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LA DYSENTERIE BACILLAIRE

certain nombre de succès, mais ils présentent le grave inconvénient d’être : très douloureux et de provoquer des coliques assez violentes : on ne les emploie plus guère actuellement.

La salicaire et la salicairine semblent avoir donné des résultats favorables entre les mains de Dufour.

Traitement sérothérapique de la dysenterie bacillaire. — Depuis plusieurs années, on s'adresse de préférence à la sérothérapie dont l'efficacité est partout reconnue, ainsi qu'en témoignent la diminution de la mortalité, puis, dans chaque chaque cas particulier, la rapidité de l’amélioration qu'elle amène. L'expérience de la guerre a montré que seule la dysenterie bacillaire produite par le bacille de Shiga est favorablement influencée par le sérum anti-Shiga. Les dysenteries à Flexner et à Hiss n’en bénéficient que médiocrement. De plus, fait assez surprenant, elles ne semblent pas bénéficier davantage de l'application des sérums anti-Flexner et anti- Hiss; elles ne sont donc justiciables que des moyens thérapeutiques usuels.

Les effets de la sérothérapie antidysentérique sur la Shiga-dysenterie sont les suivants :

Diminution de la mortalité. — Quand la sérothéraphie antidysentérique est appliquée rationnellement, suivant une technique régulière, elle fait baisser la mortalité des deux Uers.

Atténuation des symptômes. — Dans les formes moyennes, voire même certaines formes graves, quelques heures après l'injection de sérum, les coliques violentes, les épreintes, le ténesme s’apaisent, puis les déjections perdent bientôt leur caractère sanglant, deviennent simplement muqueuses pour prendre, en 24 ou 48 heures, l'aspect fécaloïde, indice de la guérison prochaine. De plus leur nombre s’abaisse bientôt à quelques unités et se réduit enfin à une évacuation quotidienne.

L'état général et les symptômes toxémiques, le refroidissement des extrémités sont aussi favorablement influencés : les vomissements, Fhypothermie, l’'albumine ne tardent pas à disparaître, le facies perd son aspect grippé, le visage son teint plombé el une sensation de bien-être succède bientôt à l’'adynamie profonde. Cette amélioration, qui se produit si rapidement dans les cas trailés tout au début, est plus lente à survenir chez les malades dont la dysenterie remonte à une date plus éloignée. «

Dans les formes extrêmement graves comportant un pronostic fatal, les effets curalifs du sérum ne sont pas moins saisissants, mais l'organisme étant profondément infecté ou intoxiqué, on ne saurait s'attendre à une détente aussi, brusque que dans les cas précédents.

Diminution de la durée de la maladie. — La brusquerie de cette détente amène fatalement une réduction notable dans la durée de la maladie. De plus la convalescence est rapide et courte.

Ces faits s’apprécient d’une façon très nelte quand on compare les cas soumis au sérum et les cas « témoins », de forme superposable aux précédentes, mais n'ayant bénéficié que des eee ordinaires.

Le ble raisonnement d’ailleurs conduit à penser que le sérum est le seul traitement rationnel : les purgatfs, les lavages antiseptiques modifient seulement les lésions locales, ils sont totalement impuissants vis-à-vis de la

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toxine mise en circulation dans l'organisme. Le sérum antidysentérique, au contraire, lutte non seulement contre l'agent spécifique, logé dans les parois intestinales, mais encore, en neutralisant la toxine, il lutte contre la toxémie, phénomène le plus à redouter dans la dysenterie bacillaire.

Mode d'emploi du sérum antidysentérique. — Les injections de sérum anthidysentérique se font sous la peau; leur technique ne diffère en rien des injections sérothérapiques connues.

Tout dans la réussite de cette sérothérapie dépend de l'appréciation de la dose à injecter; c’est là le seul point délicat de la méthode, c'est aussi le point essentiel. Elle doit varier suivant la gravité de la maladie, et l’âge des sujets.

Dans les dysenteries d'intensité moyenne, prises au début, 20 centimètres cubes de sérum suffisent habituellement pour assurer la sédation immédiate de tous les symptômes, et la guérison rapide. Si cependant, après 24 heures, les-coliques persistent avec leur intensité première, et si les selles, bien que diminuées de fréquence, sont encore nombreuses, il est indiqué de renouveler l'injection le lendemain. Dans les formes sévères ou les formes moyennes datant de plusieurs jours, une troisième injection devient nécessaire.

Dans les dysenteries graves, injecter d'emblée 40 à 60 centimètres cubes de sérum, et réitérer cette dose le lendemain. Si les troubles intestinaux ne sont pas suffisamment apaisés, l'emploi du sérum doit être poursuivi à doses décroissantes jusqu'à ce que le nombre des selles s’abaisse à quelques unités.

Dans les formes les plus graves, surtout quand l'intervention est tardive, il est nécessaire de recourir à des .doses massives, 80, 90 et même 100 centimètres cubes, jusqu'à ce que les troubles s’amendent. Comme précédemment, le sérum sera ensuite continué à doses décroissantes.

Pour les enfants, les doses indiquées ci-dessus doivent être réduites de moitié. :

Enfin, le sérum antidysentérique est efficace contre la dysenterie bacillaire seule; il est dénué de toute activité sur la dysenterie amibienne.

Vaccinothérapie. — Quelques essais de vaccinothérapie ont été tentés par plusieurs auteurs dans les cas où la sérothérapie restait inefficace. On a utilisé dans ce but soit les stock-vaccins, soit de préférence les auto-vaccins. Ces vaccins étaient préparés à l’aide d’émulsions microbiennes, soit tuées par la chaleur (Noc, d'Hérelle), soit stérilisées par l’iode (Ranque et Sénez, Rathery, Ranque et Roux).

Cette thérapeutique semble avoir favorablement influencé l’évolution des atteintes auxquelles elle a été appliquée; toutefois les observations ne sont pas en nombre suffisant pour permettre de formuler encore une opinion définitive. Cette méthode spécifique mérite néanmoins d'attirer l'attention et d’être employée, notamment dans les cas qui ne sont pas justiciables d’une amélioration par la sérothérapie.

Cu. Doprer.

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