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Moursou. Archives de médecine navale. T. XLIIT, p

4. R. Degré. La lutte contre la fièvre typhoïde en Alsace-Lorraiñe. Revue d'hygiène el de police sanitaire. T. XLI, août 1919, p. 778.

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32 FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.

hospitalisés n’en éprouvent aucun dommage; mais les personnes qui donnent des soins aux typhiques, qui les baignent, qui manipulent leur linge et leur literie souveñt souillés de matières fécales, qui vident et net: Loient les bassins et les bocaux d'urine (Achard), sont au contraire fort exposées, si elles ne se lavent pas soigneusement les mains,-surtout avant les repas. Les infirmiers et infirmières préposés aux soins des typhiques dans les hôpitaux payent un lourd tribut à la contagion. Dans les locaux trop exigus, dans les chaumières où s’entassent de nombreuses personnes, en contact étroit et forcé avec les Lyphiques en proie à la diarrhée, Pindifférence, l'ignorance et la malpropreté de lentourage expliquent souvent cerlaines épidémies famihales. :

Les personnes qui soignent les typhiques, sans être atteintes elles-mêmes, peuvent communiquer la fièvre typhoïde à leur entourage; ceci se produit surtout lorsque ces personnes, sans se laver les mains après s'être occupées des malades, manipulent les aliments el préparent les repas de la famille. Carnot et Weillk-Hallé(!} ont trouvé le bacille d'Eberth dans les dépôts sous-unguéaux des typhiques et du personnel soignant, sauf chez les infirmiers qui se désinfectaient méthodiquement les mains. On à pu dire avec juste raison que la fièvre typhoïde est la maladie des mains sales. |

Les travaux modernes montrent que les porteurs de germes jouent également un rôle important dans la transmission directe du bacille typhique d'homme à homme. Ignorant qu'ils constituent un péril, ils ne se méfient pas et l’on ne se méfie pas d'eux. Si l’on songe que ce sont les femmes qui sont le plus souvent porteuses de germes et que ce sont elles qui sont en général préposées aux soins de la cuisine, on voit quelle menace peut. continuellement planer sur certains milieux. Friedel raconte l’histoire d'une cuisinière qui, en 8 ans, transmit la fièvre typhoïde à 8 familles, provoquant 2% cas, dont plusieurs mortels. Sofer a dépislé la présence de bacilles dans les matières fécales d'une cuisinière qui, en 10 ans, avait contaminé 7 familles, provoquant 56 cas de fièvre typhoïde. Kayser a rapporté lhistoire d’une boulangère porteuse de germes qui pendant plusieurs années transmil la fièvre typhoïde à presque Lous les garçons successivement employés chez. elle. Le même auteur a vu, à l'asile de Hoerdt, deux aliénés porteurs de germes, communiquer, en » mois, la fièvre typhoïde à 1# personnes de leur entourage. L'épidémie cessa dès qu'ils eurent été isolés. Fôrster à observé dans un village des Vosges une maison où s’élaient produits, en 7 ans, 6 cas de fièvre typhoïde. Il existait dans cette maison un porteur de germes. Le même auteur a vu se produire dans trois fermes voisines 16 cas de fièvre typhoïde en 10 mois : le propriétaire des trois fermes était un porteur de germes. Ë

J. Renault et P.-P. Lévy(?) ont rapporté lobservation d’un enfant de 4 ans qui fut atteint de myélite typhique et chez lequel le bacille d'Eberth

1. P. Carxor et B. WeEïLzLz-HazLzé. De la dissémination du bacille d'Eberth autour des malades atteints de fièvre typhoïde.-C. R. Académie des Sciences, t. CEX, 15 mars 1915;p: 592:

2. J. RENAULT et P.-P. Lévy. Myélite métatyphique chez un enfant de quatre”ans: Bacillurie éberthienne persistant cinq mois après le début de Finfection. Bull. et Mém. de la Soc. méd. des hôp., 1915, % semestre, p. 80. À

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persistait dans les urines cinq mois après la guérison de la fièvre typhoïde. Il transmit la maladie à sa mère et à son frère. Du reste, des expériences effectuées par Morgan et Harvey(!) chez des porteurs urinaires montrent avec quelle facilité la contagion peut se produire : après avoir fait urimer ces sujets, ils leur ont fait promener leurs doigts sur des plaques de gélose, el ils ont vu se développer sur ces plaques des colonies de bacilles d'Eberth. On comprend combien de pareils sujets peuvent être dangereux quand ils ne sont pas d’une propreté parfaite.

