‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 12 sur 204 · MODE DE TRANSMISSION DE LA FIÈVRE TYPHOIDE · texte numérisé non relu

MODE DE TRANSMISSION DE LA FIÈVRE TYPHOIDE

Le bacille d'Eberth se transmet d'homme à homme par l'intermédiaire des excréla virulents des typhiques, des convaleseents de fièvre typhoïde et des porteurs de germes. L’entourage de ces individus est le premier menacé, et, lorsqu'il s’y produit des cas de fièvre Lyphoïde, on dit qu'il y à eu contagion; mais les excrétla virulents peuvent être transportés à distance et disséminés par différents véhicules, dont l'eau est le plus important, el parvenir ainsi à des personnes plus ou moins éloignées des sujets infec-

1. H.-H. Scorr. An investigation into the causes of the prevalence of enteric fever in Kingston (Jamaïca) with special reference to the question of unrecognized carriers. Ann. of tropical Med. and Parasitol., t. TX, n° 2,30 juin 1915, p. 239.

ÉTIOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHOIDE. Fasc. III. — 51

tants. Le mécanisme de la transmission à l'entourage et de la (transmission à distance est souvent, du reste, sensiblement identique, et la transmission à distance n’est qu'une contagion à distance (t).

La fièvre typhoïde peut régner à l’état endémique soit dans de vastes régions, soil dans des localités circonscrites, villages, maisons ou groupe de maisons, quartiers de certaines villes, véritables « nids de fièvre typhoïde », lendémie subissant des recrudescences et des élargissements périodiques. D'autres fois, la fièvre typhoïde apparail soudainement sous forme d'épidémies dans des régions ou des milieux habituellement indemnes.

Avant la découverte des porteurs de germes, il était souvent difficile de comprendre comment la fièvre typhoïde pouvait éclore dans certains milieux. Dans les pays d’'endémie, la filiation des cas apparaissait, en - général, clairement; dans les pays habituellement indemnes, on découvrait parfois l’individu arrivé récemment de régions contaminées, malade luimême, et qui avait été le point de départ d’une épidémie; mais on ne s'expliquait pas les faits tels que ceux, remarquablement observés par Kelsch (°)}, de colonnes envoyées en expéditions lointaines, en Tunisie, et qui, parties avec un état sanilaire excellent, voyaient la fièvre typhoïde éclater dans leur effectif au bout de deux mois seulement, sans avoir été en contact, ni avec un malade, ni même avec un centre habité. On ne s’expliquait pas les exemples donnés par Moursou (5) de navires appareillant sans aucun malade à bord et sur lesquels la fièvre typhoïde apparaissait après des traversées de quatre, six et même huit semaines, sans aucune relâche dans l’intervalle. La notion actuelle des porteurs chroniques de germes ne permet plus, en face de cas semblables, de faire, comme certains auteurs, bon marché de la spécificité de la fièvre typhoïde et d'invoquer la transformation en bacilles Lyphiques de saprophytes de l'intestin.

Il y à lieu aussi de tenir grand compte, dans l’étiologie de la fièvre Lyphoïde, des formes frustes, ambulatoires, que seules les recherches de laboratoire, sérodiagnostic et hémoculture, permettent de diagnostiquer. Les travaux accomplis depuis 1902, en Alsace-Lorraine (ï), ont mis en lumière le rôle non seulement des porteurs de germes, mais aussi des formes méconnues de la fièvre typhoïde qui se trouvent souvent à la base de l'endémie ou des épidémies typhiques.

Transmission de la fièvre typhoïde à lentourage de typhiques.

La contagiosité de la dothiénentérie n’est pas comparable à celle des fièvres éruptives, de la diphtérie ou de l’influenza. Dans les hôpitaux parisiens les Lyphiques sont soignés dans les salles communes et les autres

1. R. Degré. Lutte scientifique contre la fièvre typhoïde. Presse méd., 1908, p. 241.

Porteurs de germes et fièvre typhoïde. Presse méd., 1909, p. 17. — L. VaiLLaRD. Sur la prophylaxie de la fièvre typhoïde. Gazette des hôpitaux, 190, p. 97. — Tnoixor et

RiBIERRE. Art: Fièvre typhoïde. Nouveau traité de médecine el de thérapeutique, 1902.

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