LA DYSENTERIE AMIBIENNE
la recherche des kystes amibiens. On utilisera alors de préférence pour cette épreuve, non plus le mucus, mais les matières fécales elles-mêmes.
L'examen peut se faire soit à l’état frais, soit de préférence après coloration (méthode d’'Heidenhain) sur une dilütion d’une parcelle de matière fécale, faite directement sur une lame dans une goutte d’eau PITÉRERRS Les caractères essentiels suivants sont à retenir :
Les kystes d'Ent. dysenteriae se présentent sous l'aspect de petites sphères de 12 u 5 à 14 u de diamètre, entourées d’une membrane à double . paroi (fig. 8). Leur contenu est granuleux et montre la présence de 4 noyaux et de bâtonnets sidérophiles (Mathis).
Les kystes d'Ent. col (fig. 9) au contraire sont plus volumineux (16 à 20 x);
Livoilipunluurg furet iris fenuliuueliuuul 5 10- 45. 20 :95 30 35 40
£chelle en FC
Fig. 9. — Kystes d’Ent. Coli présentant 1 à 8 noyaux (d’après Ravaut et Krolunitski).
ils contiennent 8 noyaux et ne possèdent pas de bâtonnets sidérophiles.
Dans les cas où les kystes sont rares, ils sont difficilement décelables. Carles et Barthélemy ont signalé l'avantage d’un procédé capable de faire porter les recherches, non plus sur une parcelle, mais sur 20 à 30 grammes de matières fécales. Après délayage dans 200 c. c. d’eau physiologique formolée à 10 pour 100, on triture de façon à obtenir une émulsion homogène que l’on filtre successivement sur des tamis de fsoie à mailles de plus en plus fines. Puis on centrifuge : après décantation du liquide surnageant, on émulsionne le culot obtenu avec une solution citrique à 12 pour 100 formolée à 2 pour 100, qu'on additionne de 1 à 2 c.c. d’éther, destiné à dissoudre les graisses. On centrifuge une 2° fois puis une 5° : reste un culot minime où doit se trouver réunie la totalité des kystes amibiens. Leur recherche est effectuée comme précédemment.
TRAITEMENT. Fasc. IIE — 317
Tels sont les procédés pratiques de recherche des amibes à forme végétative ou enkystée. Rappelons seulement pour mémoire le procédé de l’inoculation dans le rectum du chat, qui reproduit, en cas d’amibiase, une dysenterie amibienne typique; mais les résultats ne peuvent être constatés qu'après une semaine environ. La recherche de l’éosinophilie toujours présente si l’'amibiase est en cause, n’en peut constituer qu'un indice, car elle peut se rencontrer dans toutes les dysenteries d'origine parasitaire.
Enfin, un critérium nouveau peut être fourni par une cure d'émétine qui agit d’une façon très heureuse sur la guérison de l’amibiase, alors qu’elle reste totalement inefficace sur la dysenterie bacillaire.
PRONOSTIC
Le pronostic de la dysenterie amibienne est assez variable.
Il varie tout d'abord suivant les régions : aux Indes, on sait que la mortalité par dysenterie amibienne est extrêmement élevée. En d’autres pays, elle est infiniment moins marquée.
Il existe des différences aussi suivant les malades; en général le pronostic immédiat n’est pas grave; il est rare qu'une première atteinte de cette dysenterie entraîne la mort : les cas où le malade succombe rapidement en quelques jours concernent généralement des dysenteries compliquées d'infections surajoutées : gangrène, seplicémie, etc. Quand la dysenterie passe à l’état chronique, le pronostic doit être plus réservé, car le malade est exposé en tout temps, et sous la moindre influence, à des rechutes, des récidives, qui le rendent inapte à vivre l’existence normale. Il s’achemine ainsi parfois vers la cachexie dysentérique où il peut être la proie de toute infection intercurrente.
C'est en réalité l'éventualité d’une hépatite suppurée ultérieure qui assombrit beaucoup l'avenir des dysentériques amibiens; la léthalité que cette complication entraîne est élevée, surtout quand elle se complique elle-même d’une infection secondaire d’origine intestinale.
TRAITEMENT
Les modes de traitement qui ont été essayés dans la dysenterie amibienne sont éxtrêmement nombreux; les plus importants seuls seront indiqués :
Traitements médicaux.— On a préconisé les lavages antiseptiques, les purgatifs, l’ipéca, etc.
Lavages antiseptiques. — Rappelons ici les lavements au nitrate d’argent, au permanganate de potasse (Voir Dysenterie bacillaire).
En dehors de ces derniers, on a utilisé les lavements aux sels de quinine (3 gr. sulfate, chlorhydrate, bromhydrate de quinine pour 500 ou 1000 gr. d’eau) en raison de leur action amibicide directe.
Les lavements créosotés (1 à 2 gr. de créosote dissous dans un peu d'huile
Cu. Dopter.
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d'amandes douces avec 250 à 500 gr. d'eau) ont donné de bons résultats.
Ils sont indolores, hémostatiques, désodorisants. Mais chez les sujets sen-
sibles à la créosote, on observe facilement des accidents d’intolérance.
Les lavements à la liquèur de Labarraque, agent hautement désinfectant (8,10,12gr. de ce produit pour un litre d'eau tiédie), amènent assez rapidement une sédation des symptômes dysentériques, mais leur action doit être prolongée. .
Les lavages antiseptiques de l'intestin ne peuvent agir, à la vérité, que sur les couches les plus superficielles du gros intestin; ils ne sauraient
atteindre ces parasites logés dans les couches profondes : l'amélioration
qu'ils amènent n’est donc le plus souvent que temporaire. Purgatifs. — À doses répétées, et fractionnées, les purgatifs sont encore
très employés. Le sulfate de soude, le sel de Seignette, etc., donnent de
bons résultats, comme dans la dysenterie bacillaire. Il en est de même du calomel que l’on utilise seul ou associé à l’ipéca sous forme de pilules de Segond, surtout dans les formes chroniques. Depuis quelques années, les Simaroubées jouissent d’une certaine faveur; on utilise ainsi l'écorce de Simarouba :
Écorce idée Shnarouba Te ET AN EEE 6 grammes. Eatr. it Es SE D RER EE 400
Porter à l’ébullition et ajouter X gouttes de laudanum de Sydenham. Ingérer en plusieurs jours en deux fois, matin et soir.
Le Kho-Sam (graine du Brucea Sumatrana, arbuste de la famille des Simaroubées) a été introduit dans la thérapeutique par le D' Mougeot. Prendre chaque jour 8 à 12 graines. Actuellement le Kho-Sam se vend sous forme de comprimés (Elkossam). On l’emploie de la façon suivante :