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L. BABONNEIx et H. DARRÉ

traces, si le malade résiste à l'infection. Très exceptionnellement, elles peuvent devenir le point de départ d’une infection gangreneuse de la bouche.

Stomatite de la rubéole.

Elle manque ou se réduit à une légère rougeur de la muqueuse buccale et une teinte rosée diffuse du voile du palais, qui ne précède pas l’énanthème, mais l'accompagne ou même le suit. Il n’y a ni stomatite érythémato-pultacée, ni signe de Koplik, ni desquamation linguale.

Stomatite de la varicelle.

L'énanthème buccal est caractérisé par des vésicules éphémères, qui font place rapidement à de petites érosions régulièrement arrondies, ayant les dimensions des bulles cutanées, à fond blanc-jaunâtre, tapissé par une mince fausse membrane, entourées d’une collerette rosée. Elles siègent sur le voile du palais, la face interne des joues, apparaissant dès le premier jour de l'éruption et parfois même avant elle. Généralement très peu nombreuses, elles ne déterminent aucun trouble fonctionnel; il faut les rechercher, car dans les cas où l'éruption cutanée, plus ou moins infectée, n'est pas caractéristique, la constatation de l’'énanthème buccal prend une grande valeur diagnostique. |

Dans certains cas, l’'énanthème buccal tient la première place dans le tableau clinique : ulcérations très nombreuses, avec rougeur, gonflement, exsudats pultacés de toute la muqueuse, déterminant de l’anorexie, des douleurs, des troubles de la mastication et de la déglutition (stomatite varicelleuse de Comby). Habituellement bénigne et peu durable, elle peut chez les débilités, par infection secondaire, devenir ulcéreuse ou même exceptionnellément gangreneuse.

Stomatite de la variole.

L'énanthème buccal apparaît en même temps que l’éruption cutanée. Les éléments, d’abord maculeux, deviennent vite papuleux, puis vésiculeux ; les vésicules se rompent très vite et laissent place à une érosion arrondie, recouverte bientôt d’une fausse membrane, entourée d'une muqueuse rouge et tuméfiée ; souvent toute la cavité buccale est le siège d’une stomatite érythémato-pultacée.

Dans la variole discrète, l'énanthème apparaît le 4° jour, est généralement formé d’un petit nombre d'éléments et passe presque inaperçu. |

Dans la variole confluente au contraire, les éléments qui apparaissent dès le 3° jour sont extrêmement nombreux; bientôt toute la muqueuse est rouge, tuméfiée, tapissée d’une fausse membrane foncée, où s'ouvrent les vésicules ; la langue est augmentée de volume, couverte d'un enduit saburral et limoneux, assez épais pour masquer les boutons ; la douleur, la salivation, la dysphagie sont extrêmement marquées. Ces lésions peuvent se réparer lentement, mais sont souvent la porte d'entrée d'infections secondaires redou-

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tables déterminant des stomatites phlegmoneuses (abcès de la langue) ou gangreneuses, des parotidites suppurées ou non, et surtout des infections broncho-pulmonaires, des septicémies ou des pyohémies dues presque toujours au streptocoque.

Dans la variole hémorragique, on voit sur le voile ou sur un autre point de la muqueuse des ecchymoses, des hématomes et l'on observe avec une grande fréquence des hémorragies gingivales, linguales.

Stomatite des oreillons.

Elle est généralement très légère etinconstante, manquant au moins une fois sur trois. Caractérisée par une légère rougeur et un peu de tuméfaction de la face interne des joues, au voisinage des dernières grosses molaires, plus rarement de la voûte palatine, elle est surtout marquée autour de l'orifice du canal de Sténon, qui est rouge vif, tuméfié, parfois saillant et induré (Guéneau de Mussy, Catrin, Sicard et Dopter); dans les cas douteux, elle peut aider au diagnostic des oreillons.

Stomatite de la coqueluche.

