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Il Policlinico, 29 octobre

ÉPIDÉMIOLOGIE. Fasc. III. — 355

Mouches et Insectes. -- La possibilité du transport des vibrions à une petite distance pour les mouches a été démontrée par Sawtschenso, Tuschida et autres. Chantemesse et Borel (!) plaçaient des mouches en contact avec un milieu contaminé, les laissaient à jeun pendant différents laps de temps et puis ensemençaient des milieux stériles avec leurs pattes, trompes et contenu intestinal. Dans les deux tiers des expériences les pattes et Îles trompes donnaient, seules, un résultat positif après 17 heures: après 48 heures, tous les ensemencements étaient stériles. Passek trouve des vibrions dans le contenu intestinal des mouches après 24 heures, mais très rarement après 48 heures. |

Les insectes piqueurs semblent incapables de transmettre le choléra.

Vers. — Gosio (?) aisolé le vibrion cholérique d’un lac entouré de murs dans les circonstances suivantes. Après la désinfection du lac par l'hypochlorite de chaux, l’eau était stérile, mais dans la vase il y avait une quantité énorme de cadavres de vers gros et ronds. Une certaine quantité de ceux-ci ful broyée et la bouillie, ensemencée, donna des cultures du vibrion cholérique. Un mois après, dans le terrain entourant le lac, on voyait de petits vers rosés, annelés, à bouts aigus, sans poil, desquels on a isolé le même vibrion. Venuti (*), en infectant le canal intestinal des vers, trouve que le vibrion cholérique y reste vivant pendant un certain temps, mais perd sa virulence. Di Vestea (*), pour voir l'influence des helminthes sur la diffusion du choléra, cherche les porteurs des œufs parmi les cholériques, les convalescents et les gens de l'entourage des malades, en comparaison avec les porteurs de mêmes œufs parmi les sujets sains en dehors de toute épidémie. Il trouve que la proportion des porteurs d’helminthes parmi les infectés de choléra est bien plus forte que parmi les individus indemnes.

Facteurs secondaires favorisant la propagation du choléra.— Pour qu'une épidémie cholérique se développe, la seule introduction du microbe n’est pas suffisante ; il faut encore que celui-ci trouve un terrain favorable à sa multiplication et à la conservation de sa virulence. Dans la marche d’une épidémie, plusieurs facteurs sont censés intervenir activement.

Altitude. — D’après certains auteurs, les lieux élevés, secs, bien aérés, les hauts plateaux balayés par tous les vents ‘contrarieraient le développement d’une épidémie. On a même dit que les chances d’invasion du choléra étaient en raison inverse de l'élévation des lieux (*). Quand la maladie pénètre dans un endroit élevé, elle progresserait lentement, ses attaques seraient clairsemées, et sa mortalité relativement faible. Kelsch mentionne, à ce propos, les quatre grandes épidémies de 1852, 1849, 1854 et 1865, qui ont épargné les départements les plus haut situés de la France. En 1817, l’armée du marquis de Hastings, si maltraitée par le choléra sur les bords du Sind. fut immédiatement délivrée du fléau dès qu'elle arriva sur les plateaux élevés et secs. En 1854, pendant la guerre de Crimée, la première division,

Mouches et Choléra, 1906.

Il Policlinico, 17 sept. 1911.

Pathologica, 15 juin 1912.

Socielà toscana d'Igiene, 25 février 1912.

. G. Hirscx. Die allegemeiner acuten Infectionkrank vom hist. geog. Standpunkte,

Co O'E CI D

M.-A, Rurrer et M. CRENDIRoPOULo.

554 LE" CHOLEÉRA:

forte de dix mille hommes et en très bonne santé, reçut l’ordre de faire une

reconnaissance à travers la Dobroudja; le 26 juillet elle fut attaquée, pour

la première fois, par le choléra et Jusqu'au 6 août elle a eu 1715 cas et

125 décès. Le 9 du même mois, la colonne arrive sur le plateau de Baldjik et immédiatement le nombre des cas tombe de 64 à 15 et puis de 19 à 5 par jour. Le 16 août l'épidémie avait complètement cessé, Hirsch, pendant les épidémies qui ont sévi à Londres en 1848, 1854 et 1866, a fait remarquer que

la mortalité par le choléra était en raison inverse de l'élévation des quar-,

Liers.

Les exceptions à cette règle sont nombreuses. Aux Indes, les régions élevées de l'Himalaya ne sont pas toujours à l’abri des atteintes; le plateau d'Erzeroum fut plusieurs fois visité par la maladie; à Marseille, en 1855, le choléra s’altaquait aux quartiers les plus élevés de la ville; à Paris, en 1855, les quartiers des 11% et 12° arrondissements eurent le plus à souffrir et enfin à Vienne, en 1854, les parties de la ville les plus hautes furent les plus atteintes.

Humidité. — Le rôle de l'humidité dans l'expansion du choléra n’est pas encore éclairci. Selon quelques-uns, elle exerce une influence néfaste (Kelsch, Briquet, Jacot); selon d’autres, son action est bienfaisante. Ba commission du choléra à Paris, en 1852, et A. Jobert, en 1865, ont signalé un état hygrométrique de l’atmosphère très élevé, soit avant, soit après, mars

jamais pendant l'épidémie. Au Bengale, le plus grand nombre des décès a

lieu durant la saison sèche, d'octobre en mai, et diminue dès que la saison humide est bien établie (F. Roux). Les Bédouins du Mont Sinaï, endroit ordinairement sec, ont cruellement souffert du choléra en 1893.

Sol. — Aux Indes, on a remarqué, que des groupes attaqués par la maladie dans une plaine alluviale, s’en débarrassaient facilement par lémigration à des terrains rocheux et compacts. Pettenkofer était d'avis qu'un sol

sablonneux, un terrain d’alluvions, perméable à l’eau et aux matières orga-. niques était propice à la diffusion du choléra. Du reste, la survie du vibrion

sur le sol dépend de plusieurs conditions, qu'il n’est pas facile de déterminer. Giaxa à vu qu'une certaine humidité est nécessaire au développement du vibrion dans la terre du jardin, dans l'argile et le sable sténilisé. | Saisons. — D'une facon générale, les saisons paraissent exercer une certaine influence sur le développement des épidémies. Une température relalivement élevée accélère son évolution et sa marche; dans les pays tempérés, c'est en été que lé choléra fait le plus souvent son apparition. D’après un relevé de Hirsch, le mois de Juillet compte douze fois plus d’épidémies que celui de janvier. Mais cette règle supporte de nombreuses exceptions. En 1850, l'épidémie sévissait avec intensité à Moscou, pendant que le thermo-

mètre marquait 20 degrés au-dessous de zéro; selon Borel, le choléra est

apporté des Indes au Hedjaz par les pèlerins tout aussi bien en hiver qu’en été; en Indochine, d'après Metin, c'est au printemps que les épidémies sévissent avec le plus d'intensité.

Il est évident que les saisons n’agissent pas par elles-mêmes, mais par les facteurs qui les conditionnent. Les pluies, les orages, les vents, les chan:

gements brusques de température, paraissent contribuer jusqu'à une cer-

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