Phlegmons péripharyngiens localisés
Les classiques en décrivent trois variétés, suivant qu'ils sont rétro, latéroou antéro-pharyngiens.
A. — Abcès et phleémons rétro-pharyngiens. — Ils occupent l’espace rétro-pharyngé (Escat), limité, en avant, par la tunique fibreuse du pharynx ; en arrière, par l’aponévrose prévertébrale et, sur les côtés, par les feuillets sagittaux de Charpy, qui le séparent de l’espace maxillo-pharyngien. Dans sa partie supérieure, cet espace est divisé en deux compartiments latéraux par le ligament suspenseur du pharynx ; dans ses parties moyenne et inférieure, il n'y a plus qu'une cavité unique, laquelle se continue, en bas, avec l’espace rétro-œæsophagien et, par son intermédiaire, avec le médiastin.
L'espace rétro-pharyngé contient : 1° deux ganglions lymphatiques, situés de chaque côte de la ligne médiane, sur la face antérieure des deux premières vertèbres cervicales: séparés l’un de l’autre par leligament suspenseur médian, ils reçoivent leslymphatiques de la pituitaire, de la muqueuse naso-pharyngée, de la trompe d’Eustache et de l'oreille moyenne; 2° du lissu graisseux.
Les suppurations aiguës de cette région peuvent se localiser d'emblée au tissu cellulaire : c'est là un fait exceptionnel. Dans l’immense majorité des cas, elles débutent parles ganglions lymphatiques. Le phlegmon rétro-pharyngien n’est donc, somme toute, qu’un adéno-phlegmon (Gillette).
Etiologie. — De toutes les causes prédisposantes invoquées par les auteurs, la seule qui mérite d'être retenue, c'est celle qui concerne l’âge des malades. L'abcès rétro-pharyngien est une affection de la première enfance : son maxi-
LES ANGINES AIGUES. Fasc. XIII — 115
mum de fréquence s'observe dans la première année ou, plus exactement encore, de trois à dix-huit mois. Quant à ses causes déterminantes, ce sont, par définition, les lésions des muqueuses dont les lymphatiques aboutissent aux ganglions rétro-pharyngiens : rhinites aiguës: rhinites chroniques liées à l'hérédo-syphilis (Fournier) ou à la scrofule ; in-
Pelbar:..e DT ONCE OA RATE V EE fe
flammations du cävum, oti- Lab LH ee 2 tes moyennes et adénoïdites PR aiguës, liées, les unes et les autres, soit à une infection ba-
à A \ 4 et nale, soit plutôt à une fièvre éruptive : variole, rougeole, A et, surtout, scarlatine; végé- 49 tations adénoïdes. Souvent, —-8 d’ailleurs, la lésion initiale est | Æ tellementminime qu'ellepasse Fig. 11. — Coupe horizontale schématique du tri D 1 AS Lab pharynx. 1, colonne vertébrale ; — 2, aponévrose RE Dee dote ASS PES 4 È pharyngée latérale ; — 3, loge préverlébrale ; — cès,on{rouvepresquetoujours 4, jugulaire ; — 5, carotide ; — 6, amygdale ; — le streptocoque (Koplik). 7, pilier supérieur ; — 8, pilier antérieur; —9, ma-
Symptomatologie. — ['af- xillaire inférieur (G. LAURENS).
fection débute tantôt par des :
symptômes locaux d’angine, tantôt, et plus souvent, par des phénomènes généraux : agitation, cris, fièvre, convulsions.
À la période d'état, les symptômes fonctionnels attirent immédiatement l'attention. Le plus important est la dysphagie. Précoce, très accusée dès les premières heures et ne cessant de s'accroître jusqu'à la fin, cette dysphagiequi tient et à la douleur et à la gêne fonctionnelle, se manifeste par un symptôme caractéristique : le nourrisson refuse lesein ou, s'il a commencé à téler, se renverse brusquement et rejette, par le nez et la bouche, le liquide qu'il venait d'absorber. La dyspnée, quoique plus tardive, atteint rapidement, elle aussi, une intensité extrême. Accompagnée d'un sifflement particulier, elle est encore augmentée par les circonstances suivantes : tentatives de déglulition, sommeil, compression du cou, passage du décubitus horizontal à la Station debout, le pus se portant alors en masse au-devant du larynx. Continue avec des redoublements paroxystiques, cette dyspnée, qui relève de causes multiples : présence de l’abcès, œdème de la glotte, spasme laryngé, est d'autant plus menaçante que l’enfant est plus jeune. La toux est sèche, la voix prendun timbre rauqueet nasillard (Bokaï). Il existe une certäine douleur à la pression en deux points particuliers : angle du maxillaire inférieur, première cervicale. Notons enfin la contracture réflexe du sterno-mastoïdien et des masséters, la paralysie faciale (Bokaï), dont la pathogénie reste obscure.
Les signes physiques ne sont pas moins spéciaux. Souvent, à vrai dire, l'inspection n’aboutit qu'à des résultats négatifs, ce qu’expliquentet l’étroitesse de la cavité buccale, chez le nourrisson, et l'intensité du trismus. D'aulres fois, elle montre la présence, tout au fond du pharynx, d’une tumeur rouge, . lisse, tendue, qui vient fairesaillie entre les piliers postérieurs. Beaucoup plus importantes sont les constatalions que permet le toucher. Faites asseoir l'en-