Cours sur le traitement du choléra, Montpellier
M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.
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contre la diarrhée prémonitoire cholérique. Il introduisait aussi lom que possible dans le rectum, deux ou trois fois par jour, un à deux litres d'une solution de tannin de 2 à 5 pour 1000, chauffée à 58°. Le malade évacuait rapidement le lavement, mais éprouvait un soulagement tel qu'il en réclamait avec insistance un: autre. Cette méthode employée plus tard en Russie, en Allemagne et en France, a donné d'assez bons résultats.
En dehors de toutes ces ed don il est nécessaire de faire suivre au malade un régime sévère; il ne sera autorisé à prendre que du thé léger, de la tisane d'avoine et du nt bouilli en petite quantité à la fois.
Période d'algidité. — (Gronemann emploie, pendant cette a la créoline à la dose journalière de 1 à 2 gr. Kharitonov préconise le permanganate de potasse en solution faible (coloration rosée) et chaude. Pendant les premières 24 heures le malade en absorbe la quantité voulue, toute autre boisson étant proscrite. Le médicament, selon cet auteur, agit, d’une part, contre les vibrions, et de l’autre contre les Loxines, qu'il rend inactives en les oxydant. Dorochine a traité par celte médication 22 malades avec 81 pour 100 de guérisons.
En même temps et A de Kharitonov, L. Rogers a institué un traitement au permanganale de potasse qu'il associe avec les injections intraveineuses hypertoniques dont 1l sera question plus bas. Cet auteur prescrit une solution de permanganate de potasse à 6 ou 12 centigr. par litre, qu'il permet au malade de boire ad. hbitum. Il augmente bientôt la dose à 50-70 centigr. par litre si le malade ne la refuse pas. Conjointement il administre les pilules suivantes : permanganate de potasse 1,06 centigr., kaolin quantité suffisante, vaseline quantité suffisante pour une pilule. Envelopper dans une partie de salol et cinq parties de vernis sandaraque.
Le malade prend une pilule toutes les 15 minutes pendant les deux premières heures et puis, une toutes les demi-heures, jusqu’à ce que les selles diminuent de fréquence et deviennent verdâtres.
L’argile stérilisée, finement pulvérisée et délayée dans cinq fois son poids d’eau, a été employée par Stumpf de Wurtzbourg qui l’administre à jeun à: la dose de 70-100 gr. pour un adulte, de 30 gr. pour un enfantet de 10-15 gr. pour un nourrisson. Les vomissements s'arrêtent immédiatement, mais le malade se plaint d’éructations et d’une tendance invincible au sommeil. Le malade reste 24 heures sans nourriture.
En 1910, Le Dantec, Picard et Barbezieu, chacun de son côté, ont essayé le collargol en injections sous-cutanées ou intraveineuses. La diarrhée dis- paraît dans les 24 heures, la température se relève, le pouls reprend et les crampes cessent, mais les vomissements continuent. Les effets de cette médicalion ne semblent pas meilleurs à ceux des autres, puisque les guérisons globales de ces auteurs n’ont pas été supérieures à 55 pour 100. Ouftioujanikov a employé avec d'assez bons résultats les injections d'iodate de soude à 7 pour 100, — il administre un €. c. à la fois et répète les injections quatre fois par jour.
Les vomissements seront combaltus par la glace, absorbée en menus morceaux, par l'eau chloroformée, la potion Rivière, la limonade tartrique à 15 gr. d'acide tartrique par litre, et les lavages de l'estomac. Contre le
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collapsus on emploiera les frictions énergiques sèches ou alcoolisées, l’enveloppement dans des couvertures chaudes ou les bains à 40°, dont la durée ne doit pas dépasser 20 minutes. Les crampes seront traitées par les fricions au laudanum. Mais tous ces moyens ne donnent, à eux seuls, qu’un résultat temporaire et il faut avoir recours en même temps à une thérapeutique plus rationnelle si l’on veut obtenir des effets plus durables.
La grande abondance des évacuations cause une perte considérable des liquides de l'organisme ; la première indication sera donc de restaurer et de maintenir la circulation en bon état afin que les toxines s’éliminent plus facilement. Ce résultat sera obtenu par l'injection de grandes masses d’eau en remplacement du liquide perdu.
Injections rectales. — Les lavements au tannin de Cantani sont d’une grande utilité dans les cas relativement légers, dans lesquels le gros intestin garde encore en partie son pouvoir d'absorption; on administre 6 à 1 litres d’une solution de tannin d’un demi à un gramme par litre. Au lieu de tannin on peut employer le chlorure de sodium à 7 pour 1000. L'observation a montré que, tant que la pression sanguine est au-dessus dé 70 millimètres, l'absorption par l'intestin s’accomplit assez bien.
Injections sous-cutanées. — Samuel à Kœnigsberg et Michael à Hambourg ont employé pour la première fois les injections hypodermiques massives. Le premier se servait d'une solution de 6 gr. de chlorure de sodium et de 1 gramme de carbonate pour un litre d'eau distillée : il recommande les injections multiples sous la peau de différentes parties du corps. Michael met en garde contre les injections au niveau ‘du cou parce qu'elles peuvent produire l’œdème de la glotte quand le malade est couché, et celui du médiastin quand il est assis. Plus tard, Cantani à appliqué les injections sous-cutanées sur une grande échelle. La composition du liquide qu'il injectait était la suivante : chlorure de sodium 4 gr., carbonate de sodium 5 gr., eau à 40° un litre. Il administrait un à deux litres de liquide plusieurs fois par jour. D’après Wall, les résultats seraient satisfaisants pourvu qu'au moment de l'emploi le pouls du malade n'ait pas encore complètement disparu.
La plus grande objection qu’on puisse faire à ce traitement est la difficulté d’administrer la grande quantité de liquide qui est nécessaire dans les cas de collapsus. D'autre part, ces injections sont douloureuses et mettent longtemps à être résorbées. Un autre inconvénient sérieux est encore la formation de grands abcès dus à la petite vitalité des tissus et à la difficulté d’uns antisepsie rigoureuse. Néanmoins, quand, pour une raison ou une autre, les injections intraveineuses sont impossibles, les sous-cutanées peuvent rendre de réels services.
Injections intrapleurales. — Wan der Spil (!) de Samarang, à Java, a essayé d'injecter le liquide dans la plèvre afin de faciliter son absorption. La quantité injectée chaque fois était de 700 c. c. environ. L’absorption était rapide, mais l’auteur ne‘donne pas de détails sur les résultats obtenus.
Injections intrapéritonéales. — C’est pour favoriser l'absorption que