‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 88 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

et la disparition du triangle lumineux. À un moment donné, le catarrhe gagne la caisse, produisant une otite sèche, qui peut finalement aboutir à la sclérose de l’oreille moyenne et même de l'oreille interne. Suivant l'âge auquel elle se montre, cette sclérose de l’oreille moyenne a pour conséquences, soit la surdité, soit la surdi-mutité. À chaque poussée d’adénoïdite, on peut voir survenir des otites moyennes aiguës qui, suivant les cas, sont congestives, exsudatives ou purulentes. Les premières expliquent sans doute une partie de ces otalgies qui se déclarent brusquement au cours d’un coryza, d'une amygdalite ou d’une grippe, ne s’accompagnent ni de douleurs à la pression, ni de fièvre, ni de réactions méningées et disparaissent en quelques heures sans laisser de traces, mais non sans avoir vivement préoccupé famille et médecins. Les secondes se terminent souvent par simple résolution. Quant aux troisièmes, au contraire, leur pronostic est presque toujours fàcheux, qu’elles évoluent vers l'otorrhée, ou qu'elles se compliquent immédiatement de mastoïdite, de thrombose des sinus, d’abcès du cerveau. Les unes et les autres sont dues à l'intervention des germes habituels : pneumocoque, streptocoque, staphylocoque. | Complications pharyngées. — La pharyngite catarrhale chronique, avec ou sans poussées aiguës, et l’hypertrophie des amygdales palatines sont à peu près constantes.

Complications laryngo-frachéales. — Les principales sont les laryngotrachéites rebelles, interminables, causées par la propagation, aux voies respiratoires supérieures, du catarrhenaso-pharyngien. Elles cessent de se reproduire lorsque les végétations ont été enlevées. De même, le Re le stridor laryngé, etc.

Complications ganglionnaires. — Les adénopathies cervicales ne sont pas rares. Consécutives aux poussées aiguës d’'adénoïdite, elles peuvent aboutir à la suppuration. Elles occupent souvent les ganglions rétro-maxillaires (Boureau). Se localisent-elles aux ganglions rétro-pharyngiens, elles deviennent parfois, chez le tout jeune enfant, l'origine d’un abcès rétro-pharyngien. Citons enfin les blépharites glandulo-ciliaires, très fréquentes chez les adénoïdiens.

Complications générales. — Elles ont été bien étudiées dans ces dernières années (Aviragnet, Guinon, Roux et Josserand, Ségard, Triboulet).

Complications respiratoires. — Deux éventualités (Guinon), selon qu il

s'agit d'accidents aigus ou chroniques.

Les accidents aigus se voient surtout à la suite de la grippe, et consisfent tantôt en état gastrique, tantôt, et plus souvent, en {roubles intestinaux, que caractérise surtout (Triboulet) une entérite glaireuse, parfois sanguinolente. Celui-Jà survient en même temps que la poussée d’adénoïdite et ne lui survit pas; ceux-ci sont plus tardifs, mais aussi plus durables.

La même division convient encore aux accidents chroniques.

a) Troubles gastriques. — Le matin, l'haleine possède une odeur désagréable, et, malgré tous les efforts, la langue ne parvient jamais à se nettoyer parfaitement. Son tiers antérieur est rouge et desquamé, ses deux tiers postérieurs

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blanc grisâtre. L'anorexie est très marquée, surtout au réveil les digestions, lentes et pénibles. Il existe parfois de l'intolérance pour les albumines et les graisses.

b) Troublesintestinaux.--Toutesles formes d’entérite peuventêtre observées. La plus fréquenteest de beaucoup l'entéro-colile, avec selles mal formées, fétides, contenant des glaires, des fausses membranes ou du sable. L’appendicite succède souvent à une poussée aiguë d’adénoïdite. Ces divers troubles récidivent tant que persiste l'infection du naso-pharynx. Survivent-ils à l’ablation des végétations adénoïdes, c’est que les sécrétions nasales persistent. Il faut alors attendre que les cavités naso-pharyngiennes aient acquis un développement suffisant, et prescrire, de temps à autre, les eaux sulfureuses (Guinon).

Complications respiratoires. — Les bronchites adénoïdiennes, parfois localisées au sommet, apparaissent à la suile du plus léger coryza et récidivent sans fin jusqu'à l'opération. De par leurs signes physiques, elles rappellent la tuberculose pulmonaire, dont elles se distinguent par l’absolue perméabilité aux rayons X. Plus intéressante encore est l’adénopathie trachéo-bronchique (G. de Mussy), dont les rapports avec les végétations ont été étudiés par MM. P. Nobécourt et Aptekman. -

Complications rénales. — Nombre de néphrites infantiles sont sous la dépendance immédiate d'une adénoïdite chronique. En présence d'une albuminurie dont la cause n'apparaît pas nettement, pensez toujours à une infeclion naso-pharyngée et orientez le traitement en conséquence. Ajoutons la Jièvre, sous forme de poussées thermiques peu intenses, mais durables, et qui trop souvent orienlent à tort vers l'idée de tuberculose pulmonaire.

Formes cliniques. — Végétations adénoïdes du nourrisson. — M. Lubet- Barbon en a donné (1891) une description classique. Ce qui domine ici, ce sont les troubles fonctionnels, et, particulièrement, l'insuffisance respiratoire, qu'explique l’étroitesse physiologique chez le nourrisson des choanes et des fosses nasales. La respiration, même au repos, est courte, fréquente, souvent bruyante, au point d’en imposer pour un véritable cornage, parfois coassante (Moure). La toux est quinteuse, coqueluchoïde. La nuit, apparaissent des troubles nerveux : agitation, spasme glottique, convulsions. Le coryza est constant. L'alimentation est difficile, le bébé étouffant dès qu'il est mis au sein. La cyanose de la face et des extrémitésest mentionnée par tous.

Les symptônies généraux peuvent, dans certains cas, aller jusqu'à la cachexie (athrepsie adénoïdienne).

Quant aux signes physiques, les plus importants peut-être sont fournis par l’aspect de l’enfant-: « La bouche est ouverte, les narines dilatées, les petits malades sont occupés à respirer. Leur visage est d’une pâleur livide, leurs traits, tirés, émaciés, leurs gencives sèches, leur respiration pénible ; les ailes du nez sont animées de battements continuels» (Lubet-Barbon). Quant à l'examen local, il est toujours délicat, souvent impossible, el la pince confirme un diagnostic fondé presque exclusivement sur les troubles fonctionnels en débarrassant l'enfant de tous ces troubles.

Des formes cliniques, la seule à retenir est celle où les végétations ne manifestent leur existence que par du laryngospasme (Weill, de Lyon). L'évolution des végéta-

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