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COMPLICATIONS ET SUITES

Comme première complication rappelons ici les phénomènes d’entérite qui sont si fréquents au cours de l’amibiase, surtout l’amibiase chronique, et qui reconnaissent pour causes des germes ou des parasites qui associent ou superposent leur action à celle de l’'amibe spécifique (Voir dysenterres associées). Il y a lieu d’y ajouter d’ailleurs les entérites dues, les unes aux troubles apportés au fonctionnement des glandes digestives, les autres à des fermentations protéolytiques (diarrhées putrides); d’autres enfin sont symptomatiques d’une entéro-névrite (Lœper).

Une des complications les plus fréquentes et les plus graves, est la péritonite par perforation, déjà décrite au chapitre de la dysenterie bacillaire. Mais dans l’amibienne elle est plus fréquente en raison de la lente évolution du processus et de la profondeur constante des ulcères. C’est habituellement du côté de l'S iliaque qu’elle se produit; elle peut survenir avec fracas el donner lieu aux symptômes connus, ou bien, le plus souvent, la péritonite suppurée évolue insidieusement sans se révéler par le moindre indice; on en donne habituellement comme preuve le fait de rencontrer sur le même intestin 2, 3, 4 perforations qui ne se sont assurément pas produites simul- . tanément, mais les unes après les autres, sans qu'un signe appréciable ait permis de les déceler. Cette péritonite entraîne fatalement la mort.

Comme dans la dysenterie bacillaire, on peut observer des thromboses multiples, produites par des agents d'association secondaire, ayant envahi la circulation. De même aussi des septicémies, des pyohémies incidentes dues à une cause identique et provoquant des abcès du côté des viscères, du poumon notamment, des pleurésies purulentes, des infarctus du rein, de la rate, etc. |

Il semble que certaines paralysies centrales puissent être mises sur le compte de la dysenterie amibienne, sans toutefois qu'on soit assuré du véritable rôle de l’amibe.

On a signalé les hydropisies comme complications de la dysenterie amibienne. Il est vrai que les malades qui en sont atteints sont le. plus souvent des paludéens, et il devient difficile de faire la part de l’une ou de l’autre infection dans la détermination de ces œdèmes. Kelsch et Kiener estiment qu'ils relèvent plutôt de la cachexie palustre.

Nombre de dysentériques amibiens présentent, après la guérison de leur dysenterie, des troubles digestifs dont l’origine est mal déterminée et qui se traduisent par de lentérile chronique. Est-ce lésion de l'intestin grêle, est-ce modification du chimisme gastrique, pancréatique, hépatique? l'avenir nous l’apprendra.

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Le pseudo-rhumatisme dysentérique s'observe aussi au cours de la dysenterie amibienne ou pendant la convalescence; il est moins fréquent que dans la dysenterie bacillaire. Sous l'influence des infections secondaires il peut se compliquer de suppuration de l'articulation ou des articulations atteintes : le colibacille en est la plupart du temps la cause.

Enfin, la complication la plus fréquente de cette dysenterie amibienne est l'hépatite suppurée. Elle survient soit au cours de l’évolution dysentérique, soit de longs mois après sa guérison. Les dysenteries qui lui donnent naissance sont indifféremment graves ou bénignes. Certaines sont même assez légères pour passer inaperçues, à tel point qu’on a affirmé la possibilité des abcès du foie amibiens sans dysenterie antécédente. Les recherches patientes de Kelsch et Kiener ont démontré que toujours dans l'intestin des sujets qui succombent on trouve des lésions ulcéreuses, soit en évolution, soit en régression, soit complètement cicatrisées.

Rappelons aussi que des abcès du poumon, du cerveau peuvent survenir, traduisant la généralisation de l’amibiase.

DIAGNOSTIC

Diagnostic clinique. — On peut par la clinique arriver à déterminer avec assez de précision s’il s’agit d’une dysenterie ou d’un syndrome dysentériforme relevant soit d’une entérite, soit d’un néoplasme intestinal, soit de toute autre lésion pathologique siégeant sur le gros intestin. Mais les difficultés commencent quand il faut différencier par les symptômes la dysenterie amibienne de la dysenterie bacillaire. Il est classique d’assigner à l’amibiase intestinale un début lent, insidieux, une marche évolutive à tendance chronique, alors que la dysenterie bacillaire débute brusquement et prend un caractère d’acuité très accusé dans son allure générale. Mais de même que l’on connaît des dysenteries amibiennes qui se révèlent d'une façon assez soudaine et aiguë, de même la dysenterie bacillaire peut, en certains cas, se manifester d’une façon assez sournoise et torpide.

La clinique est donc souvent impuissante à faire formuler un diagnostic net; en matière de dysenterieamibienne, le diagnostic ne peut se faire que par la constatation du parasite, l’amibe dysentérique, soit vivante, soit enkystée.

