‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 87 sur 195 · L. BABONNEIX et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIX et H. DARRÉ

que leurs deux faces postérieures forment un angle ouvert en arrière. Les incisives supérieures latérales sont parfois atrophiées. :

« Les dents sont, en général, serrées les unes contre les autres, etil en est, parfois, qui chevauchent sur leurs voisines; il est visible que la place leur a manqué du fait de l'atrésie du maxillaire supérieur » (Marfan). Cette voûte ogivale (Fonssagrives), une fois constituée, persisteindéfiniment sans subir la moindre modification. |

Fig. 22. — Une voûte pala- IT. Déformations thoraciques. — On en distine normale (G. LAURENS). fingue deux types principaux, qui, du reste, peuvent s'associer :

a) Type Robert, caractérisé par une dépression verticale siégant sur les parties latérales du thorax et par un changement tel dans l’axe du sternum, que cet os s’excave à sa partie inférieure, tandis que sa partie supérieure vient faire saillie sous les téguments ({horax en carène).

b) Type Lambron. Ici, la disposition est horizontale et le thorax présente, là où s’insère le diaphragme, un rétrécissement circulaire (thorax en sablier).

La scoliose a été notée (Redard).

La pathogénie de ces diverses déformations a été très discutée. À ce sujet, quatre théories :

14° Déformations osseuses et végétations adénoïdes relèvent d’une même cause, la dégénérescence (Balime). Mais pourquoi lesstigmates Fig. 25.

La voûte palatine en habituels de la dégénérescence manquent-ils 98ive de certains adénoïdiens (G:

PERS Re es LAURENS).

chez les adénoïdiens (Escat)? )

20 Cherchant à expliquer la signification nasologique de la voûte ogivale, M. Marfan montre d’abord qu’elle ne doit être, ni subordonnée à l’existence des végétations ni considérée comme la voûte normale du dolichocéphale. Il établit ensuite qu'elle se voit exclusivement chez des rachitiques, et qu'elle apparaît juste au moment où apparaissent les premières déformations osseuses. C'est donc un symptôme d'ordre rachitique. Reste à expliquer pourquoi végétalions adénoïdes et ostéopathies rachitiques coexistent si fréquemment. C’est parce que, dans le premier âge, les déformations osseuses dont on désigne l’ensemble sous le nom de rachitisme et l’hypertrophie du tissu lyÿmphoïde du pharynx sont des manifestations d'une même maladie, la maladie rachilique. |

A celte ingénieuse théorie que M. Marfan a soulenue avec son talent habituel, on peut reprocher de ne pas indiquer la raison pour laquelle les déformations osseuses chez les adénoïdiens « offrent ce caractère essentiel d'être systématisées à un territoire physiologique délerminé au squelette respiratoire » (Escat).

3° Aussi la plupart des auteurs acceptent-ils la théorie de l'insuffisance nasale. L’atrophie du maxillaire supérieur est due au défaut de développement des sinus. Quant aux déformations thoraciques, elles sont la conséquence de la respiration buccale. Celle-ci étant imparfaite, insuffisante, les malades sont obligés, pour assurer la ventilation pulmonaire, d'effectuer des mouvements respiratoires plus nombreux et plus amples que normalement. C’est ainsi que se produisent peu à

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peu lès dépressions thoraciques, horizontale et verticale, dont nous avons parlé. La première est causée par les contractions exagérées du diaphragme; la seconde, par la pression atmosphérique s’exerçant sur des côtes molles et malléables.

4 Mais pourquoi cette anormale mollesse des côtes? Une seule affection peut en rendre compile : c’est le rachitisme. Nous voilà donc conduits ainsi à la théorie éclectique du professeur flutinel. Les déformations thoraciques des adénoïdiens sont la résultante de deux causes agissant de concert : le rachitisme et l’insuffisance nasale. Celui-là les produit, celle-ci les localise.

L’examen local doit utiliser successivement : 1° la rhinoscopie antérieure ; 2° la rhinoscopie postérieure ; 3° la pharyngoscopie directe ; 4° le toucher digital naso-pharyngien, toutes méthodes pour lesquelles nous renvoyons aux Traités spéciaux.

Symptômes généraux. — Les adénoïdiens sont fréquemment chétifs, malingres, peu développés. Leur tempérament Iÿmphatique explique leur teint pâle .et blafard, leur peu d’activité, L'examen du sang ne fournit chez eux que des renseignements sans signification.

Évolution. — Les végétations adénoïdes peuvent débuter d’une manière brusque ou lente. De ces deux éventualités, la première s’observe surtout à . la suite d’une infection spécifique. La seconde est beaucoup plus fréquente. Dans l'immense majorité des cas, en effet, l’hypertrophie de l’amygdale pharyngée est le résultat d'adénoïdites répétées, ayant évolué sans bruit; les végétations adénoïdes mettent alors quelques années à acquérir leur entier développement.

Leur évolution chronique n’est interrompue que par des poussées paroxystiques et par les complications que nous allons passer en revue. Leur régression, vers la puberté, s'effectue toujours lentement et souvent incomplétement. .

Complications. — Complications locales. — De par leur siège même, les végétations adénoïdes peuvent relentir sur tous les organes voisins : fosses nasales, trompe d’Eustache, et parleur intermédiaire, oreille moyenne, cavités pharyngée et laryngée : ganglions cervicaux. Elles constituent, comme l’a justement dit le professeur Hutinel, un centre d’où rayonnent les phénomènes infectieux.

Complications nasales. — La plus fréquente est la rhinite chronique hypertrophique, sur laquelle viennent, à maintes reprises, se greffer des accidents aigus.

Complications auriculaires. — Ce sont, de beaucoup, les plus intéressantes, si l'on admet, avec tous les auteurs, que, chez l'enfant, l'immense majorité desotites moyennes sont sous la dépendance directe des végétations. Pendant plus ou moins longtemps, l’inflammation reste localisée aux trompes. Le catarrhe chronique de la trompe, entrecoupé de poussées aiguës, se traduit surtout par une diminution manifeste de l’audition et par des bourdonnements ; les signes physiques qui permettent de la déceler sont la dépression de la membrane du tympan, produite par la raréfaction de l'air dans la caisse

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