Soc. path. exotique, 14:mai
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vaient de Mésopotamie, où le choléra sévissait alors, et n’ont été reçus qu'après plusieurs examens de leurs selles. Malgré toutes ces précautions le choléra a éclaté, et l’on a pu déceler soixante porteurs de vibrions paracholériques.
Il est évident que, si un porteur entre dans une localité indemne, il peut contaminer d’autres personnes; ainsi avant l'apparition du premier cas, la virulence du microbe sera exaltée par plusieurs passages d'homme à homme; dans ces conditions on conçoit que le point de départ d’une épidémie devient impossible à préciser, et c'est pourquoi l’origine des épidémies de Toulon en 1884, d'Égypte en 1895 et 1902, de Samara en 1907, et d'Italie en 1910 ne fut jamais découverte.
Eau. — En dehors des malades et des porteurs, le milieu dans lequel on rencontre le plus fréquemment le vibrion est l’eau, qui dans une épidémie est souvent contaminée. Au commencement de l'épidémie de 189% aux Indes, Hankin trouvait des vibrions dans les eaux de puits, situés au voisinage d'un foyer cholérique ; deux ou trois mois après, les vibrions étaient exceptionnels dans ces mêmes eaux. Simson à vu que dans les {anks de Calcutta, avoisinant les foyers de choléra, les vibrions étaient nombreux. En 1892, pendant l'épidémie de Hambourg, les vibrions étaient très répandus dans les eaux de l’Elbe, mais ils disparurent après l'épidémie pour reparaître en 1896 et en 1905 quand le choléra fut de nouveau introduit en Allemagne [Dunbar(!')]. Durant les épidémies de 1908, 1909 et 1910 à Saint-Pétersbourg sur 9457 échantillons d’eau de la Néva, on 1isola 2494 vibrions. En 1907. quand la présence du choléra n'avait pas encore été constatée à Saint- Pétersbourg, l’eau de la ville contenait huit fois plus de vibrions non agglutinants: en juin, au moment de l'explosion de l'épidémie, la proportion des deux espèces passa de 1:8 qu'elle était, à 1:2. Pendant la rémission de juillet elle fut de 1:4 pour devenir, à la reprise de septembre, de 1:1. Dans l’eau potable, prélevée aux robinets des maisons, dans lesquelles des cas de choléra s'étaient produits, on a relevé 6,28 vibrions agglutinants pour 100 examens d’eau filtrée et 17 pour 109 d’eau brute. Stroesner, pendant la dernière épidémie de Hongrie, a isolé, des eaux du Danube, des vibrions cholériques authentiques.
Pendant combien de temps le vibrion peut-il rester vivant dans l’eau? Une réponse générale ne peut pas être donnée, car diverses conditions météorologiques, géologiques et autres font varier constamment la constitution chimique de l’eau, sa flore microbienne, sa faune, sa température et ses autres caractères. Trekman(?), par exemple, trouve que le vibrion péril rapidement dans l’eau de puits stérilisée, mais qu'il s’y multiplie abondamment, après l'addition de traces de carbonate, de chlorure ou de sulfure de sodium. Hankin remarque que l’action bactéricide des eaux du Gange et de la Yumna est due à des substances volatiles contenues dans ces eaux. Calmette (5) arrive aux mêmes conclusions en expérimentant avec les eaux sortant des fosses septiques.
. Cité in OSLER’S À system of Medecine, art. Cholera, vol. IT. . Cité in Duczaux, Microbiologie, t. I.
. Comité permanent de l'Office intern. d'Hyg., Session, mars 1911.
M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.
350 LE CHÔLÉRA.
Wolfhügel et Riedel voient le bacille virgule disparaître dans l’eau de
Berlin tantôt en deux jours et tantôt après sept mois. Hueppe le trouve mort, dans la même eau, après 50 à 40 jours et Hochstetler après 592 jours. Straus et Dubarry observent une survie de 50 jours dans l’eau de lOurcq et de 39 dans celle de la Vanne. Selon Oergel le vibrion vit un an dans l’eau de l’Elbe, et selon Houston à peine trois semaines dans les eaux de la Tamise, de la Lee et du New-River. Jordan Russel et Zeit(!)}, introduisent des vibrions dans des sacs de collodion, qu'ils placent dans l’eau courante: ils meurent au bout de quatre jours, Fübinger et Stiegel(?) observent une durée de 105 jours dans l’eau décantée des vidanges. Zirolia(5) à isolé à Port-Saïd un vibrion agglutinant dans l’eau d’un navire, qui trois mois et demi auparavant, avait quitté Calcutta, où sévissait le choléra, avait été à Glascow el faisait son voyage de retour aux Indes. Pendant l'épidémie de Toulon, en novembre 1911, les eaux de plusieurs cours contenaient des vibrions, qui disparurent après quelques semaines. Au mois de mai 1942, le débit de ces cours était tellement amoindri, que ceux-ci étaient réprésentés par quelques flaques, Dans la vase d’une de ces mares, siluée sous un pont à l'abri des rayons solaires, Defressine et Cazeneuve ont isolé un vibrion cholérique typique(‘). De même Deminsky a constaté, en avril 1910, avant l'apparition du choléra à Astrakan, des vibrions cholériques dans le limon de la Volga.
