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DU COMPLÉMENT

Groupe Fe

. . . — Groupe II — + —— + Groupe II. — Te SE Groupe Neue — — — +

Entre ces groupes, d'indéniables liens de parenté existent. Les vibrions des deux premiers groupes donnent la réaction de Pfeiffer, sont agglutinés par le sérum spécifique, et dévient le complément en présence de la même sensibilisatrice. Ceux du troisième groupe ne possèdent de commun avec les . deux précédents que la déviation du complément, mais cela signifie qu'ils ont des récepteurs communs. Les microbes du dernier groupe ne donnent pas les trois réactions principales, mais produisent des hémolysines identiques à celles des groupes précédents, en ce sens, qu'elles sont neutralhisées par les mêmes antihémolysines (Kraus).

Nous voyons donc qu'un vibrion peut perdre où gagner une de ses propriélés sans, pour cela, cesser d’appartenir à la même race. Nous verrons encore que d’autres Caractères, plus longs à déceler, mais plus propres à nous renseigner sur la nature cholérique d’un vibrion, présentent la même instabilité et-incertitude. Nous voulons parler de la production des toxmes et du pouvoir pathogène. :

Toxines. — Dans sa première communication, Koch avait déjà exprimé l'opinion que les symptômes du choléra sont dus à des substances solubles élaborées par le vibrion dans l'intestin. En 1885, Bouchard (!), injectant dans les veines des lapins des urines filtrées des cholériques, produisit la diarrhée, l’hypothermie, la cyanose et les crampes. Des expériences ultérieures ont démontré l'existence de divers poisons, dont la nature reste inconnue.

Pouchet@®), Villiers (5), Klebs (‘), Winter el Lesage(), Petri(f), Hüppelet

Ass. France. Avanc. Sciences, Grenoble, 1885. C. R. de l’Acad. des Sciences, 1884.

Ibid., 1885.

Allg. Wiener round. Zischr., 1887.

Bull. méd:, 1890. :

Arb. ausderr kais. Gesundheitsamte, 1890.

Arch. of Hyg., Bd, 15.

1 © Où & ON D

MICROPBIOLOGIE. Fasc. III. — 543

autres ont isolé diverses substances ressemblant plus où moins aux alcaloïdes. Cantani(!') le premier émit l’idée que la toxine cholérique était contenue dans le corps des microbes et ne diffusait dans les milieux qu'après la mort de ceux-ci. Gamaleïa(?) a vu que les cultures vieilles de 14 jours étaient très toxiques, tandis que leur filtrat était inoffensif. Il distingue deux espèces de poisons : une nucléoalbumine thermolabile et une nucléine thermostabile. La première détermine chez le lapin, en injection intraveineuse, la diarrhée, l'abattement, l’anurie et une mort plus ou moins rapide; la seconde, très toxique, produit, en injection sous-cutanée l'hypothermie et la mort en algidité. D’après Pfeiffer () les cultures en bouillon âgées de 1 à » Jours et filtrées sur bougie, sont inoffensives, même à hautes doses; au contraire le filtrat des cultures, vieilles de plusieurs mois, est très toxique el comporte comme une ptomaïne, qui n'a aucune ressemblance avec les poisons de Gamaleïa; mais les corps microbiens chauffés à 80° ou 90° donnent ces susbtances. Dans ses premières recherches Pfeiffer travaillait avec le vibrion de Massawa, qui est aujourd'hui considéré comme non cholérique, mais les expériences ultérieures de Wassermann, d'Issaëf et Kolle. de Carrière et Tomarkin ainsi que les beaux travaux. de Macfadyén, qui travaillaient avec de véritables vibrions cholériques, ont confirmé ses résultats. Sanarelli(*) obtient un produit toxique en désagrégeant les corps microbiens par la soude; Lüstig et Galeotti se servent du même procédé pour obtenir leurs PA ratéimes toxiques.

M. Roux, en introduisant dans le péritoine du cobaye des sacs de collodion remplis d’une culture de vibrions, voit mourir ces animaux plus ou moins rapidement sans trouver des vibrions dans les organes; de ce fait il conclut, qu'uné toxine soluble et dialysable traverse les parois des sacs et fait mourir les animaux Metchnikoff, Roux et Salimbem(5), partant de cette donnée, obtiennent une toxine soluble, en cultivant le vibrion cholérique dans un milieu spécial contenant du sérum de cheval. Brau et Denier (f) produisent une toxine soluble plus forte et plus constante, en employant des vibrions isolés de selles cholériques et n'ayant pas passé par l'animal, Ransom a préparé une toxine soluble, en filtrant des jeunes cultures de vibrions en bouillon.

