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MICROBIOLOGIE. Fasc. III. — 545
Metchnikoff (:), pensant que la flore intestinale est un obstacle à l'infection cholérique, s’est servi, avec succès, de lapins âgés de 1 à 4 jours, uniquement allaités par leur mère et, par conséquent, ayant un inteslin presque stérile. Wiener a donné le choléra intestinal à de jeunes chats et Karlinsky à de jeunes chiens. Pottevin et Violle(?) ont réussi à produire le choléra intestinal chez le singe par l'introduction des vibrions dans l'estomac, préalablement alcalinisé, après un jeûne prolongé, et administration d’une dose purgative de sulfate de soude. Cantacuzène et A. Marie(5) ont rendu cholériques des cobayes par l'introduction dans l'estomac des cultures vibrioniennes ou des matières fécales d'un cobaye cholérique, après un jeûne de 24 heures ; ils avaient soin d'irriter l'intestin par l'administration de podophyllin ou l'injection d'un sérum entérolytique.
Septicémie et péritonite cholérique. — Koch observa le premier la mort des cobayes à la suite d'injections péritonéales des cultures cholériques et Pfeïffer(*) étudia systématiquement ce procédé. Cette inoculation produit une simple péritonite n'ayant aucune ressemblance avec le choléra intestüinal, péritonite dont la gravité dépend de la dose et de la virulence du microbe.
Les injections sous-cutanées du bacille virgule à des cobayes sont suivies de mort avec hypothermie et collapsus, comme Ferran de Barcelone la montré en 1885. Le spermophile est très sensible à ce mode d'infection.
Les injections intraveineuses ont été étudiées chez le lapin, d’abord par Thomas, et ensuite par Kolle et Issaëff (5). Ces auteurs ont vu qu'un millionième d'une culture virulente peut provoquer la diarrhée, l’algidité et la mort. Brau et Denier(f) en injectant, dans les veines des chiens, un vibrion isolé par eux à Saïgon, ont produit des vomissements, de la diarrhée riziforme ou bilieuse, des lipothymies et des lésions ressemblant à celles du choléra.
Maladie expérimentale chez l'homme. — Les expériences tentées sur l'homme, dans le but d'étudier le choléra, on le comprend bien, sont rares; elles existent pourtant. Plusieurs savants ont avalé des cultures ou des déjections cholériques pour voir sur eux-mêmes les effets de l'infection. Pettenkofer absorba un c. c. de culture en bouillon, après alcalinisation de l'estomac : il n’a eu qu'une forte diarrhée. Emmerich, après plusieurs écarts de régime, avala une culture entière de vibrions ; il fut atteint de diarrhée avec selles riziformes, de vomissements, d’anurie et aphonie. Après plusieurs essais négatifs, Metchnikoff à réussi à provoquer, chez un jeune homme de 19 ans, les symptômes typiques du choléra, en lui faisant avaler un tiers de culture sur gélose d’un vibrion, isolé de selles cholériques, pendant l'épidémie de 1884 à Paris. Ce vibrion n’était plus pathogène pour le cobaye. Plus tard, il obtint d’autres résultats positifs avec des vibrions isolés des eaux de Versailles.
A côté de ces succès il y a d’autres expériences beaucoup plus nombreuses