Diagnostic recto-sigmoïdoscopique. — On doit à Bensaude et à Carles des données intéressantes sur l'application de la rectoscopie au diagnostic de la dysenterie amibienne. Cette méthode peut donner au clinicien des renseignements importants sur le caractère des lésions recto-sigmoïdiennes, au moins dans les parties accessibles par ce procédé. Elle montre les altérations à leurs diverses périodes, et permet de constater les ulcérations et exulcérations de l’amibiase colique, ainsi que l’état inflammatoire de la muqueuse: On peut considérer toutefois que la rectoscopie peut déterminer l’état des lésions, leur marche, etc.; elle complète et précise les renseignements donnés par la clinique, mais elle semble difficilement apte à préciser la nature étiologique de l'affection. Elle ne peut remplacer l'examen microscopique, seul capable de faire affirmer la présence du parasite en cause.

Cu. DopTERr.

514 LA DYSENTERIE AMIBIENNE.

Diagnostic microscopique. — 1° Recherche des amibes vivantes. a Examen microscopique des selles à l'état frais. — Prélever un flocon muqueux de selles dysentériques récemment émises (sans mélange avec l'urine qui tue l'amibe). Le déposer sur une lame, recouvrir d’une lamelle, en évitant un traumatisme trop violent qui paralyserait les mouvements caractéristiques du parasite, Observer avec un objectif à sec (n° T ou 8 de Stiassnie, par exemple).

Le microscope montre l’existence du mucus, de cellules épithéhales provenant de la muqueuse intestinale, des hématies, des leucocytes (infiniment

Fig. 7. — Préparation de dysenterie amibienne. Amibes dysentériques mobiles. (Ent. histolytica.) À

plus rares que dans la dysenterie bacillaire), des bactéries habituellement très nombreuses, et enfin des amibes spécifiques (fig. 7).

L'Entamæba dysenteriae peut se présenter sous les deux formes différentes, Ent. histolytica et tetragena, signalées plus haut; rappelons que la première s’observe à la période aiguë de l'affection; la deuxième commence à apparaître lorsque l’acuité de la dysenterie rétrocède. Voici leurs caractères :

Ent. histolytica : Corps protoplasmique divisé en deux parties : l’une claire, transparente, amorphe, douée de mouvements pseudopodiques très actifs; c’est l’ectoplasme; l’autre sombre, granuleuse (bactéries, débris cellulaires et alimentaires) : c’est l’endoplasme, mobile lui aussi, entraîné par les mouvements de lectoplasme ;ilest bourré d'hématies, et est pourvu d’un noyau qui, à l’état frais, est peu perceptible.

Ent. tetragena a la même constitution générale, mais ses mouvements sont moins actifs que dans la forme précédente ; son endoplasme ne contient pas d’hématies; il est pourvu d’un noyau très apparent doté de granu-

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lations réfringentes et d’un caryosome central parfaitement visible. La distinction de l’endoplasme et de l’ectoplasme est moins nette que dans la forme précédente.

Cette deuxième variété ressemble assez à l'amæba coli vulgaire; 1l est souvent difficile, à l’état frais, de les différencier de cette dernière; la différenciation n’est alors possible que sur les préparations colorées.

Examen après coloration : Quand les amibes ont perdu leur mobilité (examen fait plusieurs heures après l'émission), elles prennent une forme

chelle en

Fig. 8. (Ravaut et Krolunitski). — Kystes d’'Ent. histolytica : 1-6 = Kystes à 1 ou 4 noyaux; 6-9 — Kystes avec bâtonnets sidérophiles. 10, 11 et 12 — Kystes de Lamblia intestinalis; 13-414 = Globule blanc et globule rouge ; 15-16 — Blastocystis hominis.

ronde qui ne permet pas de les distinguer des autres éléments cellulaires. L'examen doit être pratiqué alors après coloration spéciale :

Fixer par le sublimé alcoolo-acétique ; colorer par l’'hématoxyline ferrique (méthode de Heidenhain). A l'examen microscopique :

Ent. histolytica se montre constituée par un protoplasma teinté en rose, alvéolaire, avec inclusion d’hématies. On constate la présence d’un noyau sphérique, limité par une membrane mince, et pauvre en chromatine.

Ent. tetragena. Présente la même structure protoplasmique, mais les hématies sont absentes; on perçoit un noyau dit « en roue » avec caryosome central. Ce détail le distingue de celui de l'amæba coli, dont le noyau n’est pas en roue ; le caryosome est excentrique.

20 Recherche des kystes amibiens. — Si les recherches précédentes n’ont pas fourni de résultats suffisants, le diagnostic peut encore être assuré par

Cu. Doprer.

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