‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 65 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

aphteuse, ni lés angines pseudo-membraneuses dé’la scarlatine (v. p. 88), ni la syphilis bucco-pharÿugée. Reste à décrire un certain nombre de cas qui correspondent partiellement aux angines diphtéroïdes de Lasègue. Nous les classerons suivant leur nature bactériologiqué, pour nous conformer à la tradition, mais sans nous illusionner beaucoup sur la valeur des points de repère ainsi choisis (1). |

Angines pseudo-membraneuses à streptocoques. — Elles peuvent être primitives ou secondaires.

Primitives, ce sont les plus fréquentes de toutes les angines blanches non diphtériques. Il en existe deux variélés.

La première (Hallock) débute brusquement, par des frissons, de la céphalée, des nausées. Bientôt apparaissent des phénomènes locaux. Pendant plusieurs heures, le fond de la gorge semble simplement congestionné. Puis apparaît une fausse membrane située en contre-bas des tissus voisins, et qu’entoure une zone inflammatoire: Pour certains, cette fausse membrane est-plus adhérente, plus épaisse, plus molle, moins élastique que dans la diphtérie : ce sont là nuances insaisissables. La muqueuse sous-jacente n’est pas ulcérée, mais saigne facilement. L’adénopathie, précoce, n’atteint jamais de grandes proportions. D'habitude, les phénomènes généraux sont réduits au mininum. En une semaine, tout rentre dans l’ordre.

La deuxième débute de la même façon, mais les troubles fonctionnels et généraux acquièrent rapidement une grande intensité. La fausse membrane prend une apparence sanieuse, se reproduit incessamment, envahit les régions voisines. L'haleine est fétide. La périadénite, toujours très marquée, donné au cou l'aspect proconsulaire. Le visage est pâle, anxieux; la température, très élevée ; l’asthénie, accusée. Malgré la possibilité de complications : coryza pseudo-membraneux, broncho-pneumonie, diphtérisation secondaire, les malades guérissent dans la plupart des cas. Le professeur Roger à vu un cas mortel, dû au Streptococcus ramosus.

Secondaires, les angines pseudo-membraneuses à streptocoques peuvent s’obsérver : 4° au décours des infections : choléra, dothiénentérie, fièvres éruptives, étc. ; 2° à la suite de traumatismes locaux (Chantemeésse) : brûlures, cautérisations, amygdalotomie, ouverture d’un abcès amygdalien, etc.

Angines pseudo-membraneuses à diplocoques. — Les mieux connues sont les angines à coccus Brisou (Roux et Yersin, Martin). Habituellement primitives, eHes se caractérisent parle peu d'intensité des phénomènes locaux : les fausses membranes n’occupent qu'une étendue restreinte ; elles n’ont pas de tendance à envahir les régions voisines ; l’adénopathie est modérée. Les troubles généraux sont plus ou moins marqués. La maladie se termine, en moins d’une semaine, par la guérison, mais les rechutes sont fréquentes : sont-elles subintrantes, alors on a affaire à la forme prolongée, dont, malgré tout, le pronostic reste très bénin.

Bellilé et Guimezanes (de Bordeaux) ont étudié une angine blanche due à un coccus voisin de Brisou, mais encore incomplètèement identifié.

Angines pseudo-membraneuses à staphylocoques (Fränkel, Netter, Redon, Denis foy). — Elles frappent surtout des enfants préalablement atteints de staphylococcie cutanée (ecthyma, furoncle, impétigo, orgelel) ou muqueuse (stomatite impétigineuse). Ses caractères cliniques n'offrent rien de particulier. Bien que l’on aïît cité quelques cas mortels, dus soit au staphylocoque seul, soit à une association staphylo-Lôfflérienne, le pronostic est habituellement favorable.

(1) Pour les caractères bactériologiques de chacune de ces angines, voir l'étude générale p. 79).

LES ANGINES :AIGUES. Fasc. XIII.— 103

. Angines pseudo-membraneuses à tétragènes (Achard et Castaigne, Apert et Dieula-

foy, Carrière. Chauffard, Faisans). — Elles aussi offrent une prédilection marquée pour les enfants et frappent surtout ceux dont la résistance est amoindrie par une tare organique. Elles sévissent parfois sous forme épidémique. Leur début, brusque, se marque seulement par des phénomènes généraux. Localement, il n'existe d’abord que de l'érythème, ultérieurement (angine sableuse de Dieulafoy), apparaissent des points blancs, puis se développe une fausse membrane qui ne se propaägé qu’exceptionnellement aux régions voisines. La muqueuse sous-jacente saigne facilement. En 3 ou # jours, tous les accidents aigus disparaissent. Mais l’angine laisse souvent à sa suite une anémie marquée; uné hypertrophie amygdalienne durable ; des adénopathies cervicales douloureuses. M. Apert mentionne les complications pleurales ; M. Roger, la laryngite et la conjonctivite pseudo-membraneuses.

Angines pseudo-membraneuses à pneumocoques (Jaccoud, Menetrier, Rendu). — Au contraire des précédentes, elles atteignent surtout les adultes. Toujours primilives, elles débutent brusquement par un grand frisson, de la céphalée, des vomissements, une ascension thermique à 39° et plus. La muqueuse amygdalienne est d'abord rouge ; elle se recouvre ensuite de points blancs ; finalement apparaît, au bout de 24 ou 36 heures, une fausse membrane adhérente, se reproduisant avec facilité, se propageant continuellement aux régions voisines, Les ganglions sousmaxillaires sont engorgés. Il y a souvent de l’albuminurie, quelquefois du délire. Pendant cinq à six jours, aucune modification. Puis tout tourne court. La température tombe brusquement à 36°,5, la gorge se nettoie et le malade entre en convalescence. Lés complications : laryngite pseudo-membraneuse, suppurations ganglionnaires, sont rares.

Angines pseudo-membraneuses à coli-bacilles. — Elles sont encore mal connues. On sait seulement que l’association Lôüffler-coli a été considérée comme comportant le pronostic le plus sévère (de Blési). Les angines dues à d’autres germes : bacille de Friedländer, bacille typhique, etc., ont déjà été étudiées p. 81.

S 11I. —— ANGINES VÉSICULEUSES.

Elles comprennent les angines : 1° de la variole; 2° de la varicelle Mc LE la fièvre aphteuse ; 4° de l’herpès ; 5° du zona. De ces quatre variétés , les deux premières ont été décrites avec les angines symptomatiques ; les deux suivantes ont été étudiées avec les stomatites. Nous n'avons donc à nous occuper ici que du zona pharyngien.

Zona pharyngien. — Longtemps confondu avec l’angine herpétique, il a été isolé par Ollivier, et débute par une douleur locale très vive, qu'exagère encore le passage des aliments. Au bout de quelques heures, apparaît l’éruption caractéristique. Elle se localise au voile, à la luette et au tiers supérieur des piliers, pour gagner quelquefois la voûte palatine et le repli gingivobuccal. C’est dire qu’elle se produit dans le territoire du trijumeau, et, plus particulièrement encore, dans celui du maxillaire supérieur. Généralement unilatéral, le zona pharyngien dure une quinzaine de jours, se termine par la guérison et ne récidive pas.

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