De l’enquête menée par les stations de prophylaxie ne d’Alsace- Lorraine et des pays rhénans, il résulte, qu'au moins dans ce pays, le rôle de la transmission directe de la fièvre typhoïde est prédominant. Cette enquête a porté, de 1905 à 1911, sur 10154 cas de fièvre typhoïde et dans 60 pour 100 de ces cas l’origine de la maladie a pu être établie d’une façon certaine. Dans 4202 cas, l'infection par contact devait être incriminée et dans 108 cas la maladie résultait de soins donnés à un typhique, landis que l'origine hydrique n'a pu être relevée que dans 599 observations. Cette slalistique n’est peut être pas applicable à tous les pays: elle permet pour- Lant de se demander si le rôle de la contagion dans la transmission de la fièvre Ltyphoïde n'est pas en général un peu trop sous-estimé, tandis que celui de la propagation hydrique à été un peu grossi, surtout dans les régions où, malgré que l'effort nécessaire ait été fait pour l’adduction d’eau potable, on voit persister la fièvre Lyphoïde.

IH nous faut dire ici quelques mots des cas de fièvres typhoïdes contractées au laboratoire. Le maniement des cultures de bacilles d'Eberth ou des produits virulents provenant des typhiques, est en principe sans danger. pourvu que l’on prenne quelques précautions. Les cas où cetle conltamination de laboratoire a pu être établie d’une façon certaine sont ceux où des travailleurs ont aspiré accidentellement, à travers une pipette, une quanlité plus ou moins grande de cultures. Duflocq, Chantemesse, H. Vincent, Sacquépée, en ont cité des exemples; Kisskall(?) a rassemblé 19 observalions où l'infection s’est ainsi effectuée et où la fièvre typhoïde s’est déclarée dans les délais prévus; dans la statistique citée plus haut des stations de prophylaxie antityphique d’Alsace-Lorraine, on relève 11 cas d'infections de laboratoire. Il est important de savoir que l’ingestion en quantité relalivement considérable de cultures de bacilles d'Eberth, même fraîchement isolées de l'organisme humain, ne détermine pas fatalement la fièvre .typhoïde. Nous avons observé personnellement ce fait dans plusieurs cas el Kisskalt ‘lui-même en rapporte 10 dans son travail. I faut évidemment un état de réceptlivilé particulier pour qu'une contamination même aussi massive du tube digestif entraîne le développement de la dothiénentérie.

1. J.-C. MorGax et D. Harvey. An experimental research on the viability of the bacillus typhosus as excreted under natural conditions by the chronic carriers. Journ. of the royal Army me lie. Corps. T. XIL, juin 1909, p. 587.

2. Kisskazr. Laboratoriuminfektionen mit Typhusbazillen. Zeitschrift fiir Hygiene. T'EXXX, p.145

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DES . FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.

Transmission de la fièvre typhoïde à distance.

Rôle de l'eau. — L'eau joue le rôle principal dans la propagation à distance de la fièvre typhoïde; presque toutes Îles grandes épidémies de cette maladie sont d’origine hydrique.

L'importance de l’eau dans létiologie de la dothiénentérie avait été. signalée par Dupré en 1823. Ultérieurement Mürchison invoqua comme cause de la maladie la souillure banale de l’eau, tandis que Budd soutenait que cette souillure est due à un élément spécifique. En 1854, Michel affirma que la fréquence de la fièvre typhoïde à Chaumont s’expliquait par la mauvaise qualité de l’eau de boisson; ses efforts aboutirent à une distribution d'eau meilleure et la morbidité typhique s'abaïssa dans la ville d’une facon considérable. Carpenter, en 1865, soutint la même idée et parvint aux mêmes résultats lors de l'épidémie de Croydon (Angleterre). :

Les épidémies d'Auxerre (1885) étudiées par Dionis des Carrières, de Pierrefonds (1886), de Clermont-Ferrand (1886) étudiées par Brouardel et Chantemesse, du lycée de Quimper (1886), étudiée par Thoïnot, ont mis + hors de doute l’origine hydrique de la fièvre typhoïde ; la campagne entreprise dès lors par l’Académie de Médecime «et par le Comité consultatif d'hygiène de France, ainsi que la magistrale conférence de Brouardel au Congrès de Vienne, en 1887, ont consacré l'importance primordiale de cette éliologie.

