PLANCHE
Bordet et Gengou (!) pour la recherche de la sensibilisatrice, a été systématiquement pratiquée pour le diagnostic des vibrions par Ruffer et Crendiropoulo. Ces auteurs, en expérimentant sur 42 vibrions d'origine diverse, n’ont pas pu constater une concordance entre la fixation du complément et les autres épreuves. Leurs résultats ont été confirmés par Haendel et par Schutze, mais Bocchia, de Besche et Kon et plus tard Crendiropoulo lui-même, ont trouvé que seuls les vibrions agglutinants fixent l'alexine. Les résultats tiennent probablement à la nature des vibrions qu'on étudie. Le fait général qui se dégage de ces recherches, est que tous les vibrions cholériques donnent la réaction de fixation, tandis que celle-c1 est rare avec les non-agglutinants.
Nedrigaïloff a constaté que les selles riziformes non filtrées donnent également cette réaction.
Pouvoir hémolytique. — Quelques vibrions possèdent la propriété de dissoudre les globules rouges. Kraus (?) et ses élèves ont prétendu qu'un vibrion hémolysant n'appartient pas à la race cholérique, même sil présente toutes les autres réactions biologiques. Mais pendant les dernières épidémies de Saint-Pétersbourg, sur 642 vibrions, nouvellement isolés des selles, 406 donnaient une hémolyse nette. Huntemüller à vu que sur 55 vibrions agglutinants 33 étaient hémolytiques. Crendiropoulo a isolé des intestins des cholériques plusieurs vibrions hémolysants. Par contre F. Gotschhch, Defresine et Cazeneuve(5) et autres, trouvent qu'en général les vibrions cholériques n’hémolysent pas les globules rouges.
Les hémolysines sont solubles et passent par le filtre de porcelaine. Leur production dépend de la composition du milieu; injectées aux animauxelles praduisent des antihémolysines (Kraus). Cependant Talqwist n’a pu obtenir des antihémolysines avec le vibrion Nasik. Pour Huntemüller F hémolysi sine est identique avec la toxine. |
Etfet pathogène sur le pigeon. — D'après plusieurs auteurs, le vibrion cholérique, injecté dans les muscles pectoraux, n’est pas pathogène pour le pigeon. Mais les exceptions sont fréquentes (Clémente(*), Crendiropoulo).
Conclusions générales. — Quelle est la valeur de toutes ces réactions pour le diagnostic d’un vibrion cholérique? Si l’on résumait en un tableau unique les propriétés de tous les vibrions étudiés jusqu’à ce jour, on verrait qu'il n y a aucune corrélation entre les diverses réactions, sauf peut-être entre l’agglutination et l’épreuve de Pfeiffer. Mais Ià encore nous rencontrons quelques discordances. Svenson, examinant le sang de 27 cholériques dûment constatés, trouve l'épreuve de Pfeiffer positive chez 21 seulement, tandis que l’agglutination existait chez tous. Gaftky sur trois porteurs, examinés à ce point de vue, en rencontre un dont le sérum donnait la réaction de Pfeiffer sans l’agglutination. Malgré ces cas rares, dans la pratique du laboratoire ces deux réactions paraissent inséparables; elles sont probablement deux modalités d'un même phénomène.