surtout dans la rougeole.

Elle est d'ailleurs très rare aujourd'hui; elle ne frappe guère que les enfants misérables, mal nourris, profondément débilités, dont la bouche esten mauvais état. Fréquente autrefois dans les hôpitaux d'enfants encombrés et mal tenus, où elle sévissait épidémiquement, elle est devenue exceptionnelle depuis l’application des méthodes antiseptiques, si bien que sa contagiosité, pourtant indiscutable, a pu êlre mise en doute (Weill).

Le froid etl’humidité favoriseraient le noma, qui était endémique autrefois en Suëde et en Norvège.

Bactériologie. — Elle n'est pas encore bien établie. On trouve toujours dans les lésions de nombreux microbes : streptocoques, staphylocoques, proteus, etc..…, quelques-uns décrits même à tort comme spécifiques : bacille de Schimelbusch, Bacillum stomato-fetidum de Fischer. Ce sont des germes d'infection secondaire, ou les microbes qui ont causé la lésion buccale primitive, porte d'entrée de la gangrène.

La cause efficiente doit être cherché dans le groupe des microbes anaérobies, comme pour toutes les infections putrides.

On a trouvé des anaérobies, appartenant à diverses espèces isolées ou associées : Bacillus ramosus (Costes, Gaillard et Francillon, Moizard et Carrière- Montjosieu), le plus fréquemment rencontré, Bacillus fragilis, etc. Schmorl incrimina un anaérobie particulier, le Cladothryx cunicult.

Plus récemment, on a soutenu que la symbiose fuso-spirillaire de Vincent, dont le bacille fusiforme est, on le sait, un anaérobie strict, serait la cause la

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