L. BABoNNEIx et H. DARRÉ
apparaissent de petits grains translucides, brillants, analogues à des grains de semoule, et qui sont formés par une gouttelette de mucus émergeant de Porifice des glandes mucipares. Sont-ils très nombreux, le voile prend un aspect chagriné. Passe-t-on à sa surface un Lampon d’ouate, il se charge d'une grande quantité de mucus filant et visqueux et, pour quelques heures, le voile reprend une apparence presque normale. La luette, épaissie, allongée, se replie facilement sur elle-mème. La muqueuse des amyÿgdales participe toujours au catarrhe, bien que celui-ci puisse, dans certains cas, se localiser aux cryptes. Quant à la paroi postérieure du pharynx, fortement érythémateuse, elle est couverte de saillies, dont les plus grosses ne sont autre chose que des granulations (V. p. 147), tandis que les autres sont des glandes mucipares en état d’hyperplasie.
L'examen du rhino-pharynæ regarde le spécialiste.
État du laryngo-pharynx. — Sur l’amygdale linguale, mêmes lésions catarrhales ; l’épiglotte est rouge, congestionnée; le larynx, soit intact, soit, plus souvent, atteint de lésions diverses : catarrhe simple, granulations des cordes
vocales.
Évolution. Pronostic. — 1° Forme habiluelle. L'évolution est lente, mais progressive, parfois entrecoupée par des poussées aiguës ou par des rémissions. Elle peut, suivant les cas, conserver indéfiniment les mêmes caractères, se transformer en angine hypertrophique ou aboutir à l'atrophie.
2% Les classiques décrivent encore une forme subaiguë, conséculive à une angine catarrhale simple, et qui guérit en quelques mois. ;
Le pronostic fonctionnel est grave. Il est lié plus aux lésions auriculaires qu'aux lésions laryngées, celles-ci étant beaucoup plus rebelles que celles-là.
S I. — Pharyngite chronique hypertrophique (Escat, Pogue), (Sy. : Pharyngite hyperplasique [Gellé]; pharyngite chronique | interstitielle [Ruault]|.)
Anatomie pathologique. — Les lésions des glandes muqueuses ne différent en rien de celles que nous venons de signaler, mais il s’y joint : 4° des lésions de la trame connective (Cornil et Ranvier) : sclérose hypertrophique du chorion avec hyperplasie des papilles et développement anormal du réseau vasculaire ; 2° une hypertrophie musculaire, alteignant surtout le faisceau supérieur des constricteurs supérieurs (Escat).
Étiologie. Pathogénie. — Pourquoi la pharyngite chronique garde-t-elle indé finiment chez certains l'aspect catarrhal, landis que, chez d’autres, elle évolue vers l’hypertrophie? C’est ce qu'il est impossible de dire. Sans doute, la constitution médicale intervient-elle, ce qui explique la prédilection de la pharyngite chronique, hypertrophique ou atrophique, pour les arthritiques, les goutteux, les constipés. Mais ce rôle, si important qu'il soit, n’est, en aucune façon, indispen- . sable, et la een de la pharyngite chronique en pharyngite hypertrophique s’observe parfois chez des sujets indemnes de toute tare.
Symptomatologie. Symptômes fonctionnels. — La maladie débute par une phase catarrhale souvent fort longue. Des troubles fonctionnels, les plus importants sont: 1° la pharyngodynie, réveillée par les mouvements de déglutition à vide ; 2° le besoin perpétuel de rdclement, particulièrement marqué le matin, parfois suivi de nausées et qu'explique la nécessité où se trouve le patient d’expulser
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les mucosités adhérentes qui encombrent son naso-pharynx: 3% les {roubles de la voix chantée. Les boîtes de résonance sus-laryngée étant comme capitonnées, la voix est diminuée, son timbre faussé.
Signes physiques. — À l'examen de l’oro-pharynx, souvent malaisé, la muqueuse apparaît rouge, luisante, la cavité pharyngienne, réduilé dans de notables proportions (pharynx virtuel de Gellé), par suite de Ia tuméfaction de la paroi pharyngée postérieure et de la luette et de l’hyperplasie des faux piliers.
Évolution. — La maladie débute insidiéusement, son évolution, lente, estentrecoupée de poussées aiguës que caractérisent leur fréquence, leur durée et leur intensité; elle. aboutit parfois à la pharyngite atrophique. Des complications, les seules à retenir sont : le vertige de Menière (Gellé), les laryngites, bronchites et rhinites chroniques, ces dernières devant être rattachées moins à une propagation directe qu’à un état constitutionnel, à une diathèse.
S IE. — Pharyngite chronique atrophique.
Définition. — Dans aucun cas, la pharyngile chronique atrophique n’est une maladie spéciale ; elle représente toujours la phase ultime et tardive d’une « pharyngite catarrhale » (Escat).
Anatomie pathologique. — L’atrophie porte sur tous les éléments de la muqueuse : chorion, follicules clos, glandes, vaisseaux, muscles : elle aboutit à la production de taches cicatricielles blanchätres, d'aspect laiteux.
Etiologie. - Elle ne présente rien de spécial.
Symptomatologie. — Les troubles fonctionnels sont assez marqués : les mucosités, peu abondantes, tendent à se concréter sur place, ce qui explique la sensation de sécheresse dont se plaignent si souvent les malades. Certains d’entre eux viennent trouver le spécialiste qui, pour un coryza prolongé, qui, pour une dureté d'oreilles croissante, qui enfin, parce qu’il avale de travers, ce dernier symptôme étant peut-être en rapport avec une atrophie musculaire prononcée.
Signes physiques. — Ils sont toujours difficiles à observer, la mise en place de l’abaisse-langue provoquant régulièrement des réflexes nauséeux, La muqueuse, décolorée, grisâtre, prend un aspect nacré que M. Gellé compare à la peau de serpent. À sa surface courent des veinules variqueuses, souvent disposées en réseau, Le pharynx semble agrandi, la muqueuse des fosses nasales, congestionnée.
Evolution. — Lentement progressive, elle peut être interrompue soit par des rémissions, soit par des poussées subaiguës dont les unes se localisent à la pituitaire, tandis que les autres se géncralisent à tout le pharynx.
Formes. — Une seule nous retiendra : c’est la pharyngite chonique atrophique, isolée, indépendante de toute rhinite atrophique. L'examen de la paroi pharyngée postérieure démontre l'existence de croûtes adhérentes, jaunâtres, épaisses, fétides, au-dessous desquelles la muqueuse apparaît male, amincie, comme embuée (Escat). L’haleine est forte, la gorge sèche, l’expectoration difficile, la sécrétion nasale, parfois striée de sang. La maladie se propage-t-elle au larynx, alors apparaissent lenrouement, la toux et l'expulsion de mucosilés très épaisses.