AFFECTIONS DES LÈVRES
La plupart de ces affections sont décrites dans les traités de chirurgie-et de dermatologie. La tuberculose et la syphilis seront étudiées ailleurs. Nous étudierons seulement ici la perlèche.
Perlèche.
La perlèche, pourlèche ou bridou, décrite par Fleuriste en 1886, est une affection de la commissure des lèvres, presque toujours bilatérale, caractérisée par une petite plaque blanchätre et plissée, formée par l'épiderme de la commissure soulevé, macéré, un peu épaissi, au-dessous duquel le derme est rouge et un peu enflammé. La lésion s'étend également sur la lèvre supérieure et sur la lèvre inférieure, débordant l'angle commissural de 2 à 5 millimètres. Assez souvent, il existe au niveau du sillon commissural une ou plusieurs fissures, qui déterminent d’assez vives douleurs et un léger suintement sanguin quand le malade ouvre largement la bouche. Il n’y a pas d’adénopathie. L’affection ne détermine qu'un peu de gêne ou de cuisson, qui porte le malade à se pourlécher les lèvres (d'où le nom de la maladie). Elle est bénigneet guérit en 2 ou 3 semaines, mais elle récidive souvent, si bien que chez certains sujets, elle persiste pendant des mois, si elle n’est pas soignée.
Bien qu’on puisse l’observer à tout âge, elle atteint surtout les enfants après deux ans. Elle est extrémement contagieuse, soit par contagion directe (baisers), soit par contagion indirecte (verres à boire, porte-plumes, crayons passés de bouche en bouche, etc.). Elle réalise souvent de petites épidémies de famille, d'école, de salle d'hôpital.
C'est une maladie microbienne : pour Lemaistre, elle est due à un streptocoque Spécial (Streptococcus plicatilis); pour Sabouraud et la plupart des auteurs, au streptocoque banal de l’impétigo ; ce serait un impétigo commissural. Cependant, si elle peut coïncider avec l’impétigo externe ou buccal, elle est, le plus souvent, primitive et absolument isolée de toute autre lésion impétigineuse ; son aspect est spécial; elle se transmet toujours sous la même forme ; étiologiquement et cliniquement, elle apparaît comme une affection bien spéciale; aussi est-on en droit de se demander si les microbes trouvés ne sont pas des germes accidentels, et s’il ne s’agit pas d'une maladie spéci- Jique dont le germe n’est pas connu.
Le diagnostic est facile avec l’herpès labial, affection vésiculeuse, peu contagieuse. 11 est souvent difficile avec la plaque muqueuse syphilitique ; objectivement, l'aspect est souvent identique ; mais dans la syphilis secondaire, il existe presque toujours d’autres accidents muqueux ou cutanés ; en cas de . doute, la recherche des tréponèmes et l'épreuve du traitement s'imposent.
Le traitement doit être prophylactique (isolement des enfants attéints, désinfection par ébullition des verres, couverts, etc.). Le traitement curatif consiste en attouchements à l’eau oxygénée, à la teinture d’iode, au nitrate d' argent à 1 p. 100 et en applications de pommade à l’oxyde de zinc.
Nous ne décrirons dans ce chapitre que les affections appartenant au domaine de la pathologie médicale. Les unes sont communes à la langue et à la . muqueuse buccale; nous les avons décrites avec les stomatites; les autres sont localisées ou du moins prédominantes à la langue; ce sont celles-là seules que nous envisagerons ici,
GLOSSITES
On divise généralement les glossites en superficielles et profondes, les unes et les autres pouvant être aiguës ou chroniques. Les glossites profondes aiguës (phleemoneuses) ou chroniques (ulcères dentaires) sont décrites dans les traités de chirurgie. Les glossiles superficielles seules nous intéressent : les formes aiguës appartiennent à l’histoire des stomatites (herpès, aphte, etc. ); nous devons, au contraire, insister sur les formes chroniques et nous décrirons succèssivement la glossite superficielle chronique des arthritiques et des dyspeptiques (langue lisse), la langue noire, la glossite exfoliatrice marginée, la leucoplasie buccale,
Glossite superficielle chronique (langue lisse).
Chez les arthritiques, les goutteux et surtout les dyspepliques, on peut observer des glossiles superficielles caractérisées par une rougeur légère et diffuse de la muqueuse avec légère exagération des sillons, une sensibilité assez vive, intermittente (picotements, brûlures), surtout au contact de certains aliments (salés, épicés, sucrès); de temps en temps, surviennent des poussées congestives, pendant lesquelles la langue est rouge, tuméfiée, comme desquamée, hérissée de papilles rouge vif, fort douloureuse.
Dans une forme plus grave, la langue est très rouge, creusée de profonds sillons; en certains points, les papilles paraissent plus saillantes; en d’autres, au contraire, elles ont disparu et l’on voit des plaques assez nettement limitées, arrondies ou irrégulières, où la langue apparaît lisse et vernissée ; parfois, les papilles filiformes seules sont détruites et les fongiformes paraissent plus volumineuses que normalement. Les parties non desquamées sont couvertes d’un enduit saburral. Plus rarement, la face dorsale est atteinte en totalité. Des érosions, des fissures, des ulcérations superficielles se produisent souvent à la pointe et sur les bords. Souvent fort douloureuses, ces lésions constituent une infirmité pénible qui conduit souvent les malades à la neurasthénie.
Des lésions semblables s’observent aussi dans les longues convalescences et dans les cachextes. |
Il ne faut pas les confondre avec les plaques desquamées non douloureuses, sans aucun signe d’inflammation linguale que l’on trouve parfois par