VACCINATION PRÉVENTIVE
Il est possible de préserver par des injections de sérum les sujets qui ont été en contact avec les malades atteints de dysenterie bacillaire. Quelques faits parlent en ce sens :
En 1907, Rosculet observe une épidémie assez grave; les cas de contagion élaient nombreux dans les familles atteintes. Il tenta les inoculations préventives de 5 centimètres cubes de sérum sur 18 personnes entourant. les malades; aucun cas ne se déclara chez elles; sur 18 autres, au contraire, non injectées 14 atteintes se produisirent.
À Chauvigny (Vienne) éclate une épidémie qui se propage rapidement dans plusieurs familles ; à 15 sujets il pratique des inoculations préventives de 10 centimètres cubes : 14 restèrent indemnes, un seul est atteint de dysenterie très bénigne 9 jours après l'injection (D' Michiels) (!).
Ce dernier fait s'explique : on sait que l’action préventive des sérums ne s'exerce pas au delà de 10 à 12 jours environ. Il montre, en tout cas, que Pour assurer la continuation de l’immunité passive il y a lieu de renouveler les injections tous les 8 à 10 jours.
La vaccination microbienne a été assez peu employée chez l homme.
Dès 1898, Shiga signalait que l’injection sous-cutanée des cultures tuées du bacille dysentérique donnait lieu à des troubles locaux et généraux assez sérieux pour que la méthode ne puisse être appliquée. Il imagina alors le procédé suivant :
Il injectait simultanément, sous la peau, du sérum et une demi-anse de culture sur agar. Trois à quatre jours plus tard, il injectait une dose double de culture, mais sans sérum; l’épreuve, effectuée sur 1000 Japonais, ne parut pas efficace.
Plus tard, il injecta, la première fois, parties égales de sérum et de cul ture, et, la deuxième fois, 20 de sérum pour 80 de culture. La réaction locale et générale.fut faible. Les résultats furent meilleurs que les précédents:
Depuis lors, cette vaccination préventive, en raison des fortes réactions qu'elle entraînait, semblait être tombée dans l'oubli. Dès le début de la guerre cependant, de nouveaux essais furent tentés, en Russie notamment ; on y renonça. En Angleterre, les expériences de Gibson s’orientèrent vers l'emploi des vaccins sensibilisés ; la question est encore à l'étude. Enfin, en Allemagne, on utilisa, sur 200000 sujets environ, un vacein composé de bacilles, de toxine et d’antitoxine connu sous le nom de « Dysbacla », sorte de vaccin sensibilisé : lés injections, pratiquées au nombre de 3, à 5 à 7 jours d'intervalle, n'auraient donné que des réactions légères, locales et générales. On ignore encore les résultats obtenus par ce procédé.