‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 89 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

tions adénoïdes, chez le nourrisson, peut être interrompue par des complications locales : abcès rétro-pharyngien, ou générales : asthme, emphysème, sans parler des complications habituelles. Rappelons que l’otite double, lorsqu’elle survient de bonne heure, peut, si elle n’est pas soignée, aboutir à la surdi-mutité.…

Végétlations adénoïdes de l’adulte.— D’après Cuvillier, il est des cas où les végélations ne régressent pas à la puberté. Contrairement à ce qui se passe chez le nourrisson, les troubles respiratoires sont ici très effacés, el ce qui domine, ce sont, les complications auriculaires, les modifications de la voix et le catarrhe naso-pharyÿnsien. Les déformations faciales et thoraciques atteignent un haut degré.

Pronostic. — 11 est des plus fâcheux. Les végétations adénoïdes laissent {oujours à leur suite, soit des troubles fonctionnels pénibles, soit des déformations irrémédiables. Elles exercent, sur l’état général, une influence défavorable. Quelquefois enfin, elles sont l’origine d'accidents : otites, mastoïdites, assez graves pour mettre en péril la vie des malades. L'existence de végétations adénoïdes constitue, dans bien des cas, un facteur indiscutable d’aggravalion. Voici, par exemple, deux enfants de même âge, de même constitution, qui contractent la scarlatine à la même source. Chez l’un, la maladie évolue de la façon la plus normale; chez l’autre, elle se complique de rhinite purulente, d’otite, d’adénites suppurées, de néphrites, d’arthropathies. Pourquoi ces différences au premier abord inexplicables ? Parce que, chez le premier, le cavum est sain, tandis que chez le second, il est infecté (Potier). C’est là, pour le dire en passant, un des arguments les plus puissants en faveur de l’acte opératoire. Puisqu’il est si difficile de se soustraire aux infections générales, ne convient-il pas de limiter à l’avance leur champ d'élection, en supprimant un organe malade, et où pullulent des germes dont elles ne tardent pas à réveiHer la virulence ?

Diagnostic. — Posilif, il se fonde sur la constatation des symptômes suivants : stomatolalie, ronflement nocturne, coryza chronique, avec ou sans manifestations auriculaires, facies adénoïdien. La valeur de ces divers symptômes, du dernier surtout, a été discutée. On a dit qu'ils pouvaient exister en l’absence de toute végétation adénoïde. Rien ‘de plus vrai. En fait, ils caractérisent seulement l'insuffisance respiratoire nasale et peuvent se voir chez des sujets atteints de rhinite chronique hypertrophique, d’atrésie des fosses nasales, de déviation de la cloison, de synéchies nasales, de polypes muqueux, etc. (faux adénoïdiens, enfants arhinopnéiques d'Abrand). - Ce ne sont donc que signes de présomption. N'empêche que, chez l'enfant, l'insuffisance nasale est liée, presque toujours, à l'hypertrophie de l’amygdale pharyngée. En tout cas, lés signes de certitude ne peuvent être fournis que par l'examen physique.

Quant au diagnostic différentiel, il est à faire avec :

1° L’adénoïdite aiguë, que l’on ne pourrait méconnaître que si l’on manquait de tout renseignement sur l’évolution de la maladie. Pratiquez alors, si possible, la rhinoscopie, qui vous montrera une amygdale pharyngée rouge, lisse, ferme, résistante ; 2° la rhinite chronique hypertrophique, que décèle la rhinoscopie antérieure, où la rhinoscopie postérieure et l'examen du nasopharynx n’aboutissent qu'à des résultats négatifs ; 3° la coqueluche, où la toux si spéciale est réveillée par la pression de la trachée ou du larynx ; 4 l'atrésie congénitale des fosses nasales, où les signes physiques propres aux végétations adénoïdes font défaut; 59 les polypes muqueux des fosses nasales qui

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montrent, à la rhinoscopie, une surface uniforme de teinte grise lucide ; 6° les Jibromes naso-pharyngiens des adolescents (Moure) d’ailleurs exceptionnels, dont la surface lisse, polie, sillonnée de veines volumineuses, l’immobilité et la dureté cartilagineuse contrastent avec l'apparence mamelonnée, la mobilité et la mollesse des végétations adénoïdes. Ils saignent beau- Coup et souvent; 7° les sarcomes naso-pharyngiens qui, dans leurs formes

Fig. 24. — En haut et à jauche. Bustes superposés de François [°', de Henri II et de François IT (Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale). En bas et à gauche. — Buste de François IT. Pièce du Sacre (1559). (Cabinet des mé-

dailles de la Bibliothèque Nationale).

En haut et à droite. — Profils superposés de Henri II et du Dauphin (depüis François II) Id.).

En bas et à droite. — Buste de François IT couronné de laurier (1560) (Id.). (D’après PorTiquer.)

végétantes, peuvent prêter à erreur. Mais, bientôt, ils envahissent les régions voisines, et s’accompagnent de douleurs locales, de dysphagie. En cas de doute, enlevez un fragment de la masse, et faites-en l'examen histologique.

Chez le nourrisson, il faut éliminer :

a) L'abcès rétro-pharyngien, dont la marche est aiguë, et qui s’accompagne de dyspnée intense et de signes physiques spéciaux; b) le stridor congénital, lorsquäl existe du cornage. On se rappellera à ce sujet que le cornage lié aux végétations disparaît si l’on vient à pincer les narines ; c) l’hypertrophie du thymus, où l’on observe aussi des paroxysmes

dyspnéiques et du laryngo-spasme ; d) le coryza syphililique, facile à recon-

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