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L. BABoNNEIx et H. DARRÉ

112 AFFECTIONS DU PHARYNXY.

semblant à l’abcès latéro-pharyngien ; inférieur, immobilisant la langue et entrainant de l’œdème laryngé ; bilatéral, la tonsille du côté opposé se prenant à son tour; 4 des formes chroniques (Noquet., Garal), dues à l'existence d’une fistule, qui se bouche de temps à autre : elles ne guérissent que par débridement large et curettage du clapier; 5° M. Ruault décrit encore deux formes de périamygdalite phlegmoneuse, une primitive et une secondaire; celle-là habituellement unilatérale, celle-ci toujours bilatérale.

Complications. — Complications locales. — Elles sont de deux ordres : trophique et infectieux. A celles-là ressortit le myosis unilatéral, précoce et parfois durable, qu'explique l'anastomose qui, chez certains sujets, relie le ganglion de Meckel, où arrivent les nerfs palatins, au ganglion ophtalmique, origine des filets vaso-constricteurs de l'iris (prof. Vincent). Quant à celles-ci, elles se voient surtout quand l'inflammation envahit l’espace maxillo-pharyngien et présente une tendance gangréneuse. Ce sont: 1° l’ulcération des oros troncs artériels (Grisolle, Monod, Vergely): carotide interne, branches de la carotide externe, et la phlébite des veines pharyngienne inférieure, linguale et jugulaire (Didelot, Blache); 2° les paralysies, d’ailleurs exceptionnelles, des derniers nerfs craniens : spinal (Lermoyez et Laborde), glosso-pharyngien, vago-spinal, grand hypoglosse (Chabrol, Dufourmentel et Michel). L'asphyxie, qui a été signalée dans quelques cas exceptionnels, est produite tantôt par l’œdème de la glotte, tantôt par l'irruption brusque du pus dans les voies aériennes.

Les complications générales : pleurésie purulente, endorcardite ulcérovégétante, arthrites suppurées, ont été observées par M. Sallard. L’abuminurie, fréquente, est ordinairement passagère.

Pronostic. — Les complications que nous venons de passer en revue sont à tout prendre, assez rares, et le pronostic serait entièrement favorable si, trop souvent, la périamygdalite phlegmoneuse ne venait se compliquer de diphtérie. Nous avons vu plus haut que, dans la plupart des cas, se développait, au point où va se collecter le pus, une fausse membrane, Cetle fausse membrane est-elle due ou non au bacille de Lôüffler? Seul, l'examen bactériologique permet de résoudre la question. Aussi comprend-on que M. Louis Martin, dans son service de l'hôpital Pasteur, soumette systématiquement aux injections de sérum antidiphtérique tout sujet qui entre pour une périamygdalite phlegmoneuse.

Diagnostic. — Rien de plus simple que d'éliminer l’'amygdalite phlegmoneuse (v. p. 108), l'adéno-phlegmon (v. p. 114), et les gommes syphilitiques (Juhel-Rénoy), que caractérise leur évolution lente et apyrétique. Par contre, la diphtérie est une cause d’erreur fréquente, certaines diphtéries amygda= liennes pouvant simuler la périamygdalite phlegmoneuse (L. Martin, Dieulafoy, Aubry, de Nantes, Aviragnet et Gillard). En faveur d’une infection à bacilles de Lüffler, on a fait valoir la moindre intensité des symptômes fonctionnels, l'existence d’adénite avec périadénite, les résultats presque immédiatement favorables de la sérothérapie, tandis qu’en cas de périamygdalite phlegmoneuse, malgré les injections de sérum; la douleur, la dysphagie et le trismus persistent jusqu’à l’ouverture de l’abcès. Il faut bien avouer toutefois que ce sont là nuances souvent insaisissables, et que l’ensemen-

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