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I. —— Stomatites survenant au cours des infections

Les plus importantes accompagnent les fièvres éruptives. D'autres sont la conséquence d'infections diverses, dont nous ne signalerons que les plus communes.

Stomatites de la rougeole.

Il faut distinguer la- stomatite-symptôme, énanthème buccal morbilleux, de haute valeur diagnostique, et les stomatites complications, inconstantes et dues à des infections secondaires par auto- ou hétéro-infection.

L'énanthème buccal morbilleux est caractérisé par l'association de pts symptômes :

1° Le pointillé du voile du palais, bien décrit par Sevestré, constitué par de petites taches rouges séparées par des intervalles de muqueuse ae © vérilableéruption morbilleuse du voile; |

2° La stomatite érythémato-pultacée de Comby, caractérisée par la rougeur diffuse et le gonflement de la muqueuse buccale, surtout au niveau dés'gencives, où se voient par places des exsudats pullacés, opalins ou blanchâtres ; elle manque dans la rubéole et les érythèmes morbilliformes.

3° Les taches de Koplik, caractérisées par leur couleur blanc-bleuâtre ou opaline, leurs dimensions variant d'une pointe d'épingle à une tête d'épingle, leur adhérence à la muqueuse dont on ne peut les détacher, leur siège à la face interne des joues, assez fréquemment aussi à la face interne dés lèvres, plus rarement à la face externe des gencives ; tantôt peu nombreuses (10 à 20), tantôt extrêmement nombreuses, elles apparaissent le 2° ou le 3° jour dela maladie, 2 ou 3 jours avant l’éruption, et disparaissent le premier où le se-

LES STOMATITES. Fasc. XIII. — 31

cond jour après l'apparition de celle-ci ; ce signe très fréquent, mais non constant, est précoce et pathognomonique de la rougeole.

L'énanthème buccal apparaît peu après l'énanthème des voies respiratoires (nez, larynx, bronches) et de la conjonctive; ilappartient à la période d'invasion de la rougeole et précède l’'éxanthème de 3 ou 4 jours. Sa valeur diagnostique est considérable.

Les complications buccales par infection secondaire observées au coursou dans la conyalescence de la rougeole sont la stomatite diphtéroïde ou impétigineuse, plus rarement la stomatite ulcéreuse et exceptionnellement aujourd'hui la stomatite gangreneuse ou noma (voir p. 33).

Stomatites de la scarlatine.

Moins important que l’énanthème pharyngé, l’énanthème buccal de la scarlatine n’en a pas moins un très grand intérêt en raison de sa haute valeur diagnostique... C'est une véritable « scarlatine de la bouche », dont les phases évolutives, calquées sur celles de l'exanthème, sont en avance sur ces dernières d'une période : à la période d’invasion, se fait l’éruption buccale, à la période d’éruption, apparaît la desquamation de la bouche. Étendue le plus souvent à toute la muqueuse buccale, elle prédomine toujours à la langue, qui est seule intéressée dans les formes légères.

À la période d'invasion, quelques heures après le début brutal de la scarlatine, en même temps que l’'énanthème pharyngé, apparaît l’énanthème büccal, caractérisé par la rougeur uniforme, tantôt légère, tantôt intense, couleur vermillon, de la muqueuse buccale surtout au niveau de la face interne des joues et des gencives légèrement tuméfiées, tandis que la langue apparaît blanche, rouge à la pointe et sur les bords. Jamais on ne voit les taches pultacées, si fréquentes dans la rougeole, ni les taches de Koplik.

À la période d’éruption, la muqueuse desquame surtout au niveau de la langue, qui devient caractéristique. Parfois, dès le 2° jour, mais surtout à partir du 3° jour, la langue desquame régulièrement et progressivement de la pointe vers la base, sans laisser d'ilots, avec un bord sinueux 'au niveau de la zone de desquamation; la desquamation est complète le 5° et surtout le 6e jour de la maladie et la langue apparaît rouge vif, avec une surface lisse vernissée sur laquelle font saillie les papilles linguales qui lui donnent l'aspect framboisé (langue framboisée). Dans les formes légères, la desquamation se limite à la pointe ; dans les formes intenses, elle intéresse toute la langue et toute la muqueuse buccale, qui apparaît rouge, lisse et vernissée surtout à la face interne des joues, déterminant dans ces cas une sensation pénible d'empâtement et de sécheresse, mais sans douleur. Vers le dixième jour, J'épithélium se reforme et la bouche reprend son aspect normal, alors que la

desquamation cutanée commence à peine.

Dans les formes malignes, on peut voir en même lemps que les angines -nécrotiques des stomatites nécrotiques, siégeant à la face dorsale de la langue : et: plus rarement à la face interne des joues, sous forme de plaques de nécrose jaune-vrisâtres, tranchant sur la rougeur framboisée avoisinante, et plus rarement d’ulcérations térébrantes assez profondes qui se réparent sans laisser de

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