‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 62 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

a) Au cours des angines diffuses de la grippe, de la rougeole, de la scarlatine, Elle passe alors inaperçue. Il peut arriver, toutefois, qu’elle survive quelques semaines à l’angine qui lui a donné naissance;

b) À l’état isolé. Cette variété, dite encore circonscrite (Ruault), se voit assez fréquemment, surtout chez les jeunes, et se caractérise par des symptômes fonctionnels très nets : douleurs localisées au fond de la gorge, répondant extérieurement, à l’une des grandes cornes de l'os hyoïde et irradiant vers l'oreille; dysphagie vive, avec sensation de corps étranger, dont les patients ne peuvent arriver à se débarrasser ; dyspnée continue et par'accès ; gêne de la phonation par immobilisation du larynx (Moure). A l'examen laryngoscopique, deux cas, suivant que la poussée aiguë est venue ou non se greffer sur un état chronique antérieur. Dans le premier, la base de la langue apparaît congestionnée, tuméfiée, mamelonnée; des exsudats blanchâtres sont accumulés dans les sillons qui séparent les follicules. Dans le second, la muqueuse de l’amygdalite linguale est lisse et vernissée dans sa moitié antérieure ; de place en place, un dépôt pultacé ; en arrière et de chaque côté, quelques rares follicules enflammés. La maladie guérit en une semaine, sans complications, mais les récidives sont fréquentes.

Elles aboutissent, presque toujours, à l’amygdalite linguale chronique.

Il. — Amygdalite aiguë pharyngée.

(Sxw. : Adénoïdite aiguë.)

L'inflammationaiguë de l'amygdale pharyngée a surtout été étudiée par MM. Moure et Rocaz (de Bordeaux) (1).

Fig. 4. — Anatomie schématique du cavum (G. LAURENS).

1 constitue le dôme ou la voûte du pharynx :1l forme l’arrière-cavité des fosses nasales.

Na pour limites virtuelles : en avant un plan vertical (1) passant par l'orifice postérieur des fosses nasales ; en bas, une ligne fictive (2) prolongeant en arrière le voile

Étiologie. — C’est une affection fréquente, qui s’observe principalement chez les enfants porteurs de végétations adénoïdes. Dans l'immense majorité des cas,

du palais jusqu'à la colonne vertébrale. Il est en rapport avec le sphénoïde (3), en haut; avec l’amygdale, en bas (5) En 4, on voit le siège des végétations adénoides.

Les trois flèches indiquent la direction centrifuge suivie par les infections qui partent de ce carrefour : auriculaires, digestives (6) et laryngées (7).

elle est la conséquence d’une infection générale : grippe, diphtérie, poliomyélite antérieure épidémique, méningite cérébro-spinale, rougeole, scarlatine, etc., ou locale : amygdalite palatine, rhinite. Sa bactériologie se confond avec celle des angines “aiguës.

Symptomatologie. — Chez l'enfant, la

maladie débute par des phénomènes généraux très accusés : ascension brus-

(1) V. Rocaz, Pratique des maladies des enfants, t. I, p: 197.

LES ANGINES AIGUËS. Fasc. XIII. — 99

que de la température à 39°,5-40°, avec délire ou convulsions, courbature, vomissements, diarrhée, | |

À la période d'état, les symptômes fonctionnels sont caractéristiques : la respiration s'enchifrène rapidement (Moure), la voix s’assourdit et s'empâle une toux quinteuse s installe, Le patient éprouve une sensation pénible de corps étranger, de cuisson qu'il localise en arrière des fosses nasales. Au même endroit, il éprouve de vives douleurs toutes les fois qu’il se mouche. La céphalée, constante, occupe la région susorbitaire. Quant aux troubles auditifs, ils consistent, tantôt en otalgie simple, tantôt en bruits subjectifs (bruits de mer, de coquillage), avec surdité plus ou moins accusée, plus ou moins passagère.

— Signes physiques. — L'examen de la gorge permet de constater l'existence d’un catarrhe intense. De chaque côté de la paroi postérieure du pharynx, on aperçoit une traïnée rouge dépassant un peu le niveau de l'arc du voile palatin, en arrière de la partie supérieure du pilier postérieur (Ruault), Le lendemain, en ce lieu, apparaissent des mucosités visqueuses, qui EE Det ONE ude provoquent souvent des réflexes nauséeux.Ceux- Jadénoïdite aiguë s'expliquent ci expriment pour ainsi dire les mucosités du par ce schéma (G. LAURENS). cavum dans le pharynx. Lorsqu'elle est possible, la rhinoscopie postérieure montre l’amygdale pharyngée rouge, congestionnée. Suivant les cas, les cryptes sécrètent abondamment (forme catarrhale); il se forme des amas pultacés, ou la surface de l’amygdale se recouvre d'ulcérations petites et superficielles (Moure). L'adénopathie sous-maxillaire fait rarement défaut : elle est souvent décrite à tort comme une affection particulière, la fièvre ganglionnaire.

Le plus souvent, la maladie se termine en moins d'une semaine, par la guérison. On l’a vue tourner court à la suite d'une épistaxis abondante (Ruault).

2° Chez l'adulte, les phénomènes généraux sont réduits au minimum el tout se borne aux troubles fonctionnels que nous venons de passer en revue auxquels s'ajoute souvent une douleur de la nuque. La restitutio ad integrum est la règle : parfois, cependant, on assiste au développement ultérieur de végétations adénoïdes (Ruault).

Formes. — 1° Suivant l'évolution, on peut distinguer :

a) Des formes trainantes, dans lesquelles apparaissent de nouveaux symptômes : fièvre continue, douleurs articulaires, albuminurie;

b) Des formes aboutissant à la suppuration. La température s'élève, les troubles fonctionnels acquièrent une intensité extrême, des réactions méningéés se produisent, mais bientôt, la collection purulente s'ouvre spontanément.et la guérison survient;

c) Des formes OH les principales Entente étant le laryngospasme, et, surtout, les olites suppurées.

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