Dans près de la moitié des cas, vers le troisième septénaire de la maladie, on voit apparaître au niveau du frein de la langue une rougeur à laquelle succède une ulcération superficielle, ovalaire, à bords irréguliers, à fond couvert d'un enduit grisàtre diphtéroïde, très adhérent, peu douloureux et sans tendance à l'extension, exceptionnellement assez profonde pour mettre à nu le muscle lingual (Bouchut); elle disparaît quand les quintes diminuent.

Considérée d’abord comme une lésion spécifique (Delthil), elle n'est en réalité qu'un ulcère mécanique, due à la projection de la langue contre les incisives médianes inférieures pendant les quintes.

Elle ne s’observe guère que dans la coqueluche; aussi sa valeur diagnostique est grande.

Stomatite de l’érysipèle.

Elle ést exceptionnelle, secondaire à un érysipèle de la face ou du pharynx. Elle occupe la face interne des joues ou plus rarement la langue, où la mu- . queuse est rouge sombre, vernissée, sèche, tuméfiée et œdémateuse, parfois couverte de phlyctènes qui se rompent, laissant des ulcérations tapissées de fausses membranes. Les ganglions sous-maxillaires sont tuméfiés. Elle est extrèmement douloureuse, mais disparaît rapidement en 4 ou 5 jours (Fernet).

Stomatite gonococcique.

Très rare, elle peut s’observer chez le nouveau-né, contaminé dans la traversée des voies génitales maternelles, ou chez l'adulte, résultant du coït ab ore ou d'une contamination accidentelle par Le pus uréthral. C’est une stomalite in-

à L. BABoNNEIx et H. DARRÉ.

tense et généralisée, avec érosions recouvertes de fausses membranes;{guérissant en 8 à {0 jours. Elle est due au gonocoque seul, ou parfois associé:à Ja symbiose fuso-spirillaire de Vincent.

Stomatite de la sprue.

La sprue ou diarrhée de Cochinchine, dont le parasite est inconnu, compte parmi ses symptômes fondamentaux une stomalite très particulière caracté-

risée par de petites vésicules, grosses comme une tête d'épingle, qui font place :

rapidement à des érosions assez superficielles, à fond blanc-jaunâtre, saignant facilement ; elles disparaissent lentement sans laisser de cicatrices. Ces éléments, extrêmement nombreux, siègent avec prédilection sur la langue, au niveau des bords, de la pointe et du frein. Ils sont extrêmement douloureux, gênent l'alimentation et contribuent avec les troubles digestifs à affaiblir le malade. En dehors d’eux, le reste de la muqueuse buccale est normal ; il n’y a pas de réaction ganglionnaire. L'évolution est particulière, se faisant par poussées successives plus ou moins prolongées, avec des accalmies plus ou moins longues. Elle simule la stomatite aphteuse, mais s’en distingue par les moindres dimensions des vésicules, leur nombre beaucoup plusgrand, la plus longue durée des poussées et surtout l'association avec les signés gastro-intestinaux caractéristiques. Le traitement consiste surtout en attouChements répétés au bleu de méthylène.

Stomatite de la leucémie aiguë.

Elle est fréquente, existant dans 70 p. 100 des cas, et très souvent précoce,

coïncidant ou non avec une angine (forme bucco-pharyngée de Gilbert et Weil). C'est souvent le premier signe qui amène le malade à consulterle médecin. Elle est un peu douloureuse et gêne la mastication et la déglutition.

Elle prédomine au niveau des gencives, qui sont tuméfiées, vernissées, d'un.

rose pâle, avec parfois des dépôts pultacés ; bientôt elles se ramollissent, deviennent fongueuses, se décollent au niveau de leur bord, où se fait un suintement sanguin continu, qui se coagule sur les dents et les gencives en un enduit félide de teinte chocolat. Plus marquée, la gingivite devient ulcéreuse ;

au niveau du bord des gencives, on voit des plaques de sphacèle gris-noirâtre

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