D'après Kraus et ses élèves, les toxines solubles des vibrions d'ET Tor et Nasik sont thermolabiles et pathogènes pour le lapin, tandis que celle ‘du vibrion de Saïgon est thermostabile; en outre, le sérum préparé avec la toxine du vibrion d'El Tor neutralise toutes les autres toxines; celui préparé avec la toxine du vibrion Nasik neutralise sa propre toxine et celle d'EI Tor mais est sans action sur celle du vibrion de Saïgon, dont le sérum n'agit que sur sa propre toxine. On remarque donc ici le même phénomène que pour l’agglutination croisée de certains vibrions cholériques.

. Deutsche Med. Woch., 1885.

. Arch: Méd.'exp., 1892.

. Zeitsch. für Hyg. Bd 18-1894, Bd 19-1895, Bd 20-1895. Ann. Institut Pasteur, 1895.

. Ann. Institut Pasteur, 1896.

Ann. Institut Pasteur, 1896.

D og à QI Lo à

M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.

Pottevin(') à fait une importante contribution à cette question. Il à produit des toxines avec trois vibrions cholériques : le À, le B et le Berlin 70. Tandis que les toxines des vibrions À et Berlin 70 présentent tous les caractères de celle du vibrion El Tor, tels qu'il sont décrits par Kraus, celle du B ressemble à la toxine de Roux, Metschnikoff et Salimbeni. Les deux premières sont thermolabiles, en ce sens qu'elles perdent.la plus grande partie de leur pouvoir par un chauffage d’une heure à 50°; elles gardent néanmoins après l’action de la chaleur, le quart ou le huitième de leur toxicité originale. Par contre, la toxine du vibrion B perd, dans les premières minutes du chauffage, une petite fraction de sa toxicité, en conservant inaltérable la plus grande partie. Il y a donc dans ces deux espèces de toxines une partie thermolabile et une autre thermostabile, dont les pro portions diffèrent dans chacune d'elles. Les sérums produits par linjection des vibrions À et B, neutralisent in vitro les deux toxines, mais la neutralisation ne porte que sur l’élément thermolabile. |

De toutes ces recherches il ressort que les vibrions produisent deux espèces de toxines : des endotoxines et des poisons solubles. Mais lou l’em-. barras commence, c’est quand on veul étudier les caractères de ces divers produits. Si l’on ne considère que les endotoxines, on voit que certains auteurs trouvent des poisons endocellulaires, thermostabiles et sans propriétés d’antigène, d’autres obtiennent des éndotoxines thermolabiles et antigènes. Il en est de même pour les toxines solubles; les unes sont thermolabiles, les autres thermostabiles et enfin d’autres possèdent, plus ou moins bien partagées, les deux qualités à la fois. Les toxines solubles produites par les vibrions non cholériques sont identiques avec celles des vibrions cholériques et les endotoxines extraites par Pfeiffer du vibrion de Massawa, : possèdent les mêmes caractères que celles qu'on a rencontrées chez des vibrions sûrement cholériques.

Maladie expérimentale chez les animaux. — Choléra intestinal. — Les premiers qui ont esssayé systématiquement de donner la maladie aux animaux sont Nicati et Riestch(?). En introduisant directement la culture dans le duodénum, avec ou sans ligature du cholédoque, ils donnent aux animaux une infection mortelle. Koch, de son côté, obtient des résultats posiufs chez le cobaye, en introduisant par la sonde dans l'estomac quelques c. ©. d'une solution de carbonate de soude et 20 minutes après, 10e. c. d’une culture en bouillon des vibrions ; il a aussi soin d’injecter dans le péritoine 1 c. c. de teinture d’opium pour empêcher le péristaltisme intestinal. H. Violle et M. Crendiropoulo (5) déterminent les lésions typiques du choléra, en injectant une culture de vibrions, directement dans une anse intestinale, comprise entre deux ligatures. Zabolotni et Sawtschensko(‘), en nourrissant des spermophiles, petits rongeurs de Russie, avec du fromage enduit de cultures vibrioniennes, en tuent la moitié par le choléra typique.

1. Rapport sur les travaux de la Commission du choléra. Session extraordinaire du Comité permanent de l’Office international d'hygiène, avril 1913.

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