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DESCRIPTION CLINIQUE

L'allure clinique de la dysenterie amibienne est tout autre que celle de la dysenterie bacillaire; autant cette dernière prend un caractère aigu, autant la dysenterie amibienne est torpide, insidieuse; quand elle n'est pas compliquée de lésions surajoutées, elle est fertile en rechules et accalmies

Can Dopter.

308 LA DYSENTERIE AMIBIENNE.

successives, passe ainsi le plus souvent à la chronicité ; enfin elle se complique souvent d'abcès du foie.

Forme commune. — Phase initiale. — Pendant quelques jours les malades présentent de l'embarras gastrique, de la fatigue, de l'irrégularité dans l’appéüt, puis de la diarrhée d'apparence banale; les selles sont

copieuses, jaunâtres ou verdâtres, plus ou moins colorées par la bile; il

n'existe pas de fièvre; la langue est blanche, saburrale, la soif est vive, les urines troubles et diminuées de volume. Au bout d'une à deux semaines de cet état, les symptômes dysentériques apparaissent progressivement.

Période d'état. — Ainsi se constitue petit à petit, progressivement, insidieusement, le syndrome dysentérique, constitué essentiellement par des selles muqueuses, mucoso-sanglantes, accompagnées de coliques plus ou moins violentes et de ténesme.

Les selles sont cependant moins fréquentes que dans la dysenterie bacillaire ; les coliques n’ont pas la même violence; le ténesme est moins marqué.

L'état général, malgré le peu d’acuité des symptômes, souffre néanmoins ; un amaigrissement notable ne tarde pas à se faire sentir; la peau devient sèche, les traits se tirent, le facies devient pâle, terreux.

Dans les cas légers, cette période dysentérique proprement dite peut ne durer que 10, 20, 50 jours, à condition qu'un traitement approprié soit institué.

Dans les cas moyens, la durée peut atteindre 2, 3 mois, puis tout rentre dans l’ordre petit à petit, laissant toujours une convalescence longue, trainante, pénible qui s’éternise, en attendant qu'aux accalmies trompeuses fassent suite des rechutes successives.

Dans les cas graves, si le malade n’est pas emporté par une complication intercurrente, c'est 4, 5, 6 mois que la période d'état persiste avec des rémissions, mais peu durables.

Dans quelques rares cas, la guérison est complète après cette première atteinte, et le malade peut ne plus jamais se ressentir de l'atteinte amibienne qu'il a présentée. Le plus souvent au contraire, au bout de plusieurs mois, sous l'influence d’un refroidissement, d’un écart de régime, les phénomènes dysentériques réapparaissent; 1l s’agit alors d’une récidive. Chez quelques malades, c’est au jbout de plusieurs années que ces récidives se montrent, tout en ayant présenté dans l'intervalle l’état de santé le plus parfait. Quelquefois encore l'atteinte première a été extrêmement bénigne et ne s'est révélée que par la diarrhée avec ou sans mucus sanglant, et ce nest que plusieurs années après que la récidive survient, pouvant PAUSE alors avec des allures dysentériques bien caractérisées.

Phase chronique. — Quand elle succède à des récidives, la dysenterie chronique se révèle par les mêmes signes, toujours assez peu accusés, suivis de rémissions, d’accalmies laissant place de nouveau à des reprises, et cet état persiste des mois, résistant souvent aux traitements les plus énergiqués.

Elle peut aussi apparaître d'emblée ; après une diarrhée qui se prolonge, le

syndrome prend naissance, mais atténué, incomplet, ne durant que quelques jours; puis c’est le retour à la diarrhée avec, de temps à autre, du mucus sanglant dans les matières, et ainsi de suite.

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