D. — ANGINES CHRONIQUES DIFFUSES
Définition. — La dénomination d'angines chroniques diffuses « s’applique aux inflammations chroniques de l’arrière-gorge, qui frappent avec une égale intensité la paroi postérieure du pharynx buccal, le voile avec les piliers et la luette » (Ruault). On peut (Escat) en distinguer trois variétés : 1° angine catarrhale chronique diffuse ; 2° pharyngite chronique hypertrophique; 3° pharyngite chronique atrophique.
A LES ANGINES CHRONIQUES. Fasc. XIII. — 141
S EL — Pharyngite catarrhale chronique diffuse.
Définition. — Les lésions portent essentiellement sur les glandes mucipares, accessoirement sur les autres éléments de la muqueuse; elles occupent à la fois le rhino, l’oro et le laryngo-pharynx.
Anatomie pathologique. — 1° Lésions fondamentales. — Les glandes muqueuses, hypertrophiées, sécrètent un mucus abondant. Leur épithélium est épaissi, altéré, les acini, riches en dilatations kystiques, à l’intérieur desquelles se trouvent parfois de petites concrétions calcaires. Quant aux conduits excréteurs, ils présentent des altérations analogues : aspect moniliforme de leur lumière, modifications de leur épithélium.
20 Lésions accessoires. — Elles peuvent atteindre : a) le chorion et les papilles qui sont le siège d’une importante infiltration leucocytaire; b) les follicules clos. Glandes muqueuses, d’une part, follicules, de l’autre, forment des granulations, que centre un orifice (G. de Mussy), parfois seulement visible au microscope (Cornil et Ranvier) et qui, sur une coupe, apparaissent revètues d’un épithélium, épaissi ou ulcéré. Petites, elles ne contiennent qu’un follicule; volumineuses, elles en renferment plusieurs. Dans le premier cas, le conduit excréteur de la glande traverse le follicule; dans le second, il les contourne. Ces follicules ne sont d’ailleurs pas normaux, mais les altérations qu'ils présentent sont toujours moins accentuées que celles des conduits excréteurs, et il semble évident que, de ceux-ci, l’inflammalion s’est propagée jusqu’à ceux-là.
La maladie dure-t-elle un temps suffisant, elle aboutit à l’atrophie des glandes mucipares et des follicules clos.
Étiologie et pathogénie. — La pharyngite calarrhale chronique diffuse frappe surtout des adultes. À son origine, il faut toujours invoquer des phénomènes d'insuffisance nasale. Comment agit celle-ci? En entretenant une irritation permanente de la gorge due et à lParrivée directe, sur la muqueuse, de l'air inspiré, et à ce fait que, suivant l'expression classique, les malades se mouchent dans leur pharynx (Escat).
Certaines causes secondes : abus du tabac, de l'alcool, de condiments, inhalation de poussières, de. gaz, exercent, sur la marche de l'affection, la plus fàcheuse influence. |
Symptomatologie. Symptômes fonctionnels. — Pharyngés, ils consistent en une susceptibilité particulière des malades qui souffrent dès qu'il fait froid ou qu’ils se trouvent dans un endroit où l’on fume : sécheresse de la gorge avec difficulté à avaler la salive, toux pénible, expectoration visqueuse et peu abondante ; laryngés, surtout marqués chez les professionnels de la voix, qui râclent chaque matin et se fatiguent vile à parler; chez les enfants, Iles trachéo-bronchites ne sont pas rares; auriculaires, très fréquents, ils sont dus à la propagation du catarrhe pharyngé à l'oreille moyenne, par l'intermédiaire de la trompe. A ces troubles, ajoutons les phénomènes d'insuffisance nasale déjà mentionnés : les patients dorment la bouche ouverte et se plaignent, le matin, d'enchifrènement, et les algies divérses : douleurs vagues de l’oro-pharynx, de la nuque, céphalalgie. Très souvent, chez les fumeurs, ces phénomènes fonctionnels sont réduits au minimum
(Gellé).
Signes physiques. — Pour les percevoir, il est indispensable d’avoir un bon éclairage. L’oro-pharynæ est le siège d’une rougeur vive, mais diffuse. Sur le voile,