‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 70 sur 195 · LES ANGINES AIGUES. FASCEXIII · texte numérisé non relu

LES ANGINES AIGUES. FASCEXIII

cement seul permet, dans la plupart des cas, de trancher la difficulté.

Anatomie pathologique. — On discute encore sur le siège exact qu’occupe la massé purulente. Elle provoque, à son pourtour, des réactions inflammatoires multiples : ædèmes, thromboses vasculaires, adénopathies.

Traitement. -—- Au début, on prescrira les gargarismes émollients, les applications chaudes au-devant du cou, les vomitifs (Lasègue). Une fois le pus collecté, il faut intervenir chirurgicalement en incisant à l'endroit le plus saillant. C'est en incisant dans la fosse sus-amygdalienne, en plein voile, qu'on risque le moins d'ouvrir une grosse artère. M. Lubet-Barbon conseille d'introduire dans cette région, une pince fermée, et de l'ouvrir in situ. Cette petite manœuvre, qui ne fait courir aucun danger au patient, suffit dans l'immense majorité des cas.

B. Suppuration de l’amygdale linguale. — Signalée pour la première fois par M. Ruault (1891), elle a été, depuis cette époque, étudiée par. de nombreux auteurs (Escat, Goodall, Kilian, Seifert, Simanowski, Solal).

Étiologie. — Affection rare, qui s’observe principalement chez des adultes du sexe masculin, elle paraît produite, dans la plupart des cas, par des causes locales : cautérisation violente, pénétration de corps étrangers : arête de poisson, fragment d'os. Nous ne savons rien de sa bactériologie.

Anatomie pathologique. — Depuis Simanowski, il est classique de distinguer deux formes, qui peuvent d’ailleurs s'associer : 1° l’amygdalite linguale phlegmoneuse, dite encore folliculaire, parce que les phénomènes inflammatoires se Iocalisent aux follicules, et dans laquelle de petits abcès d’origine folliculaire fusionnent entre eux et viennent s'ouvrir à la surface de la muqueuse ; 2 la périamygdalite linguale phlegmoneuse où c’est le tissu cellulaire sous-jacent qui suppure : Pabcès occupe alors une région limitée (Ruault) en dedans par le ligament glossoépiglottique médian, qui l'empêche de dépasser la ligne médiane (aussi reste-t-il unilatéral); en dehors, par le ligament glosso-épiglottique latéral ; en avant, par les papilles caliciformes ; en arrière, par la membrane hyo-épiglottique, qui ne lui permet pas de fuser au-devant du larynx ; profondément, par le muscle lingual supérieur ; superficiellement, par l’amygdale linguale elle-même.

Symptomatologie. — Durant toute la période de début, existe seulement une douleur locale mal définie. A la période d'état, les symptômes fonctionnels attirent immédiatement l’attention. Ge sont une dysphagie progressive avec sensation de corps étranger; une dyspuée, d'intensité variable ; des modifications spéciales de la voix, nasonnée et inarticulée; et, surtout, une douleur siégeant en un point très déclive, qui correspond à la grande corne de l'os hyoïde, et s’accompagnant d'otalgie. À l'examen laryngoscopique, souvent difficile, on aperçoit une tumeur située en arrière du voile lingual, unilatérale, grosse comme une noisette, recouverte d'une muqueuse rouge et tendue, et cachant le bord supérieur de l’épiglotte. Cette tumeur est très dure, non fluctuante, douloureuse au toucher : son siège explique pourquoi le malade ne peut qu'avec peine tirer la langue hors de la bouche. L’adénopathie latéro-pharyngienne ou sous-hyoïdienne est très inconstante. Il en est

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