‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 139 sur 204 · PU D · texte numérisé non relu

PU D

M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.

pays infecté, parmi les personnes qui n’ont pas été en contact avec des cholériques, n’est connu qu'approximativement: En 1910, sur les frontières russo-allemandes, la proportion des porteurs s’éleva à 0,6 pour 1000, en Hollande et à aide d'Egypte à 0,7 pour 1000, à Naples on signala parmi les émigrants 6 pour 1000 ‘et à Lisbonne sur les provenances de Madère 8 pour 1000.

La race des vibrions varie beaucoup chez les porteurs. Maclaughlin, sur 516 contacts isola 27 vibrions agglutinants et 46 non agglutinants. F. Gotschlich sur 1660 pèlerins, provenant du Hedjaz où sévissait le choléra, trouva 51 vibrions cholériques et 25 non cholériques. Crendiropoulo sur 31461 voyageurs, rencontra 0,7 pour 1000 de vibrions agglutinants et 1,2 pour 1000 de non agglutinants; au lazaret d'El Tor, il isola en 1912-1913, de 14158 selles des pèlerins, 106 vibrions dont 69 étaient agglutinés par le sérum anticholérique et 57 ne l’étaient pas.

La survie des vibrions dans l'intestin des porteurs oscille, ordinairement, entre 5 et 15 jours et dépend beaucoup de la nature des selles. Les vibrions se rencontrent plus fréquemment dans les selles liquides ; ainsi à Saint-Pétersbourg sur 4515 personnes examinées, on a trouvé des vibrions dans 6 pour 100 de selles solides, dans *,8 pour 100 de selles molles et dans 14,5 pour 100 de selles liquides; au lazaret d'El Tor, 17,4 pour 100! de dysentériques étaient porteurs de vibrions. Quelquefois, après la disparition des vibrions pendant plusieurs jours, un écart de régime ou l’administration d’un purgatif salin provoque une nouvelle poussée de vibrions dans les selles (Zirolia) et même une attaque de choléra (Serrati). |

La disparition des vibrions s'effectue ordinairement d'elle-même. On à essayé de la rendre plus rapide par l'administration de divers médicaments, parmi lesquels le plus efficace est, à notre avis, le calomel, admimistré à doses fractionnées. Salimbeni et Orticoni(!) ont employé pendant l'épidémie de Marseille, le sérum anti-cholérique avec un certain succès.

Le sérum des porteurs sains ne subit pas en général des changements capables de donner les réactions d’immunité; certains auteurs pourtant y onb décelé des anticorps. |

Le plus grand nombre, sinon la totalité des épidémies, dont l’origine est restée inconnue, est probablement due aux porteurs. Fauvel, en 1865, faisait déjà remarquer que la maladie pouvait être importée, après une longue traversée, par un navire venant d’un lieu infecté et n'ayant eu aucun accident cholérique à bord. Plusieurs faits ultérieurs ont, depuis, pleinement confirmé son assertion. Le 22 et 24 avril 1914 deux cas de choléra ont été constatés dans l’hôpital d’'Omdourman (Soudan) en dehors de toute épidémie et à une époque très éloignée du retour des pèlerins. Il s'agissait de deux soldats indigènes en garnison dans cette ville depuis 1912. Le premier, ayant la rougeole, restait isolé, depuis quelques jours, dans un compartiment à part; le second s’est contaminé en prenant la nourriture avec le premier; chez tous les deux on a isolé des vibrions cholériques, mais aucun autre porteur n'a été décelé. En 1916, il y a eu quelques cas de choléra parmi les convalescents d’une formation militaire à Alexandrie. Plusieurs de ceux-ci arri-

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