Ann. Institut Pasteur
ÉPIDÉMIOLOGIE. Fasc. III. — 347
ÉPIDÉMIOLOGIE
Le choléra se dissémine par contagion directe ou indirecte.
Contagion directe. — Le facteur le plus important de la transmission directe du choléra est certainement le malade. Le vibrion se rencontre en très grande abondance dans ses selles, dont le nombre considérable et la fluidité assurent une contamination facile. On conçoit aisément qu'un individu soignant un cholérique, puisse, pour peu qu’il soit négligent, s'infecter au moment du repas, et c’est probablement de cette façon que le personnel des hôpitaux s’infecte le plus souvent. Une autre source de contamination directe est le cadavre, et la pratique de laver les morts, avant l'enterrement, est probablement une cause fréquente de la propagation de la maladie parmi les populations musulmanes.
Contagion indirecte. — Elle s'exerce de diverses manières, qui n’ont pas toutes une égale importance. Un des moyens les plus fréquents de la dissémination du choléra est, sans contredit, les porteurs.
Porteurs. — On divise les porteurs en convalescents et sains. Chez les uns comme chez les autres, l’excrétion des vibrions peut être intermittente. On devient généralement porteur, soit par contagion directe, soit imdirectement, par le linge souillé, la nourriture et surtout l’eau, comme Orticoni l’a observé à l'asile des aliénés de Marseille (). Chez les porteurs convalescents, la durée d’excrétion de vibrion est variable, et, en tous cas, plus longue que chez les porteurs sains. D’après Kolle (?)les vibrions disparaissent entre le 10° et40° jour, d’après Simond, Gutmann, Lazarus, entre le 10e etle 12. Burgers a vu un porteur convalescent, dont les selles contenaient le vibrion le 60° jour. Les médecins russes ont observé une durée d’excrétion de 93 jours ; Montefusco de 78, Allen, Vallée et Martineau de 5 mois et enfin Gaffky de 250 jours. |
L'existence des porteurs sains a été démontrée pour la première fois par Pfeiffer en 1892 et 1896. Kirchner a isolé 38 porteurs dans l’entourage de 174 malades ; Yakowleff, Zabolotny, Zlatogoroff et Kulescha(5) ont décélé 195 porteurs parmi 2440 contacts de 600 cholériques. Maclaughlin(*) a rencontré à Manille 6 à 7 porteurs pour 100 cholériques. Au laboratoire municipal de Saint-Pétersbourg sur 5175 contacts, on releva 6,6 pour 100 de porteurs parmi les adultes, 9,8 pour 100 parmi les enfants de 1 à 15 ans et 20 pour 100 parmi les nourrissons. Maclaughlin(*) attribue aux enfants, porteurs méconnus, une grande importance dans la dissémination du choléra aux Philippines.
La fréquence des porteurs est plus grande pendant l’acmé que pendant le déclin de l'épidémie (Crendiropoulo). Le nombre des porteurs sains dans un CR. 506: Biol, n°356, 1911:
Zeitsch. für Hyg., Bd 18.
. Soc. microb. Saint-Pétersbourg, Séance 18 mars 1909.
. New-York Med. Journ., n° 3, 1911.
The Philippine Journ. of Science. n° 5, 1909.