‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 129 sur 204 · jour. 4 comprimés. 8 centigrammes de Kho-Sam · texte numérisé non relu

jour. 4 comprimés. 8 centigrammes de Kho-Sam

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L'action du Kho-Sam est remarquable dans un grand nombre de cas. Du 2° au 4° jour de traitement, après une légère élévation du chiffre quotidien des selles et quelques coliques, le sang disparaît des déjections, puis les selles sont moins fréquentes, redeviennent io et leur chiffre tombe à l'unité.

Mais une cure de Kho-Sam n'est pas toujours suffisante pour amener a guérison; on observe des rechutes.

Ipécacuanha. — L'ipécacuanha a été utilisé dépuss de longues années sous forme de sirop d’ipéca ou de préférence d’ipéca à la brésilienne. Voici comment on le prépare :

Sur 2, 4 ou 8 grammes de racine concassée d’ipéca on verse la valeur d'un verre d’eau bouillante : après macération pendant plusieurs heures, on décante ; le produit de cette décantation est donné à ingérer au malade.

Béranger-Féraud préfère pour cette préparation la poudre d’ipéca:

Dans un récipient de verre on dépose 2 à 4ou même 8 grammes de poudre

TRAITEMENT. Fasc. IIT — 319

d'ipéca sur lesquels on verse 200 à 500 grammes d’eau bouillante : on laisse reposer pendant 12 heures environ. On décante, on répète l'opération sur la poudre déjà employée, une deuxième et même une troisième fois.

Émétine. — En 1912, L. Rogers a eu l’idée d'employer l’ipéca sous une autre forme ; 1l injecte sous la peau du chlorhydrate ou du bromhydrate d’émétine (0 gr. 02 à 0 gr. 08). L’émétine est un des alcaloïdes connus de l'ipéca.

Ce traitement est d'une activité incomparablement supérieure à ceux qui ont été utilisés jusqu'alors, et même à l’ipéca donné par la bouche ou en lavements.

Effets sur l’amibiase intestinale. — En général, après une ou deux injections de 0 gr. 04 ou 0 gr. 08 d’émétine, une amélioration très nette se dessine. Les coliques diminuent ou même disparaissent ; le ténesme et les épreintes diminuent; les selles changent d'aspect et perdent leur aspect muqueux.

Après une 5° et 4° injections faites les jours suivants, l'amélioration se poursuit : le chiffre des selles diminue, elles deviennent diarrhéiques, puis se moulent ; les amibes à forme végétative disparaissent, et souvent, après 5 à 6 jours de ce traitement quotidien, le malade finit par ne nine présenter qu'une selle normale.

En même temps, l’état général se relève rapidement, les forces reviennent, le poids s'élève à tel point que certains malades récupèrent 2 kgs en deux semaines.

La constatation de cette amélioration si nette a d’ailleurs engagé L. Rogers, puis Chauffard à attribuer à lémétine, vis-à-vis de l’amibe dysentérique, un pouvoir spécifique analogue à celui que possède la quinine pour l’hématozoaire du paludisme. Elle semble bien, en effet, douée d’un caractère de spécificité, d'autant qu'elle reste imefficace sur les lésions intestinales étrangères à l’amibiase.

Insuccès. — L'observation montre cependant que la cure d’émétine se heurte parfois à des insuccès qu'il convient de retenir :

lo Certaines atteintes d'amibiase intestinale résistent à un traitement répété à doses journalières suffisantes, et bien conduit : les symptômes dysentériques rétrocèdent en quelques jours, puis persistent malgré le traitement. Il est difficile de savoir à quoi il faut attribuer cette émétinorésistance individuelle.

9 L’émétine qui jugule en général les accès d’amibiase ne met pas le malade à l'abri des rechutes intestinales, ni de l'hépatite suppurée. La cause de ces insuccès -relatifs doit être cherchée dans l'impuissance du médicament à atteindre les kystes amibiens (Marchoux, Chauffard, Dopter, etc.).

Bref, l’'émétine « blanchit », mais ne guérit pas. Elle présente à cet égard encore la plus grande analogie avec la quinine pour le paludisme et avec l’arséno-benzol pour la syphilis.

M. Chauffard a pensé qu’on pourrait remédier à ces insuccès en utilisant des traitements successifs capables d'arrêter le développement des amibes jeunes issues des kystes, au fur et à mesure de leur naissance. Mais on se

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