L'eau des rivières peut être directement souillée. par les déjections des typhiques: les puits et les sources sont contaminées par des infiltrations les mettant en communication avec les fosses d’aisances ou avec la surface du sol.

Bien que le bacille d'Eberth résiste peu dans le monde extérieur, Chantemesse l’a vu survivre pendant deux ans dans des matières fécales, d'abord stérilisées, puis ensemencées avec le bacille seul. Ordinairement la concurrence vitale avec les autres germes le fait disparaître plus rapidement. On a pu pourtant le retrouver dans des fosses d’aisances ou dans du fumier après plusieurs semaines et même au bout de cmq mois [Uffelmann, Kar- linski, Lévy et Kayser, Pfühl, Brückner('), Galvagno et Calderim()]}. Ces faits ne sont possibles que quand le bacille se trouve à l'abri de la lumière.

D'autre part, le bacille d'Eberth est capable de se conserver dans l'eau pendant quelque temps, sans pourtant se multipher : trois mois (Chantemesse el Widal), 81 jours (Straus et Dubary). Le bacille d'Eberth résiste à la congélalion (Chantemesse et Widal), et a été retrouvé vivant dans un bloc de glace maintenu trois mois entre — 1° et -— 11° (Prudden). La glace peut donc transmettre la fièvre typhoïde. |

Le bacille d'Eberth se conserve surtout dans le sable et la vase du fond des puits et des mares. Chantemesse et Widal ayant ensemencé avec ce

1. BrückNEr. Typhusinfektion durch Abortgruben Inhalt. 4rb. a. d. Kaisergesundh. T. XXX, 3 mai 1909. p. 619.

2. O. GALvAGNO et A. CaLpEeRINI. Lebensdauer und Virulenz des Typhusbazillus in Gruben und im Boden. Zeitschrift für Hyg. T. LXI, fase. IF, 6 oct. 1908, p. 13>.

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germe un récipient plein d'eau stérilisée avec fond de sable, ne Pont plus, au bout de deux mois, retrouvé dans l’eau, tandis qu'il existait encore dans le sable. Brouardel et Chantemesse n'ont pu isoler le bacille d'Eberth de l’eau d’un réservoir contaminé qu'après en avoir remué la vase du fond. Busquet, sur 984 échantillons d'eaux de diverses provenances examinés en dix ans, a isolé six fois le bacille d'Eberth: cinq fois l'eau avait été puisée dans la profondeur et était mélangée avec le sol du fond. Ces faits expliquent la possibilité d'épidémies de fièvre typhoïde survenant peu de temps après un orage ayant fait déborder des eaux stagnantes et entraîné les vases accumulées. |

L'étude des épidémies importantes de fièvre Lyphoïde a montré non seulement que l’eau est le véhicule fréquent du bacille d'Eberth, mais encore comment s accomplit la souillure des puits, des sources et des cours d'eau par les déjections des Lyphiques.

Les puits à nappe superficielle sont contaminés par les infiltrations qui les font communiquer avec les fosses d’aisances avec les tas de fumier, avec le sol malpropre des cours de ferme, avec les mares «et les lavoirs. ‘Dans lépidémie de Pierrefonds, étudiée par Brouardel et qui frappa 24 personnes, l’eau d’un puits avait été souillée par des infiltrations venues d’une fosse d’aisances ayant reçu les déjections d’un typhique. Dans un fait rapporté par Vaillard, les urines d’un soldat, porteur urinaire de germes, jelées sur le fumier d’une cour de ferme, s'infiltrèrent jusque dans un puits voisin qui devient l’origine d’une épidémie.

L’eau provenant des sources caplées pour la consommation des agglomérations urbaines peut être souillée soit à la naissance de ces sources, soit en un point quelconque des conduites d’adduction. La distribution géographique de ces épidémies correspond au territoire de distribution de l’eau contaminée, et les seules personnes faisant usage de cette eau sont frappées, tout au moins au début, par l'épidémie.

