C. R. Soc. Biol
M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.
qui ont donné des résultats complètement négatifs (Rochefontaine, Klein et autres).
Les effets pathogènes du vibrion chez l’homme sont encore et tout aussi bien démontrés par les contaminations de hasard, qui valent bien les expériences de laboratoire. Un médecin du laboratoire de Koch, travaillant avec des vibrions apportés des Indes, eut une forte attaque de choléra, après avoir avalé, par mégarde, quelques gouttes de leur culture. Pfeiffer et Pfühl ont présenté quelques symptômes plus où moins graves de la maladie, en manipulant des animaux infectés. En 1805, le docteur Oergel, assistant à. l’Institut d'hygiène de Hambourg, a été enlevé en quatre jours par le choléra, pris au laboratoire. Une étudiante travaillant au laboratoire de Saint-Péters-. bourg sur l’agglutination d’un vibrion, isolé des eaux d’une fabrique, a eu une forte attaque de choléra classique, après avoir avalé par mégarde, quelques gouttes du contenu de la pipette. Tous ces cas sont très démonstratifs parce qu ils ont lieu en dehors de toute épidémie.
Virulence. — La virulence du vibrion subit des oscillations très fortes. Certaines variétés sont et restent très actives ; d’autres sont presque inoffensives, comme celles de Lisbonne et de Rome; d’autres encore, virulentes au commencement, perdent petit à petit leur virulence. Maints vibrions patho=. gènes pour une espèce animale, ne le sont pas pour une autre, et nous avons vu, que Metchnikoff avait donné le choléra à l’homme avec un vibrion inoffensif pour le cobaye. On peut exalter la virulence d’un vibrion par les passages directs d’un animal à l’autre.
Symbiose. — Metchnikoff(t) a vu, le premier, que certains microbes empêchent, et d’autres favorisent la prolifération du vibrion. Parmi les favorisants sont : la torula alba, la sarcina lutea, une sarcine bleue, une autre blanche et un bacille coliforme, isolé par Metchnikoff de l'estomac humain. Le B. Pyocyanique est le plus grand ennemi du vibrion, au moins in vitro. Il est nocif, non seulement par sa prolifération envahissante, mais aussi par ses produits qu'il déverse dans le milieu. Nitsch a recueilli dans l'air de. Paris et de Versailles des microbes qui empêchent le développement du vibrion sur les plaques; Choukevitsch (?) a confirmé ces expériences.
Dans les selles cholériques on rencontre, dans un quart environ des cas, un spirille à deux ou trois spires qui prend difficilement les couleurs d’aniline et n'a pas pu être encore cultivé. Son rôle et sa signification restent très discutés.
On a décrit plusieurs vibrions, ne différant des cholériques que par quel ques caractères culturaux secondaires. Tels sont le vibrion de Finkler et Prior isolé d’un cas de choléra nostras, celui de Denecke, isolé d’un fromage, celui de Metchnikoff qui est la cause d’une maladie des poules, celui de Massawa, de Guinda et autres. Aucun de ces vibrions n’est agglutiné par le sérum-cholérique et aucun ne donne lieu au phénomène de Pfeiffer. Aujourd’hui il est accepté qu’ils sont des vibrions paracholériques qui ressemblent à plusieurs autres; leur description n’est d’aucun profit. Quant aux fameux vibrions d’Eltor, ce sont de vrais cholériques qui hémolysent les globules rouges, comme tant d’autres qu’on a découverts dans la suite.
l. Ann. Institut Pasteur, 1894.