LES ANGINES
Avant d'aborder leur description, faisons observer que leurs divers aspects ne s'opposent pas toujours autant, en réalité, que nous avons cru devoir le faire, dans un but didactique, et qu'il faut y voir bien moins des affections distinctes, autonomes, que des réactions différentes du tissu adénoïde pharyngé à telle ou telle cause pathogène.
LES ANGINES AIGUES
L'étude didactique des angines aiguës a toujours été très difficile. Ces difficultés tiennent surtout à ce que les deux seules méthodes d'analyse que nous puissions lui appliquer, sont, l’une et l’autre, imparfaites. Trop souvent, en effet, la clinique, réduite à ses propres forces, est incapable d'arriver à un diagnostic précis; elle pense à une amygdalite simple, alors qu'il s’agit de diphtérie : Valleix, Blache et tant d’autres ont payé de leur vie cette erreur, que, parfois, tout concourt à rendre inévitable. Quant à la bactériologie, les espérances que l’on avait mises en elle ne se sont que partiellement réalisées. Sans doute, elle nous fournit des renseignements dont il serait injuste de méconnaitre la valeur. Mais elle n'est pas la certitude. La flore buccopbaryngée est trop riche, le rôle des associations microbiennes trop important, l'intervention de facteurs encore inconnus trop probable pour quon puisse, en toutes circonstances, lui demander une solution. Bien plus, lorsqu elle est en désaccord avec la clinique, ce n’est pas toujours à elle que doit rester le dernier mot.
Isolées, ces deux méthodes sont donc insuffisantes ; associées, il n'est pas rare qu'elles aboutissent à des résultats contradictoires. Voilà pourquoi toute classification scientifique des angines aiguës semble prématurée. À l'heure actuelle, la seule ambition qui soit permise, c'est de tenter une description fondée essentiellement sur la clinique, en la complétant, toutes les fois qus la chose est possible, par les données du laboratoire. À l'exclusion de toute autre, cette conception assure à l'étude des angines aiguës l'indispensable unité. Elle ménage le passé, tient compte du présent et réserve l'avenir. C'est donc celle que nous adopterons.
Nous avons divisé le sujet en trois chapitres : un premier où se trouvent
LES ANGINES AIGUES. Fasc. XIII. — 19
mises en facteur commun toutes les notions générales; un second, intitulé : formes étiologiques ; un troisième, consacré aux variétés cliniques.