Les sources capltées d’une façon défectueuse reçoivent des eaux superficielles recueillies par des drains à une faible profondeuret venant de cours de ferme, de terres cultivées ou de pâturages. C’est ainsi que, dans l'épidémie d'Auxerre étudiée en 1882 par Dionis des Carrières, la source captée pour l'usage de la ville avait été souillée par les matières d’une typhique habitant un village voisin. Une solution d'anilme versée dans le fumier sur lequel avaient été jeltées les matières fécales colora l’eau de la source en rouge 20 minutes plus tard. D'autre part, certaines sources captées dans de bonnes conditions et très pures en apparence peuvent être occasionnellement contaminées par le bacille Typhique. Ce sont les sources des terrains calcaires ‘ou sources vaucliusiennes, naissant de cours d’eau souterrains alimentés par des pertes d’eau superficielles. Dans les terrains d’où elles proviennent existent des effondrements, dits aussi puits naturels, abîmes ou mardelles, véritables gouffres où se déversent toutes les eaux de pluie des environs; ces gouffres servent également de dépotoir où les gens du pays jettent des immondices de toute nature. Les pluies d'orage sont particuhèrement dangereuses dans ‘ces cas. L'épidémie de Besançon, étudiée en 1893 par Thoimot et Jeannot, était-due à la souillure d’une source

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vauclusienne. Celle source, extrêmement limpide, communiquail avec un. souffre proche d'un village où avait sévi peu de temps auparavant une: épidémie de fièvre typhoïde. La fluorescéine jetée dans ce gouffre colora l'eau de la source quatre jours plus tard.

Enfin l’eau des sources captées dans des conditions irréprochables peut. ètre souillée sur le trajet des conduites qui l’'amènent ou la distribuent à une ville. L'épidémie de Clermont-Ferrand, étudiée par Brouardel et Chantemesse, celle plus récente d’Albano, relatée par De Blasi, en sont un exemple; dans les deux cas on à pu constater l'existence d’infiltrations faisant communiquer des conduites d’eau de source en mauvais état avec des fosses d’aisances où avaient été jetées des matières fécales de typhiques.

Les cours d'eau des régions habitées sont souillés par les immondices provenant des maisons situées sur leurs rives, par les égouts des villes, par les eaux de pluies qui s’y déversent en entraînant les résidus de la surface du sol. Quoique la rapidité du courant et une large exposition à la lumière constituent des conditions défavorables à la survie du bacille d’Eberth, les: villes, qui s’abreuvent directement aux rivières ou aux fleuves, sans en. purifier l’eau, payent un lourd tribut à Ja maladie. À Angoulême, où la population consommait l’eau souillée de la Charente, la morbidité typhique dans la garnison s'élevait mensuellement à 18,2 pour 1000; elle rétrograda à 0,63, pour 1000 quand, en 1889, la ville fut dotée d’eau de source. Ea même décroissance de la fièvre typhoiïde a été constatée parmi la population de la presqu'île de Gennevilliers, quand Peau de Seine brute qu'elle consommail fut remplacée par de l’eau de Seine épurée par filtration sur sable. À Paris, on voil survenir brusquement: une recrudescence de la: fièvre typhoïde toutes les fois que, pour une raison quelconque, de Peau de rivière est distribuée en place de l’eau de source habituelle, et cette recru-. descence porte sur les arrondissements où se fait la distribution d'eau de rivière. Au mois d'octobre 1889, l’aqueduc d’amenée d’eau de la Vanne s'élant rompu et l'eau de rivière ayant été distribuée pendant 15 jours dans tout Paris, Chantemesse put annoncer qu'une épidémie de typhoïde courte et intense allait sévir; cela ne manqua pas de se produire.

