‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 50 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

rhumatismes liés à la « focal infection » du cavum ou de ses dépendances ! Combien de septicémies, avecendopéricardite, arthrites, purpura, dites à tort cryptogénétiques et qui, en réalité, ont leur origine dans une lésion amygdalienne, petite par son étendue, grande par ses conséquences |

Dans cette difficile étude des rapports entre les affections pharyngées et l'infection, on peut, d’ailleurs, se demander si, parfois, il n’y aurait pas lieu de renverser les termes du problème, et de considérer les amygdales comme une voie d'excrétion pour certains antigènes. En faveur de cette théorie, on peut faire valoir, en dehors des faits expérimentaux sur lesquels nous reviendrons, cet argument qu’à l’état normal, l’amygdale élimine de nombreux leucocytes, et cet autre que, dans la poliomyélite épidémique, le mucus pharyngé reste longtemps virulent, comme si le tissu adénoïde du pharynx contribuait à l'élimination du virus. Si cette hypothèse se vérifie, il conviendra, dorénavant, d'admettre un continuel échange de mauvais offices entre l’organisme et l’amygdale et de distinguer, dans les infections de l’amygdale, celles qui y prennent naissance, et celles qui s’y terminent (v. p. 82).

3° Si important que soit le rôle de l'infection, il n’est assurément pas tout. Les amygdales sont des glandes à sécrélion interne. Elles peuvent donc, comme telles, lorsque leur fonctionnement est altéré, retentir sur la nutrition générale et, inversement, souffrir pour leur propre compte lorsque l'une ou l’autre des glandes à sécrétion interne est lésée. Ne se recouvrentelles pas d'ulcérations spéciales toutes les fois qu'il y a insuffisance surrénale aiguë avec hypotension marquée (Hutinel)? Ne connaît-on pas les relations qui, chez la femme, unissent la vie génitale à la pathologie du pharynx ? Le lymphatisme et l’arthritisme, dont nous avons vu le rôle, ne sont-ils pas souvent rattachés, celui-ci, à une dysthyroïdie, celui-là, à un trouble fonctionnel du thymus ? Il est vraisemblable que toute une série de troubles généraux, communément observés dans les états chroniques du pharynx; tétanie, incontinence d’urines, arriération mentale, arrêts de développement, entérite muco-membraneuse, reconnaissent une origine endocrinienne. Mais, ici encore, quand l’amygdalite est-elle cause, quand est-elle effet ?

4° S'il est vrai que les glandes à sécrétion interne sont sous la dépendance des systèmes sympathique et parasympathique, force est d'envisager l’intervention du système nerveux dans la production et dans la reproduction de certaines angines. Eppinger et Iasse ne considérent-ils pas, comme propres à la constitution vagotonique, l'existence d’adénopathies cervicales, l'hypertrophie des amygdales, la tendance aux angines répétées, aux pharyngites chroniques ? D'ailleurs, nous devons nous demander si l'angine ne peut pas être, à son tour, l'origine de divers troubles nerveux et en particulier, des troubles dits réflexes, qui disparaissent lorsqu’a disparu la lésion causale.

5° Infections, altérations endocriniennes, troubles nerveux, voilà donc les trois facteurs les plus importants de la pathologie pharyngée. Mais, d'une part, ils intriquent presque toujours leurs effets ; de l’autre, ils ne sont certainement pas seuls. Ainsi s'explique que, malgré d’indiscutables progrès de détail, la question soit encore pleine d’obscurités et que l’on ne puisse en présenter qu'un exposé conditionnel, un aperçu provisoire.

LES ANGINES AIGUES. Fasc XII12--1:

Bouche et pharynxont, nous l'avons vu, une même origine embryologique. À origine commune, fonctions conjuguées, souffrances communes. Nous avons donc réuni, dans un même chapitre, toutes les affections pouvant intéresser à la fois ces deux cavités. D'autre part, la diphtérie est étudiée dans une autre partie de cet ouvrage. Il ne nous reste donc plus qu'à nous occuper : | À. Des angines ;

B. Des troubles nerveux ;

CG. Des troubles circulatoires ().

(1) Nos meilleurs remerciements à MM. EscarT, G. Laurens et VERNET qui ont bien voulu nous autoriser à reproduire quelques-unes de leurs belles planches, empruntées aux ouvrages suivants : Escar, Traité médico-chirurgical des maladies du pharynæx, Carré et Naud, 1901; — GEORGES LAURENS, Olo-rhino-laryngologie du médecin pralicien, Masson et Cie, 4° édit. Paris 1922; — M. VERNET, Paris Médical déc. 1916, Marseille Médical, 1° juin 1917.

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