Selon Nicati et Rietsch le vibrion résiste jusqu’à 81 jours dans l’eau de mer; dans l’eau distillée il ne vit que 12 jours. Mais dans les eaux minérales il résiste mieux quoique moins que dans l’eau physiologique |Lévi de la Nid
Depuis longtemps, l’eau a été incriminée, comme une des principales causes de la propagation du choléra. En 1849, dans la rue Thomas Street de Londres, deux maisons contiguës et identiques comme construction et genre d'habitation, eurent l’une, un seul et l’autre, onze décès cholériques; or, le puits qui alimentait cette dernière communiquait avec des eaux ménagères souillées par la lessive du linge des cholériques. En 1854, à Londres, un enfant mourut de choléra au n° 40 de Broad Street; ses déjections furent jetées dans la fosse d’aisance, dont les infiltrations s’écoulaient dans un puits, auquel s’approvisionnaient plusieurs habitants. Presque toutes les personnes ayant bu dé cette eau éprouvèrent des symptômes cholériques; bien plus, deux femmes, habitant un quartier éloigné et indemne de la maladie, qui burent de cette eau, moururent du choléra.
Pendant l'épidémie d’Agra en 1869 tous les régiments, aussi bien européens qu'indigènes, furent cruellement éprouvés, mais les hommes du colonel Kent, qui ne buvaient que de l’eau filtrée, ne furent pas atteints (Macnamara). La ville de Salem, aux Indes, est divisée en deux, par un cours d’eau sacré pour les Hindous, qui s’en servent pour la boisson et les usages
Journ. of infect. diseases, 1904.
Zeitschr. für Hyg., Bd 61.
In Rurrers. Scientifis reports, 1906.
CR: Soc #Pbrol 209 miletriore Ann. d’'Igiene sperimentale, 1909.
Qt & CI D —
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domestiques. Les Européens, les Musulmans et les parias ne doivent pas y toucher. En 1881, le choléra ayant pénétré dans la ville, fit de grands ravages parmi les Hindous sans presque toucher les autres. En 1892, les casernes de Saint-Denis et de Courbevoie furent épargnées par l'épidémie, qui frappait cruellement la population civile, par ce qu'elles faisaient usage d’eau bouillie. À Hambourg, en 1899, il y eut 44,2 pour 1000 de décès cholériques, tandis qu’Altona, ville voisine et située en aval de Hambourg, n’en eut que 2 pour 1000. Or, les deux villes consommaient l’eau de l'Elbe, mais celle d'Altona seule était filtrée (Netter). Pendant l'épidémie de Marseille en 1911, il y eut un important foyer dans l’asile des aliénés, à origine neltement hydrique. Les atteintes furent uniquement cantonnées dans le quartier central, alimenté par une eau contaminée. Les malades, confinés au lit, qui ne buvaient que de l’eau bouillie n’ont présenté aucun cas (Dopter et Salimbeni(!). Montel dit, que dans la Basse Indochine, tous les décès cholériques se produisent à proximité du fleuve; l'épidémie est forte quand ses eaux sont basses et cesse presque complètement pendant la saison des pluies (?).
En dehors de la contamination, l’eau influe grandement sur la diffusion de la maladie en prolongeant la survivance du vibrion, non seulement par les matières chimiques et organiques qu'elle contient, mais aussi par les microbes favorisants qu'elle charrie. Crendiropoulo (5), étudiant au lazaret de Camaran la flore microbienne des eaux des puits, qui servaient alors de boisson aux pèlerins, a trouvé qu'elle était favorisante pour le vibrion; plus tard Borel(‘), partant de cette donnée, a pu faire disparaître en quelques jours une épidémie de choléra à Salif, village voisin du lazaret qui s’approvisionnait en eau de ces mêmes puits, en fournissant à ses habitants de l'eau distillée. |
Linges et effets. — Les objets de literie, le linge et les divers effets peuvent transmettre la maladie. Le linge de trois hôpitaux de Vienne était envoyé pendant l'épidémie de 1875, à la blanchisserie de Dornbach, où il y eut 15 cas avec 7 décès sur un personnel de 80 femmes et 20 hommes. Simpson raconte le fait suivant. Une femme de 67 ans meurt de choléra en août 1821; dix mois plus tard, quand toute épidémie avait disparu, le mari ouvrit pour la première fois un tiroir renfermant, avec quelques bijoux, un bonnet que sa femme avait porté au moment de sa mort; il fut pris de choléra et en mourut. Thoinot relate que la femme R.…., habitant de la Conche (Hautes-Alpes), indemne de choléra et éloigné de tout foyer épidémique, reçut de Toulon une malle, appartenant à un parent, qui y avait mis les effets de sa fille, morte de choléra, La femme R... ouvrit la malle, manipula les effets, et fut prise de choléra foudroyant. Quelques jours après, son mari y succomba et 13 personnes de ce hameau furent attentes. Le navire terre-neuvien Marie-Louise, fait escale à Cette, où règne le choléra, et l'équipage est contaminé. Un des hommes, Émile Baz..., après sa guérison, traverse toute la France pour gagner Yport. Il lave son linge avec l’aide de