Les épidémies de fièvre typhoïde d’origine hydrique affectent des allures différentes suivant le mode de contamination de l’eau. Lorsqu'il s’agit d’une eau potable souillée accidentellement à sa source, le passage des bacilles d'Eberth dans cette eau est massif et de courte durée (Brouardel et. Thoinot); la survie hydrique du bacille n’est dans ce cas que de quelques heures ou de quelques jours. La courbe de l’épidémie est la suivante après quelques jours d’oscillations ascendantes, elle atteint subitement un fastigium d'autant plus élevé que l’ensemencement a été plus abondant: puis la courbe s'abaisse brusquement; mais, à la suite de cette poussée, on voit, pendant plusieurs mois quelquefois, persister des cas clairsemés, qui sont certainement des cas de contagion engendrés par les malades ou : les convalescents. Quand la fièvre typhoïde dépend au contraire d’une … souillure continue de l’eau, comme cela se voit-dans les villes qui se. fournissent d’eau de rivière, la maladie règne à l’état endémique. La mor-. bidilté moyenne par dothiénentérie reste continuellement élevée ; mais.

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aux cas sporadiques isolés se surajoutent de temps à autre des poussées épidémiques plus ou moins violentes. | ne |

Dans les observations que nous avons citées concernant l’origine hydrique de:la fièvre typhoïde, nous n'avons qu'exceptionnellement noté la recherche et la découverte du bacille d’Eberth dans l’eau contaminée. La simple filiaüon des faits, indépendamment de tout examen bactériologique, démontre en effet surabondamment la réalité de cette origine hydrique. De plus, la recherche du bacille d’'Eberth dans l’eau est assez décevante : lorsqu'il s'agit d’une épidémie par souillure accidentelle de l’eau, le passage du bacille s’est fait quinze jours ou trois semaines avant que l'épidémie ne devienne manifeste el par conséquent avant tout prélèvement d’eau dans un but bactériologique. Même lorsque la souillure est continue, il est exceptionnel, avec les moyens les plus perfectionnés, d'isoler de l’eau le bacille d'Eberth.

Ce microbe a pourtant été décelé dans certains cas : Chantemesse et Widal l'ont trouvé dans le puits cause de l'épidémie de Pierrefonds et dans un réservoir au moment de l'épidémie de Clermont-Ferrand; Tavel dans la vase accumulée dans un eul-de-sac de la conduite d'eau d'Olten six mois après l'épidémie qui avait régné dans cette ville; Dreyfus-Brisac et Wida dans l’eau d’une borne-fontaine ayant occasionné une épidémie de maison à Ménilmontant; et il en existe d’autres exemples.

Ce qui rend particulièrement difficile la découverte du bacille d’Eberth, c'est la présence constante en même temps que lui du colibacille dans l'eau souillée par les matières fécales. Dans les milieux de culture ordinaire, le cohibacille, en raison de sa vitalité exubérante, étouffe le bacille d'Eberth, et 1l faut que ce dernier se trouve en quantité considérable pour donner quelques colonies. Malgré les perfectionnements qui ont été apportés dans les milieux de culture propres à déceler le bacille typhique, la découverte de celte bactérie dans l’eau est encore exceptionnelle à l'heure actuelle et nous avons déja mentionné la statistique de Busquet. qui, sur 980 échanüllons d’eau examinés en dix ans, ne l’a trouvé que six fois.

L'examen bactériologique de l’eau n’en donne pas moins des renseignements précieux dans les enquêtes épidémiologiques, et la constatation du cohbacille en abondance à une portée considérable. On peut affirmer en pareil cas que l’eau à subi la souillure fécale et on est en droit de la regarder comme génératrice possible de fièvre Lyphoïde.

Rôle du lait. — Cameroun, de Dublin, a le premier, en 1879, signalé une épidémie de fièvre typhoïde ayant frappé 67 personnes qui consommèrent du lait venant d'une ferme où avait sévi la fièvre typhoïde. Deux ans plus lard, Hart rassemblait une série de faits du mème genre. Ultérieurement des épidémies reconnaissant celle origine ont été observées par Reimann à Dunkerque, par Bonnaix à Fontainebleau, par Dubief au Kremlin-Bicètre, par Vincent à Pithiviers, à Saint-Jean-d'Angély, à Carrières-sur-Seine, et à l’élranger par Von Mering, Roth et Reich, Kober, Hünermann, Kossel et Scheller. H. Kayser(!‘) estimait, en 1909, que 26 pour 100 des fièvres typhoïdes observées à Strasbourg élaient dues à lingestion

1. H. Kayser. Ueber die Art der Typhusausbreitung in einer Stadt. Müinchener Med Woch., 1909, p. 1067 et 1150.

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